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L'encan de Cabanon Innova... en anglais

L'encanteur Jason Haynes a soulevé l'indignation de plusieurs... (Spectre Média, Maxime Picard)

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L'encanteur Jason Haynes a soulevé l'indignation de plusieurs acheteurs présents à l'encan de Cabanon Innova en menant l'encan presque exclusivement en anglais.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) L'encanteur chargé de liquider les actifs de Cabanon Innova a soulevé la colère de nombreux acheteurs présents mardi matin dans les locaux de la compagnie, située sur le boulevard Bourque à Sherbrooke, lorsqu'il a décidé tenir l'encan... en anglais.

Le mécontentement s'est fait sentir dès le début de la mise aux enchères alors que l'encanteur effectuait la description des lots et appelait les enchères presque exclusivement en anglais. L'un des acheteurs présents, François Laflèche, d'Orford, s'est alors levé pour exiger que celui-ci s'adresse au public en français.

« Je lui ai dit qu'on était au Québec et que tout le monde ici parle français et que, par respect pour notre langue et les gens, il devrait parler français », a expliqué M. Laflèche, qui s'est dit outré par le sans-gêne de l'encanteur « Il m'a répondu que tout le monde connaît les chiffres en anglais et que les objets étaient projetés sur un écran géant pour que tout le monde puisse les voir... »

Selon M. Laflèche, l'encanteur aurait poursuivi les enchères en recourant davantage au français mais que le tout aurait duré 10 minutes avant de recourir à nouveau à l'anglais. « J'ai décidé de le filmer et de mettre tout ça sur ma page Facebook », a alors réagi M. Laflèche.

« L'Office de la langue française ne devrait pas tolérer ça. Ça mériterait une amende... ».

«Je ne suis pas péquiste du tout, je suis même fédéraliste au max.»

Michel Gaudreau

Présent lui aussi parmi la centaine d'acheteurs, Michel Gaudreau, de Compton, s'est lui aussi dit choqué par l'entêtement de l'encanteur à recourir à l'anglais, alors que l'encan se déroule au Québec.

« Je ne suis pas péquiste du tout, je suis même fédéraliste au max, a-t-il précisé, mais c'est notre langue. On a la chance d'avoir une belle langue. Si on veut qu'elle s'épanouisse, qu'elle soit populaire, faut faire en sorte qu'elle soit respectée là où elle est parlée », a fait valoir M. Gaudreau.

Position de l'encanteur

Appelé à expliquer pourquoi l'encan se déroulait presque exclusivement en anglais, le directeur de Crescent Encanteurs et Liquidateurs, Aziz Bennani, a justifié la situation par le fait qu'il voulait rejoindre le plus grand nombre possible d'acheteurs via Internet.

« C'est parce que tous nos encans sont aussi diffusés en direct sur le web. Au moment où je vous parle, il y a une centaine d'acheteurs potentiels qui sont branchés et qui suivent l'encan en même temps, soit aux États-Unis ou ailleurs au Canada. Il veulent pouvoir acheter eux aussi », a soutenu M. Bennani, dont la compagnie a son siège social à Ville Mont-Royal.

Gros encan

L'encan de Cabanon Innova mettait en vente plus de 800 lots dont l'inventaire avait été évalué à 1 M $. Outre la vingtaine de cabanons, on y dénombrait des centaines d'outils électriques, divers matériaux de construction ainsi que plusieurs véhicules de différentes dimensions.

René Leblanc, d'Epoxy Pro, était venu spécifiquement dans l'espoir de mettre la main sur un des camions de l'entreprise en faillite. « Ils ont l'air en assez bonne condition, a-t-il remarqué. Il y en a même un qui a moins de 100 000 kilomètres au compteur. C'est intéressant. Mais de là à dire qu'on va l'acheter, ça dépend des enchères », a-t-il toutefois précisé.

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