Marc Garneau se fait rassurant à Lac-Mégantic

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De passage à Lac-Mégantic mardi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, s'est montré rassurant envers la population, mais n'a pas garanti la moindre part de financement pour une éventuelle voie de contournement au centre-ville.

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) À défaut de donner de véritables garanties qu'une voie de contournement sera construite pour que le chemin de fer évite le centre-ville de Lac-Mégantic, dans le futur, le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, a voulu se faire très rassurant pour les Méganticois, tout en démontrant une extrême prudence dans ses propos.

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Paul Dostie

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Il a commencé par démontrer de l'empathie envers les gens de Lac-Mégantic, affirmant d'emblée qu'il ne prétendra jamais comprendre ce que les Méganticois ont vécu le 6 juillet 2013.

« Vous avez vécu un moment horrible que nous avons tous vu, au Canada et à travers le monde, alors que je n'étais pas au gouvernement à ce moment-là. J'étais loin de croire que je deviendrais ministre des Transports. Quand je suis venu pour le premier anniversaire, en juillet 2014, je me suis arrêté à Nantes, je suis descendu de ma voiture et j'ai vu, j'ai essayé de comprendre ce qui était arrivé. Je suis venu à la messe commémorative, et en parlant à des personnes, j'ai compris qu'on ne pouvait souhaiter cela à personne », a-t-il admis.

Il a ensuite relaté comment son équipe de Transports Canada a implanté plusieurs mesures nouvelles, depuis ces événements, soit une augmentation du nombre d'inspecteurs pour faire aussi augmenter le nombre des inspections des infrastructures ferroviaires.

« Nous avons implanté des mesures parce qu'il y avait des besoins d'en implanter, entre autres pour le maintien des trains stationnaires la nuit, pour le remplacement des wagons Dot111 par les TC117 renforcés, pour mieux former les premiers répondants sur les matières dangereuses, etc. La sécurité ferroviaire est ma priorité absolue. Pendant 50 pour cent de mon temps, à travers le Canada, je le passe sur la sécurité ferroviaire. Ce qui est arrivé ici a réveillé le pays, a fait ouvrir les yeux à la majorité des Canadiens. »

Il s'est dit heureux que le budget 2016 de son gouvernement prévoie 143 millions $ sur trois ans pour la sécurité ferroviaire. Il a ensuite révélé qu'il tenait une soirée d'information mercredi à Toronto, identique à celle de Lac-Mégantic, et jeudi à Ottawa. Il a tenu à répondre aux questions de quelques citoyens, qui ont même suscité chez lui le commentaire suivant : « Je suis très conscient que la voie de contournement, vous l'avez vraiment à coeur. »

Un citoyen, Paul Dostie, a porté à l'attention du ministre la santé actuelle des Méganticois, pour qui la confiance envers Transports Canada est devenue très fragile. « Vous avez une pente à travailler très fort pour la remonter... Le 5 juillet 2013, votre gouvernement aurait affirmé que la voie ferrée était sécuritaire. Et le 6 juillet, ce fut la catastrophe. Depuis, il y a un accident ferroviaire par mois. Comment voulez-vous que la confiance des Méganticois revienne? » de demander M. Dostie, qui a suggéré une solution à M. Garneau, soit l'aide humanitaire. « Car nous aussi, nous y avons droit, sommes-nous des humains? », a-t-il questionné, avant de lui donner un cadeau, un clou de voie ferrée qu'il gardait depuis de très nombreuses années.

M. Garneau lui a rétorqué qu'il allait regarder très sérieusement tous les détails de l'étude de faisabilité de la voie de contournement, et qu'il allait tout faire pour en accélérer le processus de réalisation, ce qui devrait rassurer et avoir un bon effet sur le bien-être des Méganticois. Mais il s'est bien gardé d'en garantir la moindre part de financement.

Le président de la CMQR défend la qualité de ses infrastructures

Le président de la Central Maine and Quebec Railway (CMQR), John Giles, n'a pu faire autrement que de surfer sur l'affirmation du ministre Garneau, en disant à son tour que la voie ferrée est pleinement sécuritaire, à Lac-Mégantic, selon les critères mêmes de Transports Canada, puisque ses trains ne voyagent qu'à 10 milles ou 16 km à l'heure.

« Si les rails sont conformes pour une catégorie 1 de sécurité, c'est une obligation pour nous de les accepter et de les déclarer conformes à cette certification. On n'a pas le choix. La compagnie choisit sa catégorie. La voie est alors apte à recevoir des convois qui vont à 10 milles ou 16 km à l'heure », avait confirmé le ministre Garneau quelques minutes auparavant.

M. Giles avait donc beau jeu, par la suite, pendant plus d'une heure, d'animer une présentation, montage powerpoint à l'appui, pour démontrer que son chemin de fer était primordial pour l'économie de la région de Mégantic, comment il payait des taxes pour ses infrastructures, se définissant comme un bon citoyen corporatif, mettant beaucoup d'accent sur la formation de son personnel quant à la sécurité de son mode de transport.

À propos de la Journée de la sécurité ferroviaire, suggérée par la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, pour le 6 juillet de chaque année, alors que la Semaine de la sécurité ferroviaire bat actuellement son plein, M. Giles a mentionné que ce n'est pas dans cet esprit que sa compagnie pense la sécurité, martelant que « cela ne changera pas grand-chose. La vraie défaillance dans ce qui est arrivé n'est pas à propos des infrastructures, mais est plutôt due à une erreur humaine. »

Il n'a pas hésité à évoquer ses relations d'affaires fructueuses avec Tafisa Canada, Logi-Bel, de Lac-Mégantic, et Akzo Nobel et NGL Supply Co. Ltd, pour justifier son importance.

Lorsqu'un citoyen l'a mis au défi de mettre de côté le transport du propane, comme il l'a fait pour le transport du pétrole, il a refusé net, disant avoir besoin des revenus de ce transport, même s'il s'avère aussi dangereux que celui du pétrole, pour rentabiliser son chemin de fer.

« Des milliers de personnes dépendent de nous pour les approvisionner en propane. Cela peut cependant se faire de façon sécuritaire », a-t-il dit.

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