Dix fois moins de bâtiments près de la voie de contournement

En contournant le centre-ville de Lac-Mégantic par le... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

En contournant le centre-ville de Lac-Mégantic par le nord dans sa route vers le Maine, la voie ferrée de la Central Maine and Quebec Railway voisinera 10 fois moins de bâtiments que dans son tracé actuel.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) En contournant le centre-ville de Lac-Mégantic par le nord dans sa route vers le Maine, la voie ferrée de la Central Maine and Quebec Railway voisinera 10 fois moins de bâtiments que dans son tracé actuel.

Même si le tracé détaillé de la voie de contournement ferroviaire ne sera connu que l'an prochain, les experts de la firme AECOM ont établi dans leur étude d'opportunité dévoilée mardi que 80 pour cent des bâtiments de Lac-Mégantic se trouvaient dans un corridor de 500 mètres de la voie ferrée à l'heure actuelle tandis que si la voie de contournement se concrétise, on ramènerait ce nombre d'environ 2000 à 200 bâtiments.

Les 11,9 kilomètres de nouvelles voies ferrées éviteraient donc le milieu urbain pour traverser un milieu rural et industriel. « C'est des terres boisées, quelques terres agricoles et des terres d'acériculteurs », a décrit mardi le chargé de projet Jean Hardy. « On change carrément de milieu de traverse. Et en environnement, l'étude d'impact va porter là-dessus. »

Le nombre de propriétés foncières n'a pas été précisé à ce moment-ci, pas plus que le nombre de propriétés en exploitation.

La pente maximale du tracé, quant à elle, serait ramenée de 1,43 pour cent à 1,2 pour cent.

L'UPA-Estrie consultée

La Fédération de l'UPA-Estrie a été consultée le mois dernier. « Il s'agissait d'une pré-consultation technique pour qu'on leur communique ce qu'ils doivent prendre en compte dans leur analyse et pour qu'on utilise le même langage », met en perspective François Thomas, responsable de l'aménagement et de l'environnement à la Fédération. Le but étant de trouver un équilibre entre les besoins de la population et les besoins des producteurs forestiers et agricoles, actuels et futurs. « Quand on va arriver à l'étape de la Commission de la protection du territoire agricole, le bon sens va faire la balance », ajoute-t-il.

M. Thomas fait le parallèle avec des dossiers comme le prolongement de l'autoroute 410 à Sherbrooke ou les lignes de transport d'électricité d'Hydro-Québec.

« C'est toujours la même rengaine, dit-il, la première question c'est de savoir si c'est vraiment nécessaire et ça, c'est aux élus d'y répondre. La deuxième question c'est de savoir si le promoteur a fait les efforts nécessaires pour minimiser les impacts sur les producteurs, forestiers et acéricoles dans ce cas-ci, par rapport aux autres environnements touchés comme les milieux humides. »

« Personnellement, continue M. Thomas, j'ai l'impression que la voie de contournement, on n'y échappera pas. Maintenant si le plus simple pour s'éloigner des gens c'est de passer dans le milieu agricole, il faut minimiser les impacts en compensant les propriétaires. » Et se rappeler que ce n'est pas seulement le propriétaire ou l'exploitant actuel qui importe, mais bien le potentiel à long terme des terrains convoités, explique M. Thomas, en soulignant qu'actuellement, seulement six pour cent du territoire de la MRC du Granit est en culture mais que le potentiel forestier et acéricole est bien plus grand.

À Lac-Mégantic, le producteur agricole et acéricole Émery Bélanger, qui est aussi administrateur à l'UPA, section du Granit, a pris connaissance avec beaucoup d'intérêt mardi soir des résultats de la première étape de l'étude de faisabilité.

« Ils ont été corrects puisqu'ils ont présenté les résultats de leur étude à l'UPA Estrie mais je suis un peu déçu qu'ils n'aient pas communiqué avec nous, dans le Granit, puisque c'est nous qui allons avoir les appels au cours des prochains jours. Parce que c'est sûr qu'il va y avoir des contents et des mécontents », réagit M. Bélanger.

Plus d'excuse

Par ailleurs, le porte-parole du NPD en matière d'infrastructures et de communauté, Matthew Dubé, a profité du dévoilement des résultats de la première étape de l'étude de faisabilité pour rappeler que son parti est le seul à s'être engagé à construire une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic.

« Cette étude donne l'information nécessaire au ministre Garneau (NDLR.: Marc Garneau, ministre des Transports) pour procéder. À la suite de sa visite à Lac-Mégantic à la fin d'avril, on a senti une certaine déception dans la population, maintenant il n'a plus d'excuse. »

Quant à la facture estimée à 115 millions $, le député de Beloeil-Chambly ne sourcille pas. « C'est beaucoup d'argent mais si on considère tout l'argent qui a été investi en infrastructures par le gouvernement libéral, c'est bien peu pour une population qui a payé assez cher en vies humaines. »

Notons enfin qu'une cinquantaine de citoyens ont participé mercredi après-midi à la deuxième présentation des résultats de l'étude de faisabilité à Lac-Mégantic. Ils étaient 221 la veille.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer