En politique, «l'empiètement sur la vie privée est constant»

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(SHERBROOKE) Être politicien s'avère l'un des pires emplois pour la conciliation travail-famille, estime Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à la TELUQ. Les politiciens se heurtent à plusieurs obstacles, dont le fait de devoir travailler loin de chez soi (à Ottawa ou à Québec) et d'être interpellés à tout moment dans le cadre de leurs fonctions.

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Diane-Gabrielle Tremblay

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«L'empiètement sur la vie privée est quasi constant», note-t-elle.

Les hauts dirigeants d'entreprise font eux aussi de longues heures de travail et la charge est lourde. La différence est notamment qu'ils peuvent choisir de déléguer à leurs employés. En politique, c'est la sphère où le débordement sur la vie professionnelle est le plus grand.

«Ils sont au service du public (...) Ils deviennent une image publique et ils peuvent être interpellés à tout moment...»

«C'est certain que c'est le milieu le plus difficile», souligne celle qui est aussi directrice l'ARUC (Alliance de recherche université-communauté) sur la gestion des âges et des temps sociaux.

Le fait de devoir travailler à Québec ou à Ottawa est l'un des principaux freins qui expliquent pourquoi les femmes ne se lancent pas en politique, commente Mme Tremblay.

Les femmes qui décident de le faire vont généralement le faire lorsque les enfants sont rendus grands ou encore si elles peuvent bénéficier d'un grand soutien. «Elles vont se permettre d'aller en politique après avoir élevé la famille.» L'arrivée en politique de l'un des membres du couple va généralement pousser l'autre à faire des compromis.

Jeunes enfants

Selon différentes recherches, les personnes qui ont le plus de difficulté à concilier travail et famille sont celles qui ont de jeunes enfants. L'âge et le nombre d'enfants s'avèrent un facteur déterminant dans la capacité à harmoniser la vie de famille et le travail. «Quand ils sont grands, c'est plus facile.»

Si une politicienne avait démissionné pour retourner auprès de sa famille plutôt qu'un politicien, la perception aurait-elle été différente?

Oui, estime Diane-Gabrielle Tremblay, interrogée au sujet de la démission de Pierre Karl Péladeau, chef du Parti québécois.

«Si une femme s'était lancée en politique avec de jeunes enfants et qu'elle était repartie (pour des raisons familiales), on lui dirait peut-être : «Pourquoi n'y avez-vous pas pensé avant?»»

Les gens risquent d'être plus empathiques envers un homme qui a pris une telle décision.

Les exigences envers les femmes sont plus élevées : elles doivent bien gérer leur rôle de mère, en plus d'assumer leurs fonctions. La perception est différente envers les hommes. «C'est naturel pour les hommes qu'il y ait une femme derrière qui s'occupe de la famille.»

«Malgré le fait qu'on est dans une société qui paraît relativement avancée, c'est davantage les décisions du conjoint masculin qui dominent dans l'organisation de la vie familiale, qui vont faire que les femmes refusent des promotions ou des postes plus importants.»

Un comité se penche à Ottawa sur des mesures pouvant améliorer la conciliation travail-famille des députés. De telles mesures seraient les bienvenues. La sphère politique est l'un des milieux où il reste le plus de travail à faire, note Mme Tremblay.

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