«Évacuer 30 000 personnes, ce n'est pas rien»

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Stéphane Simoneau, coordonnateur des services d'urgence à Sherbrooke

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« Évacuer 30 000 personnes, ce n'est pas rien. Une municipalité comme la nôtre ne peut procéder seule à une telle opération. »

C'est avec grand intérêt que Stéphane Simoneau, coordonnateur des services d'urgence à Sherbrooke, suit ce qui se passe depuis plusieurs heures en Alberta où un immense feu de forêt menace la ville de Fort McMurray.

Selon lui, le déplacement de masses comme celui qui a été décrété par les autorités albertaines commande une grande précision et un plan d'urgence détaillé.

La réussite d'un plan d'une envergure comme celui mis en place au nord de la province dépend en grande partie de la sensibilisation de la population. Ce qui se passe à Fort McMurray est d'une grande complexité, dit le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPIS). « Les facteurs naturels changent rapidement. »

« Les autorités ont dû réévaluer leurs stratégies, ce que l'on ne veut pas faire la plupart du temps. Dans le cas d'un incendie de forêt, on peut prévoir habituellement. Mais là, les vents forts ont tout changé. »

Le facteur humain est aussi à considérer, ajoute M. Simoneau, lors d'un entretien accordé à La Tribune. « On le voit souvent ici à Sherbrooke lors des inondations, les gens ne veulent pas quitter leur résidence. Ils ne prennent pas toujours au sérieux ce qu'on leur dit », affirme-t-il. «Combien de gens ont à leur disposition une trousse de survie de 72 heures comme il est suggéré ? Qui est préparé à être évacué en une heure ? »

« Dans ces moments-là, les gens sont stressés. Il faut donc une certaine préparation et préoccupation de la part de la population. »

Même si l'ampleur des catastrophes est différente, on est porté à penser à deux événements survenus ces dernières années dans la région, soit l'explosion chez Neptune dans le parc industriel de Sherbrooke et le déraillement du train au centre-ville de Lac-Mégantic.

« L'explosion chez Neptune a quand même été une importante tragédie pour une ville comme Sherbrooke, reconnaît-il. Si un nuage toxique s'était enveloppé au-dessus de la ville, nous aurions peut-être dû évacuer nous aussi 30 000 personnes. »

« Ce qui se passe à Fort McMurray peut se produire ici aussi. Le déplacement de milliers de personnes va avoir des répercussions sur les autres municipalités environnantes. On doit en tenir compte dans le plan d'urgence. »

L'opération prendrait une ampleur « provinciale », ajoute Stéphane Simoneau. On aurait, par exemple, recours au service de la SQ.

On mettrait en branle le service d'appels automatisés dans les résidences demandant d'évacuer d'urgence. M. Simoneau présentera sous peu une application pour téléphone cellulaire pour joindre les gens en situation de crise.

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