Manon Massé préoccupée par le sort des enfants transgenres

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La députée de Québec Solidaire Manon Massé a obtenu une rencontre dans deux semaines avec le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx pour lui partager ses préoccupations concernant le traitement des enfants transgenres dans les écoles du Québec.

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(SHERBROOKE) La députée de Québec Solidaire Manon Massé a obtenu une rencontre dans deux semaines avec le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx pour lui partager ses préoccupations concernant le traitement des enfants transgenres dans les écoles du Québec. Si la Commission scolaire de Montréal a adopté des lignes directrices relatives aux élèves transgenres, la situation est bien différente dans plusieurs autres établissements.

Lundi, La Tribune dressait un état de la situation du chemin qu'il reste à parcourir dans le réseau scolaire estrien. Entre autres, le Collège Champlain a inauguré une salle de bain de genre neutre. À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, on n'envisage pas de prendre des mesures du genre. « Nous ne vivons pas ce genre de situation », rapportait-on. À celle des Sommets et celle des Hauts-Cantons, on mise surtout sur la sensibilisation.

« Les enfants doivent être au coeur de nos préoccupations. Il faut continuer de faire de l'éducation auprès de la population du Québec. Il y a encore des gens qui sont convaincus que les personnes trans ne sont pas normales. Les écoles primaires et secondaires sont des lieux privilégiés d'éducation. En lançant cette réflexion du devoir qu'ont les milieux primaires et secondaires d'accueillir les jeunes dans leur différence, nous faisons un travail pour déconstruire les préjugés. Lorsqu'une famille dira que son enfant est trans, le corps professoral sera mobilisé et ne fera pas de drame où il n'y en a pas », résume Mme Massé.

« J'ai participé à une rencontre d'Enfants transgenres Canada. Une vingtaine de parents étaient présents et je jure qu'ils ne venaient pas tous de Montréal. C'est peut-être méconnaître la réalité des enfants transgenres que de dire que ça n'arrive pas chez nous. Certains parents changent leur enfant d'école tellement ils sentent la fermeture du milieu. C'est donc plutôt une bonne nouvelle ce qui se passe au Collège Champlain », a-t-elle ajouté.

Manon Massé a aussi talonné la ministre de la Justice Stéphanie Vallée pour que la loi permette aux mineurs et aux personnes immigrantes transgenres de changer de nom et de sexe aux registres de l'état civil. En février, Mme Vallée affirmait que ce dossier lui tenait à coeur et que le travail était amorcé. « Nous travaillons à pouvoir présenter des pistes de solution rapidement », avait-elle déclaré à l'Assemblée nationale. Un projet de loi pourrait être déposé bientôt.

« Lors de l'étude du projet de loi 35 sur le changement de nom et de sexe aux registres de l'état civil, nous ne couvrions pas les mineurs et les non-citoyens. De façon unanime, nous avions convenu que la ministre s'attaquerait très rapidement à la question pour éliminer cette discrimination. Les enfants trans vivent de l'anxiété d'être découverts. Les codes permanents à l'école et la carte d'assurance maladie par exemple contiennent des codes genrés. L'enfant ne peut pas changer la mention de son sexe dans ces documents. »

Mme Massé se réjouit que la ministre soit à élaborer un projet de loi. « Ce sera une façon de permettre à ces enfants de vivre pleinement dans la dignité. Pour l'instant, le projet de loi est encore considéré comme une promesse, tant que je ne l'ai pas sur la table. Je ne le veux pas pour moi, mais pour ces enfants qui souffrent au quotidien et pour ces parents qui pensent que ça n'arrive qu'à Montréal. Il faut envoyer un message clair et pour l'instant, il y a encore un flou dans la loi, alors que cinq provinces canadiennes n'ont pas hésité à inclure les mineurs dans leur loi. »

Manon Massé reconnaît par ailleurs la bonne volonté de la ministre Vallée. « Je la sais sensible et elle répète qu'elle travaille le plus rapidement possible. Ce que je souhaite profondément, c'est que le projet ne bloque pas quelque part. »

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