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Élèves trans: le Conseil québécois LGBT vexé des propos de la CSRS

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Le Conseil québécois LGBT se dit vexé des propos de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke rapportés lundi dans La Tribune à propos de la situation des élèves trans.

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(SHERBROOKE) Le Conseil québécois LGBT se dit vexé des propos de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) rapportés lundi dans La Tribune à propos de la situation des élèves trans. Il demande également de pouvoir rencontrer les trois commissions scolaires de la région pour les sensibiliser davantage.

La CSRS affirmait ne pas avoir pris de mesure pour permettre aux enfants transgenres d'utiliser des toilettes ou des vestiaires qui correspondent à leur identité de genre, par exemple. « Nous ne vivons pas ce genre de situation », indiquait-on à la CSRS.

« La CSRS se voile les yeux délibérément. Il y a des enfants trans sur son territoire c'est certain. C'est aberrant. Ça relève d'une pensée presque archaïque. C'est vraiment du gros déni. Sherbrooke est la sixième ville en importance au Québec et il y a énormément de choses qui se font en matière de diversité sexuelle », rapporte Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT.

« Si vous vous voilez les yeux, vous mettez volontairement des enfants en situation de discrimination et de mal-être. Nous savons qu'il y a au moins cinq enfants transgenres en Estrie et il y en a assurément plus. On sait qu'ils ont approché des organismes communautaires pour du soutien, mais on ne sait pas si les écoles ont été interpellées. S'ils ont l'impression que la porte est fermée à clé, il n'est pas tentant d'aller cogner. »

Mme Boisvert espère obtenir une oreille attentive des commissions scolaires. « J'aimerais qu'on puisse s'asseoir ensemble et qu'ils écoutent ce que nous avons à dire. Qu'on puisse expliquer comment les enfants trans se sentent, ce qu'ils vivent, comment les accommodements ont un impact immense sur leur qualité de vie et leur développement. »

Pour Marie-Pier Boisvert, c'est plus qu'une question de toilettes neutres ou non genrées. « Le mieux, c'est juste de permettre à l'enfant d'aller dans la toilette qu'il ou elle veut. À partir du moment où l'enfant reconnaît que son genre est différent de celui qui lui a été attribué à la naissance, il n'y a pas de danger. Ce sont souvent les parents qui trouvent ça plus stressant. »

La directrice du Conseil québécois LGBT donne l'exemple de la Commission scolaire de Montréal, qui a adopté des lignes directrices relatives aux élèves transgenres. « Elle a fait un beau travail de recherche qui est applicable dans la plupart des commissions scolaires. Il suffit de former au minimum le personnel pour dire qu'on accepte l'auto-identification des enfants. Les adultes trans à Sherbrooke sont passés par les écoles de la région et leur vie aurait peut-être été différente si leur école avait été plus ouverte. »

La CSRS ouverte à une rencontre

Il semble que Mme Boisvert obtiendra l'oreille attentive qu'elle souhaite. La CSRS se défend d'avoir nié l'existence d'élèves transgenres. « La CSRS a répondu à une question qui portait sur les toilettes unisexes et il est vrai qu'elle n'a jamais eu de demandes à cet effet. Ça ne signifie pas que nous ne sommes pas conscients qu'il y a des enfants transgenres. Il y a des élèves en démarche de changement d'identité dans nos écoles et nous les accompagnons le mieux possible. Ils nous demandent souvent que ce soit confidentiel. Nous n'avons pas eu de demandes d'accommodements, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des actions qui sont posées », fait valoir Lisa Rodrigue, présidente de la Table du secondaire.

Mme Rodrigue rapporte que la CSRS est prête à rencontrer le Conseil québécois LGBT. « Il faut juste qu'ils nous invitent. Nous ne sommes pas fermés du tout. Nous voulons le bien de nos élèves, qu'ils soient transgenres, homosexuels ou qu'ils affrontent toute autre situation qu'ils pourraient trouver difficile. »

La Commission scolaire des Sommets s'est aussi dite ouverte à travailler avec les partenaires concernés, dont le Conseil québécois LGBT, « comme elle le fait déjà avec le secteur de la santé ou les intervenants d'organismes comme le Gris Estrie ».

Idem à la Commission scolaire des Hauts-Cantons, qui « répondra positivement, bien entendu, à une invitation qui sera transmise par le Conseil québécois LGBT. Il est déjà de notre façon de faire de travailler de concert avec les intervenants, organismes et partenaires, et ce, pour le bien-être de nos élèves. C'est avec ouverture et respect que nous écouterons les éléments importants que le Conseil voudra donc porter à notre attention. »

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