Une place pour les minimaisons?

La Ville de Sherbrooke pourrait-elle permettre la construction de minimaisons... (Archives La Presse, Maison Optimum)

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La Ville de Sherbrooke pourrait-elle permettre la construction de minimaisons sur son territoire? Richard Painchaud, un citoyen qui gère un groupe d'intérêt sur les minimaisons sur Facebook, a tenté d'obtenir un engagement clair de la Ville, lundi, alors qu'il déplorait se buter à des portes closes dans ses démarches auprès de l'administration municipale.

Richard Painchaud a fait valoir aux élus municipaux... (Spectre Média, Julien Chamberland) - image 1.0

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Richard Painchaud a fait valoir aux élus municipaux que les minimaisons pouvaient être une solution pour les familles à faible revenu. 

Spectre Média, Julien Chamberland

« En 1966, mon père a pu acheter une maison pour 11 000 $. Son salaire a augmenté de 660 % en 40 ans, alors que le prix de sa maison a augmenté de 3700 %. Pour ma part, le salaire que je gagnais en 1984 a à peine augmenté de 60 % en 30 ans. La valeur de ma maison a à peine doublé. Sherbrooke est une ville pauvre. Dans une ville où le coût du logement moyen est de 608 $ par mois pour un quatre et demi, ça laisse peu d'argent pour les sorties. Le prix moyen d'une maison est de 246 770 $. Pour acheter une maison à ce prix, ça prend au moins 12 000 $ en argent », explique-t-il d'entrée de jeu.

« Il y a une solution qui s'appelle les minimaisons. Une minimaison, c'est entre 150 et 500 pieds carrés. Ça coûte entre 30 000 et 75 000 $ à construire. C'est bon aussi pour l'économie locale puisque ça laisse de l'espace pour les autres dépenses. Il y a une norme à la Ville qui dit qu'une maison unifamiliale doit avoir 730 pieds carrés minimum. J'ai posé des questions à votre cabinet et on m'a dit qu'on ne voulait pas interférer dans les lois du marché. Certaines villes comme Dixville et Saint-Alexis-des-Monts ont changé leur règlement, ce qui prouve que c'est d'abord une question de volonté politique. Dans un cas comme Sherbrooke, c'est presque inadmissible qu'il n'y ait pas au moins un secteur qui permette ce type de construction. »

La présidente du comité consultatif d'urbanisme, Nicole Bergeron, a expliqué que ce dossier avait déjà été étudié dans le passé. « Il y avait même un promoteur qui avait démontré un intérêt. Il est vrai que dans les règlements actuels, il n'y a pas de dispositions qui le permettent. Dans la refonte, nous ne l'avons pas prévu non plus. Cependant, s'il y avait une demande officielle, on pourrait l'intégrer de façon spécifique dans une zone, parce que ces maisons ne pourraient pas être sur un terrain standard. Moi je trouve que c'est quelque chose qui pourrait être envisagé parce que l'accès à la propriété est de plus en plus difficile. »

Son collègue Vincent Boutin estime que la Ville devra être proactive. « C'est très d'actualité parce que ça peut permettre à une partie de la population d'avoir un accès à la propriété. Les règles de prêts hypothécaires ont été modifiées, les coûts des terrains ont augmenté. Il faut vraiment regarder ce projet-là. Les promoteurs ont aussi un rôle à jouer, mais en tant que Ville, il faut au moins se poser cette question-là. Il faut se prévoir des mécanismes pour qu'un particulier puisse réaliser son projet s'il le désire. La première étape, c'est de se poser les questions : où on voudrait ça et comment on pourrait l'encadrer. »

Mme Bergeron se disait heureuse de voir l'enthousiasme de M. Boutin. « Ça vaut la peine de le regarder et je suis contente de voir que j'ai un collègue au conseil municipal qui semble ouvert à la chose. Ça prend une volonté politique, mais ça prendra aussi une règlementation pour identifier une zone où ce serait possible, un peu à l'image des endroits où il y a une zone de maisons mobiles.

« C'est un fait qu'il faudra des prometteurs qui s'intéressent à ce type de marché. Sans promoteurs, les développements résidentiels se font difficilement parce qu'on parle d'ouverture de rues avec lotissement et tout ce que ça implique comme infrastructures. Je pense qu'on peut le prendre à l'envers et si on identifie une zone qui prévoit ce type de résidence, nécessairement il y aurait possibilité pour un promoteur de trouver la chose intéressante. »

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