Santé mentale: trop d'attente dans le réseau public

Quelque 75 % des problèmes de santé mentale... (Spectre Média, Frédéric Côté)

Agrandir

Quelque 75 % des problèmes de santé mentale se manifestent avant l'âge de 25 ans, mais les listes d'attente pour les soins psychologiques dans le réseau public s'allongent.

Spectre Média, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Quelque 75 % des problèmes de santé mentale se manifestent avant l'âge de 25 ans. Ils représentent la première cause d'hospitalisation chez les jeunes de 14 à 25 ans. Dans cette perspective, à l'occasion de la Semaine nationale de la santé mentale, l'Ordre des psychologues du Québec plaide pour l'importance d'agir auprès des enfants et des adolescents afin de prévenir et traiter leurs problèmes de santé mentale.

« Les jeunes font les manchettes. Que ce soient ceux qui fuguent des centres jeunesse, ceux qui éprouvent des difficultés dans les réserves autochtones, ceux qui sont attrapés par le radicalisme religieux, qui vivent le décrochage scolaire, ceux qui décident de s'enlever la vie... On parle de ces jeunes, mais on parle peu du manque d'accessibilité aux services psychologiques auxquels eux et leurs proches se heurtent », indique Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

Les problèmes de santé mentale touchent entre 15 et 25 % des adolescents canadiens. On parle ici de problèmes de santé mentale de toutes catégories confondues : troubles anxieux, dépression, troubles alimentaires...

Selon l'Ordre des psychologues, « pour une évaluation des troubles d'apprentissage ou des troubles du spectre de l'autisme, les listes d'attente peuvent s'échelonner sur plusieurs années ». Les gens se tournent souvent vers le privé.

Une attente très longue pour la population

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce également l'attente trop longue pour recevoir des soins psychologiques dans le réseau public de santé et de services sociaux pour la population.

« Les patients peuvent attendre jusqu'à un an avant d'être vus par un professionnel », estime le répondant politique de l'APTS responsable de l'Estrie, Emmanuel Breton.

Selon M. Breton, l'association planche actuellement sur un portrait précis de la situation dans la région. « On veut voir les temps d'attente en région. Il y a deux réalités : celle de l'employeur et la réalité sur le terrain », commente-t-il.

Dans la MRC des Sources, illustre-t-il, six jeunes se retrouvent sur une liste d'attente pour recevoir des soins en santé mentale. Toujours selon M. Breton, « au suivi intensif du CHUS », on retrouve « une dizaine de patients » sur la liste d'attente. Ce sont des gens capables de rester à la maison, mais pas nécessairement seuls; ils ont besoin d'accompagnement, note-t-il.

L'APTS représente plus d'une centaine de titres d'emplois distincts, dont des psychologues, des professionnels dans le domaine de la réadaptation, de la nutrition et de l'intervention psychosociale.

Selon des données du PASM 2015-2020, on estime qu'au Québec, 20 % des personnes seront affectées au courant de leur vie par la maladie mentale; plusieurs personnes ne seront jamais diagnostiquées.

Tant l'APTS que l'Ordre des psychologues du Québec dénoncent un système de services psychologiques à deux vitesses. « Le gouvernement a lancé un ambitieux plan d'action en santé mentale et nous attendons que les bottines suivent les babines. Sans investissement majeur, les objectifs de ce plan demeureront des voeux pieux », estime M. Breton.

Selon Mme Grou, en Amérique du Nord, le Québec compte le plus grand ratio de psychologues per capita. Elle souligne du même coup qu'il y a suffisamment de psychologues pour desservir les besoins de la population... mais encore faut-il que ces services soient accessibles. « Actuellement, il n'y a pas suffisamment d'accès gratuit au service public », souligne-t-elle. « Quand quelqu'un veut consulter rapidement, il peut le faire s'il a les moyens. »

Partager

À lire aussi

  • <em>Une Job de fou</em> thérapeutique

    Actualités

    Une Job de fou thérapeutique

    Une trentaine de personnes atteintes d'une problématique en santé mentale pratiquent depuis septembre leurs textes et leurs chansons pour présenter,... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer