Val-Estrie confirme la suspension de ses activités

Les membres du conseil d'administration du Camp Val-Estrie... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

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Les membres du conseil d'administration du Camp Val-Estrie ont annoncé officiellement hier la suspension des activités de l'organisme pour la période estivale, période durant laquelle le comité de sauvetage se penchera sur les divers scénarios possibles de relance.

La Tribune, Maryse Carbonneau

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(WATERVILLE) Bien que le couperet ne soit pas encore tombé sur le Camp Val-Estrie, les administrateurs confirment qu'à moins de dénicher les partenaires dont l'organisme a besoin pour assurer sa pérennité, le camp de vacances jeunesse sera contraint de fermer ses portes à la fin de l'été.

« Un comité de sauvetage a été créé afin de revoir la vocation du site et d'analyser les divers scénarios et partenariats d'affaires possibles. C'est pourquoi on ne parle pas de fermeture, soutient Guillaume Brien, président de la corporation Espaces Jeunesse, l'organisme propriétaire du Camp Val-Estrie. Mais si nous sommes le seul joueur à porter le Camp Val-Estrie, il est certain qu'il n'y a pas de relance possible. »

Entre temps, les opérations estivales seront suspendues à compter de ce vendredi afin de respecter les derniers engagements et les activités prévues après cette date ont été annulées. On tient d'ailleurs à rassurer les parents ayant déjà versé un dépôt à la réservation qu'ils seront remboursés.

Selon Guillaume Brien, plusieurs éléments ont contribué à acculer l'organisme au pied du mur, dont la réduction importante des sorties scolaires, qui représentent environ le tiers des revenus du Camp Val-Estrie. « Les inscriptions aux camps de jour et aux camps de vacances ne sont pas au rendez-vous par rapport à ce que nous avions prévu au plan de relance », ajoute M.Brien. Un plan de relance qui avait pris forme il y a deux ans suivant l'arrivée en poste d'une nouvelle direction générale.

« Les dernières années, particulièrement depuis deux ans, on y arrivait mais aujourd'hui nous sommes rendus au bout, confie M.Brien. Est-ce que c'est une relance, un redressement ou un revirement? Chose certaine, de nouveaux partenaires seront impliqués dans l'action avec nous et certains ont déjà levé la main. Le potentiel est là. »

Une préoccupation régionale selon Waterville

« Le conseil municipal s'est toujours montré sympathique à l'égard du Camp Val-Estrie, d'où le congé de taxes accordé à l'organisme, mais jusqu'où pouvons-nous aller pour les aider, s'interroge la mairesse de Waterville, Nathalie Dupuis. Ce sont des infrastructures coûteuses qui répondent à un besoin régional et non local. De diriger l'énergie uniquement sur la municipalité ne règlera pas le problème. »

« C'est quand même difficile à comprendre de se faire annoncer une fermeture juste avant la saison forte », déplore Nathalie Dupuis, qui soutient que le camp de vacances présente un réel potentiel, non seulement pour la clientèle jeunesse, mais aussi pour les clientèles corporatives et familiales encore trop peu développées.

Des solutions alternatives

Soucieux d'offrir une issue tant aux parents qu'aux employés, le Camp Val-Estrie a fait appel à l'Association des camps certifiés du Québec (ACCQ) afin d'accompagner les parents dans le choix d'un autre camp, ainsi que d'aider les employés à se relocaliser à l'intérieur de leur réseau interne. Au total, une dizaine de permanents ont été mis à pied vendredi et une centaine de saisonniers devront se dénicher un nouvel emploi.

