TDAH : le neurofeedback, une alternative à la médication?

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Le neurofeedback existe depuis les années 1960 (il était alors pratiqué avec des équipements plus rudimentaires à une ou deux électrodes) et il est utilisé pour traiter, notamment, les troubles d'attention, l'épilepsie, l'anxiété, la dépression. -

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(SHERBROOKE) La Tribune publiait récemment un dossier sur les enfants d'âge scolaire atteints d'un TDAH. Par la suite, le sort de ces enfants devenus adultes a été traité. Dans ces deux dossiers, la médication était abordée comme piste de solution. Aujourd'hui, une alternative à ce traitement est mise en lumière: le neurofeedback.

«Dommage qu'en 2016, avec toutes les avancées tant scientifiques que technologiques sur l'évaluation et le contrôle de l'activité cérébrale, on mette encore tellement l'accent sur la médication pour traiter les symptômes des troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, alors que d'autres types d'intervention s'avèrent aujourd'hui tout aussi efficaces, sinon plus, et ce, sans effets secondaires et avec des résultats durables», soutient le Sherbrookois Rock Therrien, qui est président de la clinique Neuroperforma, située à Brossard.

Depuis 2012, l'Académie américaine de Pédiatrie, une organisation de 64000 pédiatres, a reconnu le neurofeedback comme un type d'intervention de niveau 1 pour le TDAH, soit un niveau d'efficacité au moins égal à la médication, mais avec les avantages d'éliminer les effets secondaires et de mener à des résultats durables.

«Au Canada, le neurofeedback n'est pas encore reconnu par le Collège des médecins. Aux États-Unis, il y a de plus en plus de médecins et neurologues qui ouvrent des cliniques de neurofeedback. Donc ça va forcément arriver. Mais quand?» lance M. Therrien.

Le neurofeedback est une approche qui utilise les avancées récentes en électroencéphalographie quantitative à multiples électrodes (19 électrodes placées sur le crâne) pour évaluer l'activité cérébrale et permettre à l'individu d'apprendre par lui-même à stimuler ou à calmer des régions précises du cerveau, de même que les réseaux de connexions neuronales entre ces régions.

«L'efficacité du neurofeedback est basée sur des évidences scientifiques qui proviennent d'essais cliniques faits par plusieurs groupes dans différents pays», explique M. Therrien ajoutant que le neurofeedback existe depuis les années 1960 (il était alors pratiqué avec des équipements plus rudimentaires à une ou deux électrodes) et qu'il est utilisé pour traiter, notamment, les troubles d'attention, l'épilepsie, l'anxiété, la dépression.

«L'équipement à 19 électrodes a fait son apparition en 2008. Au Québec, c'est assez nouveau. En fait, il existe quelques cliniques qui utilisent le neurofeedback à une ou deux électrodes, mais Neuroperforma est la seule clinique de la province à entraîner, et non simplement évaluer, le cerveau avec les nouveaux systèmes à 19 électrodes», soutient M. Therrien.

L'avantage du neurofeedback à multiples électrodes est que le nombre de séances au traitement est réduit de moitié. Seulement 20 à 25 séances sont nécessaires avant d'obtenir le résultat souhaité alors qu'entre 40 et 50 séances sont nécessaires avec la méthode à une ou deux électrode(s). Notez que le coût d'une séance s'élève à 125 $.

«Selon les essais cliniques effectués 2 ans et 6 ans après les traitements, les résultats sont permanents», souligne également M. Therrien.

Le neurofeedback est aussi utilisé pour augmenter la performance de certains athlètes. L'ancien joueur des Alouettes de Montréal Étienne Boulay, la championne du monde en patin artistique Gabriella Papadakis et le boxeur Lucian Bute ont notamment reçu des traitements de neurofeedback à la clinique Neuroperforma.

Aux États-Unis, le neurofeedback est également utilisé pour traiter les chocs post-traumatiques et les commotions cérébrales des militaires de l'Armée américaine. «L'an dernier, 8000 soldats ont été traités seulement au centre d'excellence Intrepid Spirit de Fort Campell au Kentucky avec un excellent taux de réussite, soit 92 pour cent», explique celui qui s'est rendu au Kentucky pour visiter le centre, un des cinq centres d'excellence américains du même nom.

Le cerveau, une histoire de famille

Ingénieur de formation et président de la clinique Neuroperforma, Rock Therrien partage sa passion pour la performance du cerveau avec son frère Marc, neurologue, et il travaille avec sa soeur Francine, détentrice d'un doctorat en sciences cliniques, d'une maîtrise en santé globale, d'un baccalauréat en kinésiologie et en éducation physique, un diplôme de naturopathie et une spécialisation en biofeedback et en neurofeedback.

Plusieurs centaines de personnes sont traitées à la clinique de la Rive-Sud annuellement. Environ 60 pour cent de la clientèle souffrant de trouble d'attention sont des enfants. Plusieurs dizaines de personnes traitées viennent de Sherbrooke.

Originaire de Sherbrooke, la fratrie compte ouvrir une clinique à Sherbrooke en septembre.

Leur père, René Therrien, a été professeur à la Faculté d'éducation physique et sportive de 1976 à 2005. Spécialiste en biomécanique sportive et occupationnelle, en prévention des troubles musculo-squelettiques et évaluation d'équipements sportifs, il a inventé le premier casque protecteur de hockey certifié dans les années 1970.

Le fonctionnement du cerveau est au centre de plusieurs conversations au sein du clan Therrien.

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