Sévigny comprend ce choix déchirant de PKP

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Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny

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Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny a souhaité beaucoup de chance et de sérénité au chef démissionnaire du Parti québécois Pierre Karl Péladeau. M. Sévigny a commenté le départ de M. Péladeau en faisant allusion au dilemme déchirant auquel il a été confronté.

« C'est malheureux, dans la mesure où il a dû privilégier la famille plutôt que le travail. Bien que le travail soit prenant, il est intéressant. Ça faisait un peu moins d'un an qu'il était chef du parti et peu importe le parti, peu importe la façon dont on le fait, à ce niveau-là, comme chef d'un parti national, c'est une contribution importante pour la démocratie. Je me mets à sa place. Ça doit être extrêmement déchirant. Je ne suis pas au courant des détails, mais le choix familial me semble naturel. Je ne dis pas qu'il a fait un bon choix, je ne veux pas porter un jugement sur son choix. Mais comme il a évoqué lui-même le choix familial : je lui dis chapeau. »

Bernard Sévigny relève le caractère particulier du départ de M. Péladeau. « Rarement on a vu un homme ou une femme de cette stature-là, occuper un tel poste, être obligé de faire un choix comme celui-là et de choisir la famille. Il doit y avoir 10 000 raisons, mais il a été placé devant un choix qui est extrêmement déchirant. Ce sont des situations avec lesquelles nous n'avons pas le choix de composer. Quand on rencontre des gens qui vivent ce genre de situations, c'est un sujet de discussion constant entre élus. On peut comprendre c'est quoi prendre une décision comme celle-là. On lui souhaite beaucoup de chance et de sérénité là-dedans.

« Certains disent qu'on doit se lancer avant d'avoir des enfants ou quand les enfants sont plus vieux. Entre les deux, c'est difficile. Il faut être disponible pour ses enfants. Facetime, c'est sympathique, mais ça ne nous permet pas de prendre nos enfants dans nos bras. Dans mon cas, à 15 et 17 ans, les enfants sont relativement grands. Ils comprennent. Mais avec de jeunes enfants, c'est plus que de les voir une fois par trois semaines. »

Ce qu'ils ont dit

Jean Rousseau, ex-député néo-démocrate

Être à la fois père de famille et politicien peut s'avérer déchirant, aux yeux de l'ancien député néo-démocrate Jean Rousseau, qui vient de joindre les rangs du Parti vert du Canada.

«J'avais l'impression de me sentir coupable si je devais avoir une rencontre supplémentaire et si je devais rentrer plus tard...», raconte celui qui a été député du NPD de 2011 à 2015.

Jean Rousseau et sa conjointe ont une famille reconstituée. L'ancien député de Compton-Stanstead avait déjà un enfant, et sa conjointe, deux; ensemble, ils en ont eu deux qui auront bientôt un et quatre ans.

Interrogé sur la démission de Pierre Karl Péladeau, Jean Rousseau ne croit cependant pas que la raison du départ du chef du Parti québécois soit liée uniquement à des raisons familiales. Il croit plutôt qu'il a été «tassé».

Jean Rousseau, qui précise qu'il n'a pas trouvé de travail à temps plein depuis sa défaite aux dernières élections fédérales, est maintenant critique officiel en matière d'agroforesterie dans l'Est du Canada pour le Parti vert du Canada. Pourquoi avoir quitté le NPD? «Je sens que je n'avais pas d'oreille attentive pour l'environnement et d'autres préoccupations (...) Je voulais prendre plus de place et on ne me laissait pas prendre cette place-là», estime-t-il.

Étienne-Alexis Boucher, ex-député péquiste 

«Monsieur Péladeau a poussé le projet de l'indépendance vers des horizons qu'on n'avait jamais vus ou qu'on n'avait pas vus depuis longtemps. En espérant que les prochains candidats à la chefferie soient ouverts envers cette nouvelle démarche qu'il a proposée. Elle permettrait au Parti québécois et au mouvement souverainiste d'offrir une proposition crédible aux prochaines élections.»

«Un chef qui démissionne c'est un moment important, ça implique nécessairement une remise en question pour l'organisation et ça mobilise énormément d'énergie chez les membres et les débutés. Ce sera un défi pour le Parti québécois de mener une course à la chefferie en plus de maintenir son rôle d'opposition au gouvernement.»

Laurent-Paul Maheux, ex-président du PQ dans Sherbrooke

«Je suis excessivement surpris du départ de monsieur Péladeau moins d'un an après qu'il ait été élu chef du Parti québécois. Depuis que monsieur Péladeau a été élu, ça n'a pas été facile pour lui. Je trouvais que le parti avait des difficultés, entre autres dans son rôle d'opposition. Par contre, depuis quelques mois, je trouvais que ça allait beaucoup mieux, que le parti était beaucoup plus d'attaque. Or, une course à la chefferie risque toujours de laisser des séquelles s'il y a plusieurs candidats.»

Avec Isabelle Pion et Charlotte R. Castilloux

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