Femmes trans: 1500 fois plus risqué de se faire tuer aux É-U

Selon Aide aux trans du Québec, 8,3 pour cent des femmes trans aux États-Unis... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Selon Aide aux trans du Québec, 8,3 pour cent des femmes trans aux États-Unis courent le risque de se faire tuer alors que le taux normal est de 0,005 %. C'est 1500 fois plus élevé.

«Les femmes trans à travers le monde, particulièrement les femmes trans racisées, sont actuellement victimes d'une terrible épidémie de meurtres», souligne Dominique Dubuc, professeure de biologie au Cégep de Sherbrooke et membre de la Table nationale de lutte contre l'homophobie et de transphobie des réseaux de l'éducation.

Bruce Springsteen et le Cirque du Soleil annulaient récemment des concerts prévus en Caroline du Nord pour dénoncer une loi récemment promulguée dans cet État et jugée discriminatoire envers les personnes transgenres. Cette nouvelle loi impose l'utilisation des toilettes publiques correspondant à l'identité sexuelle à la naissance.

Il reste des combats au pays. «Au Canada, il n'y a pas de crimes haineux en lien avec le fait d'être trans alors que ça existe pour l'homosexualité, le racisme et la religion. En fait l'identité de genre ne se trouve ni dans la Charte des droits et libertés canadienne ni dans la charte québécoise», note Mme Dubuc.

Selon Aide aux trans du Québec, 1 pour cent de la population ressent un inconfort de quelques ordres vis-à-vis leur genre. Généralement, une personne sur 4000 aura recours à un traitement médical face à cet inconfort de genre et une personne sur 6000 effectuera une transition pour vivre complètement dans le genre de son choix.

Difficile de savoir combien de personnes transgenres fréquentent le Cégep de Sherbrooke, mais la professeure en connaît une dizaine. «C'est juste autour de moi. Et il y a tous ceux qui sont dans le placard», glisse-t-elle.

Une étude nationale

Voici quelques chiffres qui ressortent d'une étude nationale intitulée Être en sécurité, être soi-même, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Cette étude, la première et la plus grande de son genre au Canada, a rencontré 923 jeunes trans âgés de 14 à 25 ans.

Presque deux jeunes sur trois ont déclaré s'être automutilés durant l'année passée. Plus du tiers avaient fait une tentative de suicide;

70 % des participants ont dit avoir fait l'objet de harcèlement sexuel;

36 % des participants plus jeunes (14 à 18 ans) avaient été menacés physiquement ou blessés durant l'année passée;

Le tiers des jeunes n'avaient pas d'adulte dans sa famille à qui parler de ses problèmes, et sept sur dix estimaient que leur famille ne les comprenait pas;

Seulement 15 % des jeunes qui avaient un médecin de famille ont dit être à l'aise pour discuter de leurs besoins médicaux propres à leur statut trans;

Le tiers des participants plus jeunes (14 à 18 ans) et la moitié des plus âgés (19 à 25 ans) ont indiqué qu'ils n'avaient pas reçu des services de santé physique nécessaires durant l'année passée, et ils étaient encore plus nombreux à n'avoir pas reçu des services de santé mentale nécessaires.

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