• La Tribune > 
  • Actualités 
  • > Qualité de l'eau: les rivières sont stables malgré le développement urbain 

Qualité de l'eau: les rivières sont stables malgré le développement urbain

La qualité de l'eau des rivières Magog et... (Archives, La Tribune)

Agrandir

La qualité de l'eau des rivières Magog et Saint-François ne se détériore pas malgré le développement urbain que connaît la Ville de Sherbrooke.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) La qualité de l'eau des rivières Magog et Saint-François ne se dégrade pas malgré le développement urbain dans la Ville de Sherbrooke. Il s'agit donc, selon le suivi 2015 de la qualité de l'eau présenté aux élus sherbrookois lundi, d'une bonne nouvelle qui peut entre autres être attribuée au plan directeur de l'eau du bassin versant de la rivière Magog.

La conseillère Nicole Bergeron avait pourtant l'impression inverse. « Force est d'admettre qu'on ne réussit pas à s'améliorer. Le gouvernement devra peut-être nous aider, sinon, nos petits-enfants ne verront pas le bout d'assainir nos rivières. »

Un constat qu'a contredit Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke. « Je ne suis pas totalement d'accord. Nous nous améliorons continuellement. Nous ne parlons pas d'amélioration rapide, mais nous y arriverons. Nous avons donné la priorité à la rivière Magog parce que c'est là que se concentrent la plupart de nos activités. »

Christine Ouellet, présidente du comité de l'environnement, abondait dans le même sens. « Que la qualité de l'eau se maintienne malgré le développement, c'est un bon indicateur. »

En 2015, la qualité de l'eau de la rivière Magog a été qualifiée de bonne ou satisfaisante. « Par temps sec, il y a une légère détérioration de l'état de la rivière en milieu urbain, particulièrement à partir du barrage Drummond. La majorité des dépassements des normes sont liés aux coliformes fécaux et ils sont probablement l'effet de raccordements illicites », explique Mme Pelchat.

Les raccordements illicites sont ceux où les égouts domestiques sont raccordés aux égouts pluviaux.

Moins de dépassements qu'en 2014

On note que la fréquence des dépassements est inférieure par rapport à 2014, entre autres parce que plusieurs données avaient été recueillies par temps de pluie, en 2014, moment où les débordements des ouvrages de surverse polluent davantage la rivière. Les surverses sont ces rejets, autorisés en temps de pluie, de certaines conduites sanitaires vers la rivière. La qualité de l'eau est moins bonne dans quatre des tributaires analysés, soit les ruisseaux Lyon, Perché, Paré et Fontaine.

« Nous avons aussi détecté des traces de pesticides dans le ruisseau Mi-Vallon, mais les quantités ne dépassent pas les normes du Ministère. » On y a trouvé la présence de Dicamba, un pesticide utilisé contre les pissenlits qui sera interdit en 2017.

Quant à la rivière Saint-François, la qualité de l'eau y varie de satisfaisante à mauvaise, une dégradation plus marquée en temps de pluie. « Quand la rivière arrive en zone urbaine, l'eau passe à une mauvaise qualité pour revenir à une qualité douteuse vers la sortie. Le principal problème est la surverse en zone urbaine. »

Le tributaire le plus préoccupant est le ruisseau Longpré. « Il s'agit du seul où un ouvrage de surverse est autorisé. C'est pour ça que sa qualité est plus mauvaise. »

Sur une période de 35 ans, la concentration de phosphore a diminué dans la rivière Saint-François, notamment en raison de la mise en service de la station d'épuration des eaux usées de Sherbrooke en 1991. Les modifications apportées à la station de Rock Forest ont aussi eu une incidence positive sur la qualité de l'eau de la rivière Magog.

Améliorations perceptibles à la plage Blanchard

Les résultats d'analyse de la qualité de l'eau aux plages municipales de Deauville et du parc Lucien-Blanchard démontrent bien que les efforts de la Ville de Sherbrooke portent leurs fruits en matière d'assainissement des eaux. C'est ce que fait valoir Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke. Le nerf de la guerre : réduire la présence des oiseaux aquatiques.

Le prélèvement d'échantillons se fait deux fois par semaine à Deauville et trois fois par semaine à la plage Blanchard, une fréquence que la Ville ne souhaite pas modifier. « La plage Blanchard est située en rivière, dans une zone où la qualité de l'eau se détériore. C'est un beau défi de conserver une place municipale en rivière. Pour 2015, nous y avons maintenu une cote de B, alors qu'elle était de A à Deauville. Nous avons tout de même connu cinq cotes A au parc Blanchard, ce qui est très bon parce que nous avons mis beaucoup d'actions pour obtenir ces résultats. »

Des chiens effaroucheurs sont entre autres utilisés pour disperser les oiseaux, dont les fientes polluent les cours d'eau. Les chiens sont non seulement utilisés sur le site des deux plages, mais également au parc Jacques-Cartier et au parc des Quatre-Pins. « Nous procédons aussi à la stérilisation des oeufs de bernaches et nous tentons de mettre des obstacles pour tenir les oiseaux à distance, entre autres des filets pour les éloigner des quais. Nous voyons qu'en éloignant les oiseaux, la qualité de l'eau augmente. »

Un travail important sera réalisé en 2016 en ce qui concerne les quais, où les oiseaux ont tendance à se poser. « Nous nous sommes entendus avec le Club nautique et nous lui avons expliqué les problématiques. C'est important que l'entretien des quais soit écologique : qu'ils ramassent les excréments et les jettent au compost plutôt que dans l'eau. lls mettront donc en place une structure, peut-être à base de filets de bleuetière, pour fermer l'accès aux oiseaux. Il faut trouver un moyen. Les quais sont le pire ennemi à la plage Blanchard. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer