Le buffet interculturel sous le sceau de l'harmonie

Près de 800 personnes, bénévoles compris, provenant d'une trentaine... (Spectre média, Marie-Lou Béland)

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Près de 800 personnes, bénévoles compris, provenant d'une trentaine de pays étaient rassemblées samedi au Cégep de Sherbrooke lors de la 45e édition du Buffet afin de tisser des liens avec des concitoyens, permettant au Service d'aide aux Néo-Canadiens d'amasser près de 20 000$.

Spectre média, Marie-Lou Béland

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(Sherbrooke) Au moment où l'actualité internationale fait quotidiennement état de conflits violents entre peuples de différentes cultures ou religions, le Buffet interculturel (anciennement le Buffet des nations) s'avérait un bel exemple que la communication est au centre des bonnes relations, selon la directrice au Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC).

Près de 800 personnes, bénévoles compris, provenant d'une trentaine de pays étaient rassemblées au Cégep de Sherbrooke samedi lors de la 45e édition du Buffet afin de tisser des liens avec des concitoyens.

« On est très contents d'avoir autant de personnes de nationalités différentes, parce que ça prouve qu'elles peuvent cohabiter de façon harmonieuse, se réjouit Mercedes Orellana. C'est aussi une preuve que les efforts faits par le milieu pour rapprocher les gens fonctionnent. »

En 2014-15, le SANC a accueilli environ 800 personnes provenant de 54 pays différents en plus d'avoir recours au service de plus de 130 bénévoles, et quelque 100 interprètes impliqués dans 30 langues. C'est 95 ateliers liés à l'intégration sociale et 134 placements en emploi. Le SANC en est également à la deuxième année d'un projet-pilote de trois ans favorisant le jumelage et le réseautage de familles d'immigrants à des familles québécoises. Les quelque 20 000 $ amassés lors du Buffet permettront de maintenir le cap vers les objectifs qu'il s'était donnés en 2014.

« Le projet consiste à faciliter l'entrée en relation des nouveaux arrivants, tout simplement. Mieux on connaît la culture québécoise, mieux on peut la comprendre et mieux on peut s'y adapter. Sur le plan humain, on peut aussi établir des contacts plus significatifs. On souhaite jumeler une cinquantaine de familles au terme du projet; on en a près de 20 en ce moment », mentionne Mme Orellana.

« Au-delà de la langue, le réseau joue pour beaucoup lorsqu'il s'agit de s'intégrer et éventuellement d'obtenir un emploi. Si les nouveaux arrivants sont jumelés, ce sont des personnes qui s'ajoutent à leur réseau et qui pourront leur faire rencontrer d'autres gens. Ça brise la glace et ça accélère les rapprochements interculturels. »

Participant au Buffet, la ministre provinciale de l'Immigration Kathleen Weil s'est dite très fière d'assister à « un événement incontournable ».

« Avec les Traditions du monde, c'est l'un des plus beaux événements au Québec. Ça reflète la solidarité que les Sherbrookois ressentent envers les nouveaux arrivants. Ils font tout pour bien les encadrer et bien les accompagner. Dans le cas des réfugiés syriens ils ont joué un rôle extraordinaire, tout comme avec la famille de Raïf Badawi. Ça me rend très fière d'être ici. »

L'engagement est maintenu auprès des réfugiés syriens

Près de 2000 réfugiés syriens demeurent à être accueillis au Québec pour permettre au gouvernement d'atteindre l'objectif de 7300 qu'il s'était fixé l'an dernier.

Si la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, admet que le rythme est moins soutenu qu'il l'était au début du processus, elle affirme néanmoins que le nombre de réfugiés accueillis « demeure stable » et que « l'engagement est maintenu ».

« C'est certain que ce n'est pas comme au mois de décembre, mais l'engagement est maintenu et nous sommes rendus à environ 5500 réfugiés d'accueillis », a-t-elle mentionné dimanche.

« Bientôt, on va faire la planification pluriannuelle pour pouvoir rendre publics les volumes de travailleurs qualifiés et les volumes de réfugiés et immigrants de tous les pays qu'on va admettre chaque année. Le dossier se poursuit avec un effort important », a renchéri Mme Weil, qui profitait de son passage au Buffet interculturel pour saluer une famille syrienne nouvellement arrivée au Canada.

La ministre rappelle que son projet de loi 77 a été adopté au début du mois d'avril et qu'il implique une période de transition. La nouvelle loi permettait de remplacer le système de sélection fondé sur le principe du « premier arrivé, premier servi », au profit d'une sélection basée sur le modèle de la déclaration d'intérêt. Ainsi, parmi les personnes qui souhaitent immigrer au Québec, seules celles qui possèdent un profil répondant aux besoins du Québec seront invitées à présenter une demande formelle d'immigration. Ce système devrait réduire de façon considérable le délai entre la sélection et l'établissement au Québec des personnes immigrantes.

« C'est une grande réforme et une nouvelle façon de fonctionner. On sait que ce n'est pas cette année ou l'an prochain que la crise va se régler en Syrie et on veut être là pour aider à moyen et long terme, tout comme on veut l'être pour les réfugiés ou immigrants provenant d'autres pays.

« Le gouvernement fédéral veut privilégier les personnes parrainées ou en attente d'être parrainées par leur famille et le Québec a beaucoup de dossiers en attente. Mais le gouvernement fédéral s'est engagé à répondre aux attentes de ces familles et aux attentes du Québec », résume Mme Weil.

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