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Violences sexuelles : les universités devront revoir leurs façons de faire

L'étude sur la violence sexuelle a été réalisée... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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L'étude sur la violence sexuelle a été réalisée dans six campus de la province, dont à l'UdeS, avec la professeure Geneviève Paquette. Elle est l'une des cochercheuses de cette vaste enquête québécoise.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Une personne sur trois a été victime de violence sexuelle à l'université, montre une étude québécoise dont l'Université de Sherbrooke fait partie. La proportion peut sembler grande, mais elle ne surprend pas Geneviève Paquette, professeure agrégée et cochercheuse de l'enquête. Celle-ci donne aussi matière à réflexion pour les institutions universitaires, où les façons de faire pour porter plainte ne fonctionnent pas : les victimes ne les utilisent pas.

« Je n'étais pas étonnée, considérant qu'on utilise le terme violence sexuelle », commente Mme Paquette à propos de la proportion de victimes. Il s'agit d'un terme large, qui inclut le harcèlement sexuel, la coercition sexuelle et les attentions sexuelles non désirées.

Dans cette dernière catégorie, on pense à l'envoi de matériel sexuel non désiré par voie électronique jusqu'à la tentative de viol.

Autres constats importants : la majorité des comportements répréhensibles ne sont pas dénoncés. Environ 85 % des personnes touchées n'ont pas signalé les événements à leur institution.

« Trente-six pour cent n'ont jamais parlé de l'événement, pas même à un confident », précise du même coup Mme Paquette.

Près de la moitié des cas de violence sexuelle sont survenus lors d'activités festives.

« Notre étude ne concerne que des personnes qui travaillent ou qui étudient à l'université. Forcément, les victimes se retrouvent à être obligées de côtoyer la personne qui a eu ces comportements », commente Mme Paquette.

Les données ont permis de voir également qu'environ une personne sur cinq a reçu des confidences d'une victime, une proportion de 14 % a affirmé avoir été témoin. De manière directe ou indirecte, ça touche donc beaucoup de gens. « C'est vraiment un phénomène plus présent qu'on pourrait le croire. »

Environ 40 % des victimes ont subi au moins une conséquence dans leur vie. Certaines ont vécu un état de stress post-traumatique, ce qui peut se traduire par des cauchemars, des épisodes où elles revoient l'incident, de l'hypervigilance...

L'étude dirigée par la professeure Manon Bergeron de l'UQAM a été réalisée dans six campus de la province, dont à l'UdeS.

Co-porte-parole de la campagne Sans oui, c'est non, Véronique Grenier, qui est professeure de philosophie du Cégep de Sherbrooke, recueille parfois les confidences de ses étudiantes. « On banalisait ce qui leur était arrivé [...] Ce sont les réactions qui m'ont levé le coeur; il y avait beaucoup de jugement. Ce sont des histoires d'horreur », raconte-t-elle. « On les culpabilise », déplore l'enseignante en dénonçant les phrases classiques formulées aux victimes.

Si des personnes cognent à notre porte, il faut les écouter, les croire, et leur offrir du soutien « long dans le temps », souligne-t-elle. Véronique Grenier est co-porte-parole de la campagne de sensibilisation qui se déroule en milieu universitaire aux côtés du rappeur Koriass.

Est-ce que les proportions signalées dans l'étude pourraient s'appliquer en milieu collégial? Comme les données ont été recueillies en milieu universitaire, Mme Paquette préfère ne pas s'avancer. « Par contre, il y a eu lieu de penser que l'étude devrait avoir lieu sur les campus collégiaux pour voir ce que les étudiants y vivent. »

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