« D'apprendre que l'un de nos membres doit fermer ses portes, même si c'est temporaire, ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous aujourd'hui, partage Éric Beauchesne, directeur général de l'ACCQ. Au cours des 15 dernières années, nous avons assisté à la fermeture d'une vingtaine de camps de vacances, on en a perdu assez ! »

« Au moment où tout le monde parle de la lutte au déficit nature et la promotion du plein air comme mode de vie physiquement actif, nous souhaitons vraiment la relance du Camp Val-Estrie. Nous avons des lieux d'exception qui sont prêts à répondre à cette demande, il faut les protéger et les maintenir en fonction pour leur vocation. »

Que des perdants

Attristés, voire ébranlés par la fermeture temporaire du Camp Val-Estrie, de nombreux parents ont tout de même été heureux d'apprendre que le dépôt versé à la réservation leur sera remboursé. Une nouvelle qui met un petit baume sur une perte que tous jugent bien plus grande.

« Ça me réconforte, car même si le montant n'était pas bien grand, il représente tout de même le quart de notre budget annuel, mentionne Isabelle Lessard, responsable des castors du Groupe scout 27e Mena'Sen de Sherbrooke, dont la sortie était prévue en juillet prochain au Camp Val-Estrie. Déjà que c'est extrêmement difficile de se trouver un camp à ce temps-ci de l'année. Un camp qui est en plus abordable, c'est quasi impossible, mais c'est certain qu'on va essayer de trouver autre chose. On cherche! »

Il faut dire que, suivant une entente prise avec le Camp Val-Estrie, la colonie des castors avait eu droit à un rabais sur son séjour de quatre jours moyennant une corvée de nettoyage du site.

« Pour nous c'est vraiment dommage, car ça met en péril notre activité, mais c'est un moindre mal quand je pense à ce que vivent les gens du Camp Val-Estrie et aux gens qui ont perdu leur emploi, confie Mme Lessard. On souhaite vraiment que le camp demeure, car ils font du super bon travail! »

Des employés en quête de travail

Responsable de l'entretien extérieur et homme à tout faire, André Després se préparait à entamer sa 17e année au Camp Val-Estrie. Lui et son collègue de travail Yvon Rouillard étaient déjà en quête de nouvel emploi après avoir été mis à pied vendredi dernier pour la deuxième fois... en deux semaines. Les employés permanents auraient donc reçu, il y a deux semaines, les montants qui leur étaient dus, mais ne comptent pas être payés pour les deux journées travaillées suivant leur réembauche temporaire.

La relance, Yvon et André l'espèrent sans trop y croire, en se disant pourtant « qu'il n'y a encore rien de coulé dans le béton », et ce, même si l'achalandage continuait de diminuer au fil des ans.

« M. Bureau a tenu ça debout pendant 28 ans !, rappelle André Després en parlant de l'ex-directeur Bernard Bureau, qui a pris sa retraite en 2013. Aujourd'hui je pense à lui. De voir son bébé s'en aller comme ça, ça doit être terriblement dur pour lui. »

Croquarium garde le cap dans la tourmente

Locataire du Camp Val-Estrie, où l'équipe de Croquarium a déménagé ses bureaux en 2014 et inauguré trois jardins éducatifs, l'organisme spécialisé dans l'éducation alimentaire chez les jeunes entend poursuivre ses activités durant la période estivale comme prévu.

En fait, selon les échanges des derniers jours entre les organismes, Croquarium conservera ses bureaux et le droit d'utilisation des trois jardins, incluant les Jardins jeunes entrepreneurs et le Jardin collectif. Seule l'offre de service liée au jardin pédagogique dédié aux enfants pourrait ou non être impactée par la suspension temporaire des activités du Camp Val-Estrie. Cette offre ne représenterait d'ailleurs qu'une infime partie des services offerts par Croquarium à travers le Québec.

Membre du comité de relance mis en place par le Camp Val-Estrie afin d'assurer sa pérennité, Croquarium pourrait toutefois être appelé à revoir la place qu'il entend occuper dans l'avenir du site.

« On espère vraiment que ce beau joyau qu'est le Camp Val-Estrie ou peu importe ce qu'il deviendra pourra rester intact et servir encore et toujours à la communauté à des fins éducatives », déclare Martine David, directrice générale de Croquarium.

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