Sherbrooke s'est serré la ceinture

Sherbrooke est parvenue à réduire la croissance annuelle moyenne de ses... (Archives, La Tribune)

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(Sherbrooke) Sherbrooke est parvenue à réduire la croissance annuelle moyenne de ses dépenses municipales par habitant en 2014. Si les dépenses avaient crû de 4,9 % pour la période de 2010 à 2013, elles ont décliné de 1,8 % en 2014. La tendance n'est pas unique à Sherbrooke, mais est observable dans la majorité des grandes municipalités québécoises, révèle le palmarès des municipalités du Québec 2016 élaboré par le Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal.

Le palmarès relève que les dépenses des municipalités ont augmenté de 6 % entre 2010 et 2013, un rythme deux fois plus rapide que les dépenses de l'administration provinciale et trois fois plus rapide que l'inflation. Toutefois, en 2014, première année complète du mandat des nouveaux élus, la croissance moyenne des dépenses municipales par habitant s'est établie à 0,9 % au Québec.

La seule constante du palmarès, commente Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal, est que 2014 a été une année de rationalisation. Mais le chercheur n'y voit pas un effet de la commission Charbonneau. « L'impact de la commission dans les villes, c'est sur les travaux en infrastructures financés par la dette. Il faudrait plus de temps pour que ça se retrouve dans nos indicateurs. Je ne pense pas que ça explique le revirement de situation de 2014. Dans le cycle précédent, la croissance des dépenses avait été faible au début du mandat, en 2010, mais l'augmentation avait été salée en 2011. »

Marge de manoeuvre

Dans les villes de 100 000 habitants et plus, les dépenses par habitant ont diminué en moyenne

de 1,3 %, Saguenay offrant la meilleure performance avec des réductions de 6,5 %. À Sherbrooke,

la baisse la plus marquée est observable dans le réseau d'électricité, les frais de financement et la contribution aux organismes. Les frais d'administration générale ont aussi connu une baisse, pour une diminution des dépenses municipales de 27,70 $ par habitant.

« Souvent, les économies viennent des endroits où il y a une marge de manoeuvre ou une forme de discrétion, comme l'administration générale et la contribution aux organismes. »

En contrepartie, à Sherbrooke, la sécurité publique, les biens et services et la rémunération ont entraîné les plus fortes augmentations de dépenses absolues.

Comment expliquer une réduction des dépenses municipales alors que les municipalités tendent à rappeler que le gouvernement du Québec leur transfère des responsabilités sans que des fonds leur soient associés? « C'est un argument que les villes ne peuvent pas invoquer continuellement. Le gouvernement ne passe pas son temps à pelleter dans leur cour, donc on devrait à un certain moment revenir à un taux de croissance raisonnable, surtout que les municipalités font un peu la preuve qu'elles sont en mesure de contrôler les dépenses. Il semble y avoir de la marge de manoeuvre et il y en a encore. »

L'étude permet aussi de comparer les villes où le maire sortant a été réélu avec celles où un nouveau maire a été porté au pouvoir. La différence est mineure. « On dirait que la prise de conscience qu'il faut gérer de façon plus serrée est collective. Il faut toutefois être prudent et voir ce qui arrivera en 2015 pour savoir si le mode "contrôle des dépenses" se poursuit. »

Dans les données plus spécifiques de 2014, Sherbrooke occupe toujours le 3e rang des municipalités de 100 000 habitants et plus en matière de dépenses, mais arrive au premier rang pour les dépenses par habitant. Le coût moyen des services est de 6,53 % moins élevé que dans les villes de même taille.

Taxation : du 5e au 9e rang

On note par ailleurs que Sherbrooke a glissé du 5e au 9e rang, parmi les dix grandes villes, pour le taux global de taxation. Pour la première fois depuis la compilation du palmarès, le taux global de taxation est plus élevé à Sherbrooke que dans la moyenne des villes de taille semblable.

Pour la période s'étalant de 2009 à 2014, on note également une croissance annuelle moyenne de 15,52 % du coût de la voirie par kilomètre, de 8,10 % du coût du traitement d'un mètre cube d'eau potable et de 7,99 % du coût du déneigement par kilomètre. À l'autre bout du spectre, la croissance annuelle moyenne est négative pour le coût des collectes de déchets domestiques et le coût des collectes de matières recyclables. On note aussi une diminution de 2,47 % du nombre de cadres, contremaîtres ou professionnels par 100 habitants, et de 2,76 % pour le nombre de cols blancs à temps complet par 100 habitants.

Comme par les années précédentes, Robert Gagné relève que la taille optimale d'une municipalité est de 50 000 à 99 999 habitants pour contrôler les dépenses de façon optimale. « C'est clair qu'il y a une taille idéale. Ça ne change pas. Ça ne veut pas dire qu'une fois cette taille atteinte, tout est beau. C'est surtout que ces villes offrent des conditions favorables. »

Les citoyens intéressés peuvent consulter toutes les données compilées par le Centre de productivité à l'adresse suivante : http://cpp.hec.ca/palmares2016/index.html

Drummondville toujours première de classe

Les municipalités de 50 000 à 99 999 habitants, comme Drummondville, affichent toujours en 2014 le plus faible niveau de dépenses par habitant parmi les villes de grande taille. Cette constante demeure d'année en année dans le palmarès des municipalités préparé par le Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal.

C'est d'ailleurs au Centre-du-Québec que les dépenses municipales par habitant sont les plus faibles, à 1354 $ en moyenne. Dans les régions administratives situées sur le territoire de La Tribune, l'Estrie est la plus dépensière, au 11e rang sur 17 (1568 $), alors que Chaudière-Appalaches vient au 15e rang.

À l'inverse, la croissance annuelle moyenne des dépenses municipales par habitant, entre 2009 et 2014, a été suffisamment importante en Estrie (5,7 %) pour lui conférer le troisième rang pour les hausses les plus importantes. Chaudière-Appalaches (5 %) arrive cinquième et le Centre-du-Québec (4,7 %) prend la huitième place. Pour des indicateurs comme le coût de l'activité de voirie par kilomètre de voie et le coût du déneigement par kilomètre de voie, les trois régions administratives en question arrivent dans la deuxième moitié du peloton, soit parmi celles qui dépensent le moins.

Le coût d'entretien du réseau routier par kilomètre de voie est toutefois plus élevé dans les municipalités de grande taille. Idem pour le coût du déneigement. La rémunération moyenne par emploi suit la même courbe. On peut aussi établir que le coût de la desserte par un corps policier municipal est plus élevé dans les municipalités de 50 000 habitants ou moins que le coût de la desserte par la Sûreté du Québec.

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