Coiteux décrétera, décrétera pas?

Le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(QUÉBEC) Les maires du Québec auront-ils le pouvoir de décréter les conditions de travail de leurs employés? Les syndicats soutiennent que non, les élus municipaux y tiennent et le ministre Coiteux refuse de se mouiller.

Ce pouvoir, principale promesse du pacte fiscal entre Québec et les villes présenté en septembre, a été au coeur d'une guerre de mots mercredi, veille des assises annuelles de l'Union des municipalités qui réuniront 1500 délégués à Québec jeudi et vendredi.

À l'origine de la joute de ping-pong verbal, les propos du directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger. Dans La Presse de mercredi, il a assuré que le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, n'allait pas accorder le droit aux maires de trancher dans le cas où des négociations achoppent. « Dans des réunions privées, il nous l'a dit clairement, à plusieurs reprises, qu'il ne voulait pas donner aux villes le pouvoir de décréter. Il voulait prendre son temps et examiner toutes les avenues », a soutenu M. Ranger. Des propos répétés en conférence de presse mercredi matin.

De quoi faire bondir la présidente sortante de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, qui s'est demandé en quoi M. Ranger « est le porte-parole du gouvernement ».

« Pour nous, le décret, c'est encore le meilleur moyen », a-t-elle réitéré, convaincue que le ministre honorera cet engagement majeur du pacte fiscal qui doit être signé d'ici la fin de l'année.

Prudente, Mme Roy préfère attendre le dépôt du projet de loi. « Avant de critiquer quoi que ce soit, on va attendre de voir le projet de loi », a-t-elle dit en marge d'une conférence de presse avec le ministre Coiteux sur des mesures d'allègement administratif.

Aucun mécanisme écarté, dit Coiteux

La possibilité pour les élus de trancher dans le cas d'échec des négociations a-t-elle vraiment été promise aux maires? Chose certaine, ne cherchez pas le mot décret dans le vocabulaire du ministre des Affaires municipales. Martin Coiteux a plutôt dit mercredi analyser « le meilleur mécanisme » pour « respecter son engagement à rééquilibrer le rapport de force » entre les municipalités et leurs employés.

« On pense que l'équilibre n'est pas favorable aux municipalités. Il faut rétablir cet équilibre, a-t-il dit. On écarte aucun mécanisme. On va prendre le meilleur. On finalise les analyses, et il y aura dépôt d'un projet de loi », a martelé M. Coiteux, refusant de dire quel mécanisme sera privilégié. Si je vous disais ce qu'il y aura dans un projet de loi, je commettrais un outrage à l'Assemblée nationale et à ses députés. » Le ministre n'a pas non plus précisé si le projet de loi sera déposé à la présente session comme le souhaitent les élus municipaux.

L'opposition à l'Assemblée nationale a tôt fait de réagir, accusant le gouvernement Couillard de rompre sa promesse au monde municipal. « On apprend aujourd'hui que le gouvernement de M. Couillard veut reculer sur la deuxième partie de son pacte. Qu'est-ce que ça veut dire? Bien, ça veut dire que c'est encore les contribuables qui vont payer », a dit le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Même critique du chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault. « Il rompt sa promesse, il rompt ses engagements. Tout ce qu'il [le gouvernement] réussit à faire est mettre tout le monde contre lui », a-t-il dit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer