Tensions sur le thème des prête-noms au conseil

L'embauche à la Ville de Sherbrooke d'un ingénieur... (Archives La Tribune)

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L'embauche à la Ville de Sherbrooke d'un ingénieur de projet qui avait servi de prête-nom pour financer la campagne du Renouveau sherbrookois en 2009 a soulevé des vagues lundi soir à la séance du conseil municipal.

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(Sherbrooke) La conseillère Hélène Dauphinais a vivement déploré l'embauche d'un ingénieur de projet à la Ville de Sherbrooke, en 2015, alors qu'il avait servi de prête-nom pour financer la campagne du Renouveau sherbrookois en 2009. Mme Dauphinais s'est exprimée pendant la période des messages au conseil municipal lundi et s'est attiré les foudres de plusieurs de ses collègues.

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Hélène Dauphinais

Rappelons que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) avait décidé de ne pas poursuivre les individus ayant servi de prête-nom en 2009, évoquant la notion de discrétion du poursuivant.

« Je suis surprise que le sujet ne suscite pas plus d'intérêt de la part de mes collègues. M. le Maire, vous siégiez au comité exécutif quand cette proposition d'embauche a été faite à l'exécutif. J'imagine que c'est parce que les membres de l'exécutif ont à se prononcer sur la candidature. Vous aviez le nom des personnes ayant servi de prête-nom. C'est avant que cette personne soit embauchée qu'il aurait fallu intervenir. Il y a beaucoup d'ingénieurs. Nous aurions pu nous permettre de choisir le meilleur. J'aimerais qu'on montre un conseil pour qui la saine gestion de l'éthique est une priorité. »

Le maire Bernard Sévigny a rétorqué. « Vous n'avez pas le monopole de la saine gestion de l'éthique. Vous vous transformez en juge pour juger cette personne-là alors qu'elle n'est accusée de rien. Je ne sais pas avec quelle rigueur vous faites vos analyses, mais il est étonnant de voir avec quelle simplicité vous faites vos associations. »

Serge Paquin a rappelé que le comité exécutif, qu'il préside, entérine toutes les propositions des services, favorables ou défavorables, sans discussion. « Je ne suis pas certain qu'il faut aller vers des règles qui n'existent pas ailleurs. Si le maire avait fait ce que vous suggérez, l'employé aurait eu un bon recours pour de la discrimination à l'emploi. Je ne pense pas qu'il faut se substituer au législateur.»

La conseillère Danielle Berthold a reproché à Mme Dauphinais de parler d'éthique alors qu'elle « menace ses collègues de ne pas se présenter à une réunion si ce n'est pas elle qui préside et que si elle n'est pas là, il n'y aura pas quorum. Ne parlez pas d'éthique alors que vous n'en avez pas dans plusieurs dossiers ».

«Il y a madame Dauphinais qui fait des propositions qui vont à l'encontre de tous les cadres légaux que je connaisse, y compris la charte des droits. Ça devient un peu ridicule.»


Hélène Dauphinais s'est défendue en référence à la réunion en question, exprimant que la présidence est occupée à tour de rôle et qu'elle sentait qu'on voulait l'en écarter.

Plus tôt en soirée, Bernard Sévigny avait rappelé que les quatre personnes ayant servi de prête-nom n'avaient jamais fait l'objet d'accusations. « Dans le processus de dotation d'un poste, il n'y a pas d'intervention du politique. Par exemple, demain (mardi) nous accorderons deux contrats de deux ans pour des travaux spécifiques. Ce sont 97 CV qui ont été déposés par des ingénieurs. Le comité de sélection était composé de cinq personnes qui ont passé huit candidats en entrevue. En 2015, pour l'ingénieur en question, il y avait 43 candidatures et entre huit et dix personnes ont été rencontrées. Il était techniquement impossible pour le politique d'intervenir. Depuis 2014, depuis deux ans et quatre mois, la Ville a embauché 18 ingénieurs. »

« Il y a madame Dauphinais qui fait des propositions qui vont à l'encontre de tous les cadres légaux que je connaisse, y compris la charte des droits. Ça devient un peu ridicule. » 

Rémi Demers, membre du comité exécutif, s'est senti interpellé. « Ça donne l'impression qu'on ne fait pas notre job correctement. S'il y a des processus à améliorer, on est continuellement dans cette voie-là et quand il y a des questions à poser, je les pose. Mais laisser peser des soupçons, ce n'est pas ma façon de faire de la politique. »

Bruno Vachon, également membre du comité exécutif, a prévenu de « faire attention avec ce genre de rapprochement. C'est correct de poser des questions, mais il faut faire attention à la façon dont on les pose. »

Chantal L'Espérance s'est dissociée de tout reproche. « Je n'avais aucune façon de connaître les prête-noms, alors pour moi, le processus est correct. »

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