Deux Sherbrookois rentrent de Fort McMurray

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La Sherbrookoise Camille Bégin, toujours sous le choc de la catastrophe, sera de retour au Québec mardi.

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(Sherbrooke) « Chaque fois qu'on y repense, c'est comme un choc post-traumatique. C'est un peu la panique, l'air manque juste de parler de tout ça... » La Sherbrookoise Camille Bégin a du mal à retenir ses émotions en évoquant l'enfer qu'elle a vécu à Fort McMurray, où un feu de forêt sévit depuis une semaine, brûlant des quartiers entiers de la région albertaine.

Réfugiée à Edmonton, à environ 435 kilomètres au sud du « monstre », comme on l'appelle là-bas, elle s'envolera mardi vers l'Ontario avec la famille de son compagnon, ce dernier étant demeuré à Fort McMurray en tant que pompier pour combattre le brasier géant. Elle retournera ensuite au Québec, où l'attendent ses proches.

« Mardi, quand on a été évacué de la maison, on est allés vers le nord. Mais le lendemain matin, en se réveillant, on a décidé de partir pour Edmonton, parce qu'on se disait qu'on allait sûrement rester pris au nord. »

Jeudi, des milliers de résidants de Fort McMurray qui s'étaient réfugiés dans des campements de travailleurs au nord de la région ont été emmenés par convoi et par avion vers le sud, où les services d'urgence sont mieux équipés.

Même si la jeune femme, qui vivait à Fort McMurray avec son copain depuis janvier, est désormais en sécurité, elle demeure profondément ébranlée par les événements terrifiants dont elle a été témoin. Pendant plus de trois heures, elle a vu les maisons de son quartier s'enflammer alors qu'elle était coincée sur la route. Elle a appris plus tard que l'endroit où elle logeait avec son amoureux a été épargné.

« Quand mon copain pourra, il ira à la maison chercher ce qu'il reste, explique-t-elle. Je ne sais pas dans quel état seront toutes mes affaires. »

Selon la Sherbrookoise, les dernières nouvelles indiqueraient que les flammes seraient maîtrisées autour de son quartier, Thickwood. Toutefois, plusieurs voleurs armés profiteraient de la situation pour s'introduire dans les maisons et dérober les biens laissés derrière.

« Il y a aussi un homme, un incendiaire, qui essaie de mettre le plus de choses en feu dans la ville », affirme Camille.

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Carl Gagnon-Bisaillon 

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La solidarité à travers le chaos

De son côté, l'ex-joueur de football du Vert & Or Carl Gagnon-Bisaillon est tout juste de retour chez lui, à Sherbrooke. Il se trouvait depuis seulement quatre jours à Fort McMurray pour poursuivre sa carrière de footballeur lorsque lui et ses coéquipiers ont dû être évacués. 

Regroupés dans un camp de réfugiés à Anzac mardi soir, à 40 kilomètres au sud de Fort McMurray, les joueurs ont prêté main-forte aux autres sinistrés sur place.

« Il y avait beaucoup de gens là-bas qui avaient tout perdu et qui n'avaient pas d'énergie, mais moi, je suis de l'extérieur, donc je n'avais rien perdu, explique-t-il. Vu qu'on était quand même en forme, on s'est dit qu'on allait aider les gens et distribuer la nourriture disponible. On n'a pas dormi cette nuit-là. »

« Aujourd'hui, le camp à Anzac n'existe plus, c'est brûlé au complet. Jamais les gens ne pensaient que le feu allait prendre autant d'ampleur. »

Le lendemain, le jeune homme a poursuivi son chemin jusqu'à Edmonton. De retour à Sherbrooke depuis vendredi, Carl enchaîne les entrevues pour encourager les gens à donner. Il rappelle qu'il suffit d'envoyer le message texte ROUGE au 30333 pour faire un don de 5 $ ou de se rendre sur le croixrouge.ca.

Le Sherbrookois tient aussi à saluer son ami Pat Forbes, qui l'a soutenu tout au long de la catastrophe. 

« Quand je suis allé chercher mes affaires en courant et que le feu était partout, c'est lui qui m'a pogné et qui m'a dit : ''T'sais Carl, on a deux choix : soit on a une attitude de merde et on est à terre, soit on écoute du Bob Marley et on se dit qu'every little thing gonna be alright''. » 

En empruntant la deuxième option, Carl Gagnon-Bisaillon est sorti de l'enfer sain et sauf et prévoit retourner en Alberta sous peu pour aider comme il le pourra.

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