Le combat de Raïf Badawi raconté

L'histoire d'Ensaf Haidar et Raïf Badawi a fait couler beaucoup d'encre depuis... (Spectre média, Marie-Lou Béland)

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(Sherbrooke) L'histoire d'Ensaf Haidar et Raïf Badawi a fait couler beaucoup d'encre depuis deux ans. Ensaf Haidar raconte leur combat dans un livre, Mon combat pour sauver Raïf Badawi. À lire dans La Tribune lundi, un texte complet ainsi qu'une entrevue de notre chroniqueur Luc Larochelle avec l'auteure, Ensaf Haidar. D'ici là, voici quelques extraits issus du livre :

Les attentats de septembre 2001 ont renforcé les croyances religieuses de Raïf Badawi.

« Au début de notre mariage, nous n'étions pas encore un couple très progressiste. Nous pensions comme tous les Saoudiens. Raïf était plutôt croyant et très soucieux de respecter les règles religieuses de l'islam, surtout les temps de prière. C'est plus tard qu'il s'est mis à développer ses idées libérales ».

À l'arrivée du deuxième enfant, la relation du couple devient terne, routinière. Ensaf Haidar découvre que son mari a une maîtresse.

« Ce garçon qui pérorait sur les droits des femmes se comportait à la maison comme le dernier des machos saoudiens. Quel toupet! D'un côté, je lui en voulais à mort. De l'autre, je ne songeais qu'à le retrouver. Car il était l'homme de ma vie. Mon bonheur dépendait de lui ».

Le père de Raïf Badawi a fait condamner son fils à la prison à l'âge de 13 ans « pour désobéissance parentale », il a maltraité sa fille Samar et a toujours prétendu détenir des droits sur elle. « Après la mort de sa mère à l'âge de neuf ans, ses frères, ses soeurs et lui ont été livrés aux mains d'un homme que l'on peut qualifier de tyran et de sadique ».

Ensaf Haidar a appris la mort de son père par hasard sur Facebook, sa famille l'a déshéritée, ses frères ont fait annuler son mariage en Arabie Saoudite.

« Personne n'eut la décence de me présenter ses condoléances. Pas une de mes soeurs. Pas même ma mère. Personne. »

Le forum de discussion qu'animait Raïf Badawi était risqué et en même temps source de gratification.

« Raïf avait accompli quelque chose de grand : il avait fondé un réseau social sur lequel l'ensemble des écrivains et penseurs d'Arabie saoudite pouvaient échanger. Ils étaient nos amis. Tous les vendredis soir, nous faisions salon porte ouverte. L'élite intellectuelle du pays venait s'asseoir à notre table. Cela n'en valait-il pas la peine? »

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