La position du Collège des médecins sur le neurofeedback

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Le Collège des médecins du Québec, appuyé par la littérature scientifique et l'avis d'experts et de partenaires, constate que le biofeedback ou le neurofeedback s'inscrit dans un cadre pouvant être utile dans l'approche de certains troubles de santé mais l'analyse de son efficacité demeure complexe.

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(SHERBROOKE) Le Collège des médecins du Québec (CMQ), appuyé par la littérature scientifique et l'avis d'experts et de partenaires, constate que le biofeedback ou le neurofeedback s'inscrit dans un cadre pouvant être utile dans l'approche de certains troubles de santé mais l'analyse de son efficacité demeure complexe.

Voilà en résumé la conclusion du CMQ en ce qui a trait au neurofeedback ou autres pratiques qui utilisent la même approche, soit le biofeedback ou la neurothérapie.

La croissance de l'utilisation du neurofeedback et l'association de certains médecins membres du CMQ avec des entreprises offrant des services de neurofeedback ont poussé la direction générale du CMQ à approfondir sa réflexion sur le sujet.

À la demande de l'Office des professions, la direction générale du CMQ publiait en mars un Avis sur les enjeux soulevés par la pratique du biofeedback et du neurofeedback. « Il ne s'agit pas d'une position officielle, mais plutôt d'une analyse permettant de mettre en lumière les enjeux reliés à l'encadrement professionnel et à la pratique de ces traitements », précise la relationniste de presse du CMQ, Caroline Langis.

Le document souligne que depuis l'émergence de cette pratique en 1960, les études et méta-analyses portant sur son efficacité génèrent des débats : d'un côté, il y a convergence pour confirmer l'efficacité, et de l'autre côté, les conditions de recherche sont décriées (petit nombre de cas, méthodologie déficiente, essais non aléatoires).

« Bien qu'elles puissent soulever un certain enthousiasme chez les neuroscientifiques, il existe un clivage entre les chercheurs et les médecins cliniciens lorsqu'il s'agit d'inclure ces approches dans le plan de traitement. Le fait que certaines sociétés savantes se positionnent sur l'intégration du biofeedback/neurofeedback dans le plan de traitement nous porte à croire que nous assistons possiblement à une transition menant à une ouverture à ces approches », lit-on dans la conclusion du document d'une trentaine de pages pour lequel une vingtaine d'intervenants et neuropsychologues ont été consultés.

Une réflexion à poursuivre

Le CMQ croit qu'il est important, à court terme, de se questionner sur les pratiques du biofeedback et du neurofeedback à la lueur des préoccupations soulevées dans cette analyse. Par exemple, le fait d'offrir ces entraînements sans qu'une évaluation médicale ou psychologique de la condition ne soit réalisée par l'intervenant sans qu'un diagnostic ou des conclusions cliniques ne soient précisés nous apparait non souhaité et préjudiciable. Aussi, dans la perspective où le neurofeedback peut être à la portée de toute personne qui s'y intéresse, quelles circonstances et quelles conditions devraient encadrer minimalement ces approches ?

Actuellement, au Québec, aucun cadre ne vient baliser la formation. Certains professionnels et non professionnels optent cependant pour une formation avec certification reconnue. La Biofeedback Certification International Alliance (BCIA) est la seule organisation dont les certifications sont reconnues par les sociétés savantes et associations.

Selon le tableau de la BCIA, au Québec, 13 personnes détiennent une certification pour le neurofeedback-EEG et 1 personne (médecin) détient une certification pour le biofeedback général. La Sherbrookoise d'origine Francine Therrien (voir autre texte) est une de ces 13  personnes.

Quoi qu'il en soit, la position du Collège des médecins du Québec sur le neurofeedback a évolué au cours des dernières années. Dans une publication du CMQ datant de 2013, le neurofeedback était mis dans le même panier que les ramancheurs, les chamans. La catégorie des faux experts qui exercent illégalement la médecine et qui « font preuve d'une imagination sans limite pour séduire

leurs victimes ».

La réflexion n'est pas terminée. Elle se poursuivra avec la collaboration des ordres professionnels concernés et la participation des experts et des cliniciens visés par la pratique du biofeedback et du neurofeedback.

Un rapport attendu

Le trouble du déficit de l'attention avec ou hyperactivité (TDAH) semble avoir été le problème le plus étudié et documenté pour l'efficacité du neurofeedback, selon les consultations effectuées par le Collèges des médecins du Québec.

Une méta-analyse datée de 2012 rassemblant des essais cliniques aléatoires contrôlés affirme que le neurofeedback serait aussi efficace que la médication pour traiter les troubles de l'attention, tandis que la médication serait plus efficace pour traiter les problèmes d'hyperactivité et d'impulsivité.

Toutefois, ces conclusions demeurent controversées. Une autre étude en 2014 démontre que le neurofeedback n'apporte pas d'amélioration quant aux symptômes du TDAH par rapport aux traitements traditionnels et ne recommande donc pas son utilisation.

L'Association Américaine de Pédiatrie (AAP) considère que le biofeedback ou le neurofeedback, associé à la médication, représente un traitement possible dans l'approche du TDAH. Néanmoins, au Québec, certains cliniciens pratiquant auprès d'enfants souffrant de TDAH se questionnent sur la validité de cette recommandation. L'AAP élabore actuellement un document « Neurofeedback in the Treatment of ADHD », qui devait paraître initialement en 2015. Il sera disponible sous peu et viendra apporter un éclairage utile sur la considération clinique du neurofeedback dans l'approche du TDAH chez l'enfant.

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