Un parent sur six manque d'aide

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Près de 14 % des parents d'enfants de cinq ans et moins en Estrie estiment n'être jamais soutenus ou rarement par leur entourage lorsqu'ils n'en peuvent plus, montre une étude intitulée Perspectives Parents. L'étude a été lancée dans le cadre de la Semaine québécoise des familles.

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(SHERBROOKE) Près de 14 % des parents d'enfants de cinq ans et moins en Estrie estiment n'être jamais soutenus ou rarement par leur entourage lorsqu'ils n'en peuvent plus, montre une étude intitulée Perspectives Parents. Du nombre, les ménages à faible revenu sont plus nombreux dans cette situation.

L'enquête a été commandée par Avenir d'Enfants, un organisme qui offre du soutien aux communautés locales pour le développement global des enfants de 0 à 5 ans vivant dans des situations de pauvreté. L'étude a été menée par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) et l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), auprès de près de 15 000 parents dont les enfants sont âgés entre 0 et 5 ans au Québec.

« C'est un parent sur six. Ils ne disent pas qu'ils n'ont pas de soutien en général, mais quand ils n'en peuvent plus, qu'ils sont dans des situations extrêmes, ils n'en ont pas (ou peu)... Un parent sur six est en train de nous dire qu'il ne peut compter sur personne... » commente Carl Lacharité, psychologue et professeur au département de psychologie de l'UQTR. Ce dernier, qui est membre du comité d'orientation de cette étude, ne s'attendait pas à des proportions de cette ampleur.

Les données montrent aussi que les ménages à faible revenu « ou ceux qui perçoivent leurs revenus comme insuffisants pour répondre aux besoins de base de leurs familles » sont plus nombreux à se retrouver sans soutien ou avec très peu de soutien.

Interrogé à savoir pourquoi cette situation les affecte particulièrement, M. Lacharité note que les familles qui se retrouvent dans un contexte socio-économique défavorable côtoient souvent des familles comme elles, qui n'ont pas un grand réseau... et qui sont par le fait même peu disponibles pour donner un coup de pouce.

Grosses familles touchées

Autre donnée préoccupante : ce sont les parents avec plusieurs enfants qui ont un réseau social qui « semble le moins disponible ». Comment expliquer cela? Une des hypothèses avancées, ce sont les relations avec les autres que les familles n'ont pas le temps d'entretenir. Si les familles ont trois ou quatre enfants, elles consacrent (presque) toute leur énergie à élever les enfants, illustre M. Lacharité. « Cela fait qu'on a moins le temps d'entretenir les relations avec les autres personnes. »

En Estrie, 28 % des parents vivent dans une famille ayant trois enfants ou plus.

Dans la province, c'est 25 % des parents d'enfants de cinq ans et moins qui considèrent ne jamais avoir de soutien ou très rarement alors qu'ils se retrouvent dans une situation de vulnérabilité.

Quelles sont les conséquences de ce manque de soutien pour les parents? « La première conséquence, c'est la détresse », indique M. Lacharité, en soulignant que de telles situations font augmenter considérablement le stress des parents. Une telle situation peut les entraîner dans une spirale néfaste. « Dans notre jargon, on appelle ça un facteur de risque. »

Une bonne nouvelle de l'enquête : les pères et mères monoparentaux peuvent, « dans une plus grande proportion toujours compter sur le soutien de leur entourage lorsqu'ils n'en peuvent plus ». En Estrie, près de 14 % des parents d'enfants de cinq ans et moins font partie de familles recomposées.

Le psychologue estime que ces données pourraient entre autres servir à faire de la prévention. Comme les données de l'enquête sont déclinées de façon régionale, elles pourraient permettre de travailler sur des pistes identifiées par des acteurs régionaux.

Un volet de l'étude s'appuie sur l'Enquête québécoise sur l'expérience des parents d'enfants de 0 à 5 ans (EQEPE) de l'ISQ. L'étude a été lancée dans le cadre de la Semaine québécoise des familles.

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