Le malaise grandit à l'égard du chef pompier de Magog

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Des pompiers de la Ville de Magog souhaitent que l'administration municipale se penche sérieusement sur le dossier du directeur du service incendie Luc Paré.

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Quatre mois se sont écoulés depuis le vote de « non-confiance » visant Luc Paré, directeur du service incendie de la Ville de Magog. La municipalité souhaitait mieux comprendre la situation avant de poser des gestes en lien avec la crise qui secoue ce service, mais elle tarde à approfondir le dossier. Chez les pompiers, l'impatience et le malaise grandissent.

La Tribune a pu s'entretenir avec des membres du service de protection contre les incendies de la Ville de Magog au cours des derniers jours. Elle a constaté que plusieurs d'entre eux ont du mal à accepter la situation qui prévaut actuellement.

« Les gars ont hâte que la Ville mette ses culottes et pose des gestes, lance un pompier avec qui La Tribune s'est entretenue. Le malaise est plus grand encore en ce moment. On a dit qu'on n'avait plus confiance en Luc Paré, mais il est toujours là et c'est comme si rien ne s'était passé. »

Ce pompier affirme aussi qu'il serait impossible de rebâtir la confiance perdue. « Dans notre travail, on met notre vie en jeu parfois. Il faudrait qu'on ait pleinement confiance dans notre directeur. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Et, même si la Ville préférerait que ce soit différent, ce qui est brisé ne se réparera pas. »

Un de ses collègues confie pour sa part que la relation entre les pompiers et les capitaines du service de protection incendie est excellente à l'heure actuelle. « Ça va super bien avec eux. Je crois que nos relations n'ont jamais été si bonnes. Mais il y a un grain de sable dans l'engrenage. La lettre de divorce a été envoyée et on attend la deuxième signature en bas du contrat », déclare-t-il.

Dans la foulée, il ajoute que ce sont surtout les plus anciens qui sont mal à l'aise à l'heure actuelle. « Ça devient lourd quand Luc Paré est dans une pièce avec des gars. Certains préfèrent ne pas le croiser. Le malaise ne fait que grandir », note-t-il.

Ce pompier laisse d'ailleurs entendre que des moyens de pression seront potentiellement entrepris pour amener la Ville à se pencher sérieusement sur le dossier et trouver une solution.

À ce sujet, notons que les employés syndiqués du service incendie ont boudé le « gala des bons coups » de la municipalité, une activité de reconnaissance tenue récemment.

Si des difficultés existent, ce ne sont toutefois pas tous les syndiqués qui les vivent de la même façon. « On a procédé à un vote et on a lancé un message. Mais, en attendant que ça bouge, j'essaie de ne pas trop penser à cette histoire. Je me concentre sur les aspects de mon travail que je suis capable de contrôler », indique l'un d'eux.

Les syndiqués du service incendie de la Ville de Magog ont retiré leur confiance à Luc Paré lors d'un vote tenu le 6 janvier dernier. Les pompiers qui se sont exprimés à cette occasion ont voté en faveur de la résolution qui visait leur patron dans une proportion de 98 pour cent.

Durant les semaines ayant précédé ce vote, M. Paré avait demandé à être rétrogradé au rang de capitaine après avoir complété une démarche pour améliorer sa relation avec ses subalternes. La Ville de Magog n'a pas donné suite à sa demande.

«Une zone grise»

Le président du Syndicat des pompiers et pompières de Magog, Pierre-Luc Courchesne, continue de penser que la Ville de Magog devra trouver une solution pour régler la problématique existant au sein du service de protection contre les incendies de la municipalité.

« On est dans une zone grise, en ce moment, et on pense qu'on aura des problèmes au service incendie tant que la situation ne sera pas réglée », déclare M. Courchesne.

Ces dernières semaines, la Ville de Magog avait annoncé qu'elle embaucherait une firme ou un consultant externe pour aller rencontrer les pompiers, histoire de mieux comprendre ce qui les a amenés à retirer leur confiance au directeur du service incendie, Luc Paré.

Actuellement, la municipalité envisage toujours de faire appel à une firme ou un consultant pour déterminer les causes exactes de la crise vécue au service incendie. Mais les discussions entourant ce projet ne sont pas encore terminées.

Pierre-Luc Courchesne affirme que le Syndicat des pompiers de Magog a expliqué à la Ville ce qui dérange les pompiers. Mais il précise qu'il n'a pas offert beaucoup de détails aux dirigeants de la municipalité, et ce, malgré le souhait de ces derniers d'obtenir de véritables éclaircissements.

« J'aurais pu avoir l'air d'être diffamatoire en racontant ce qui se passe et, ces temps-ci, il y a des avocats qui courent après tout le monde à la Ville de Magog. Je n'ai pas pris de chance et je me suis retenu de donner des faits précis. Je ne voulais pas porter des accusations », explique M. Courchesne.

D'après celui-ci, il serait préférable que la Ville prévoie de multiples rencontres en privé avec des pompiers pour avoir complètement l'heure juste. « Je m'attends à ce que plusieurs demandent des rencontres individuelles avec le consultant. »

Mairesse de Magog, Vicki May Hamm reste avare de commentaires lorsqu'on lui demande des détails concernant ce dossier. « On arrivera bientôt avec une proposition gagnante à la fois pour la Ville et les pompiers », se contente-t-elle d'affirmer.

La Tribune a par ailleurs tenté d'entrer en contact avec Luc Paré mardi afin d'obtenir des commentaires de sa part, mais il n'a pas répondu à l'appel du journal.

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