Bernard Sévigny élu président de l'UMQ

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Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny succède à la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, à la présidence de l'Union des municipalités du Québec.

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(Québec) Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny succède à la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, à la présidence de l'Union des municipalités du Québec (UMQ). Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, accède par ailleurs au poste de premier vice-président.

Élu par acclamation, M. Sévigny disposera donc d'un mandat d'une année, renouvelable, à titre de 55e président de l'UMQ. Il prononcera son premier discours dans ses nouvelles fonctions jeudi matin lors de l'ouverture officielle des Assises de l'UMQ, au Centre des congrès de Québec.

Si la fonction est importante, mais surtout prenante, de l'aveu même de M. Sévigny, le maire de Sherbrooke n'entend pas négliger ses concitoyens. «C'est sûr que j'aurai plus de déplacements, un peu comme au cours des deux dernières années, où j'étais le premier vice-président de l'UMQ, mais je ne serai pas moins présent à Sherbrooke.

« Je deviens président parce que les grands enjeux qui concernent le monde municipal sont aussi des enjeux pour Sherbrooke. Je souhaite jouer un rôle dans une sphère où il y a aussi beaucoup d'impacts pour la ville de Sherbrooke. Je ne négligerai pas ma tâche de maire. Il faudra prendre les bouchées doubles et être organisé. »

Bernard Sévigny est conscient qu'il arrive à un moment où les responsabilités seront lourdes. « Nous sommes dans un contexte où ça bouge. Aujourd'hui (mercredi), le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux a annoncé le plan d'action sur la reddition de comptes par exemple. Il y a beaucoup de marmites sur le feu et ce ne sera pas de tout repos. Ce sera un mandat très engageant. Ça n'arrive pas souvent qu'on redéfinit les relations entre le gouvernement les municipalités. »

La priorité du nouveau président demeurera l'autonomie des municipalités.

La pratique veut que le président de l'UMQ soit en poste pour deux mandats. M. Sévigny refuse toutefois de présumer qu'il sera de retour en 2017, qui sera par ailleurs une année électorale. « Il serait prétentieux de dire que je serai de retour alors que je ne suis élu que depuis quelques heures. Il y aura élection à la présidence l'an prochain de toute façon. Il faut se donner le temps de prendre la mesure d'une année avant de se projeter. »

Le maire de Sherbrooke, dont la conjointe Marie-Claude Bibeau est ministre du Développement international et de la Francophonie à Ottawa, a rapidement pris les mesures nécessaires pour éviter les apparences de conflit d'intérêt. Les dossiers fédéraux seront traités par le premier vice-président, Alexandre Cusson.

« Il a été nommé à l'exécutif de la Fédération canadienne des municipalités et c'est lui qui sera le répondant pour le gouvernement fédéral. C'est pour ça qu'il y a deux vice-présidents : pour qu'il y ait une répartition des tâches. »

La présidente sortante, Suzanne Roy, ne s'était pas gênée pour exiger les fonds du Chantier Canada-Québec, pour lesquels aucune entente n'est intervenue depuis environ deux ans. M. Sévigny pourra-t-il maintenir la pression ?

« Quand on parle d'infrastructures, je peux me permettre d'en parler, parce qu'il n'y a pas de versements directs entre le fédéral et les municipalités. J'éviterai toutes les situations d'apparence de conflit d'intérêt. »

Enfin, jeudi matin, Bernard Sévigny devrait être accueilli par des milliers de manifestants devant le Centre des congrès de Québec, manifestants qui en ont contre la volonté des municipalités d'obtenir le pouvoir de décréter les conditions de travail de leurs employés. « Je vais sûrement les croiser et je n'ai pas de misère avec ça. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord qu'on n'arrive pas à se parler. »

« Jusqu'à maintenant, le gouvernement a livré ce que nous voulions »

À peine élu à la présidence de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny doit composer avec les déclarations évasives du ministre des Affaires municipales Martin Coiteux au sujet des pouvoirs qui seront conférés aux municipalités en matière de négociations. Pourront-elles décréter les conditions de travail de leurs employés?

« Ce que j'ai compris, c'est que Marc Ranger (le directeur québécois du syndicat de la fonction publique) a donné l'impression qu'il parlait au nom du ministre, mais nous n'avons pas vu le libellé de la loi et M. Coiteux a réitéré que le monde municipal ne serait pas déçu. Nous prendrons connaissance du texte de loi avant de juger. »

Marc Ranger avait déclaré dans un article de La Presse, mercredi, que le ministre Martin Coiteux n'accéderait pas aux demandes des municipalités et ne leur permettrait pas de décréter les conditions de travail de leurs employés.

M. Coiteux sera présent aux Assises de l'UMQ et Bernard Sévigny entend obtenir une rencontre en privé avec lui. « Nous aurons des discussions sur les dossiers qui me préoccupent et ça en fait partie, mais ça m'étonnerait qu'il me livre le contenu de la loi. Ce que nous savons, c'est que le projet de loi sera déposé avant la fin de la session parlementaire. Le premier ministre en a pris l'engagement. J'ai bon espoir que ce sera déposé. »

Martin Coiteux a par ailleurs livré le plan d'action pour la reddition de comptes des municipalités mercredi après-midi. « Je n'en ai pas vu tout le détail, mais il reprend les 44 recommandations du rapport Perrault et il répond à chacune de façon spécifique. Ce qu'il y a d'important aussi, c'est que chaque fois qu'une décision d'un ministère ou d'un organisme aura un impact sur les municipalités, elle devra transiter par le ministère des Affaires municipales et il devra en discuter avec nous. C'est assez fondamental comme nouvelle façon de faire. »

En attendant de voir le projet de loi qui devrait rétablir le rapport de force entre les municipalités et leurs syndiqués, Bernard Sévigny se dit satisfait du travail accompli par le gouvernement provincial dans le dossier des municipalités. « Jusqu'à maintenant, il a livré ce que nous voulions. »

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