Le curé Jolicoeur revient sur ses 40 ans de prêtrise

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(Sherbrooke) Âgé de 68 ans, le prêtre Robert Jolicoeur admet d'emblée qu'il n'est pas le doyen des 13 prêtres qui résident à la Basilique-Cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, mais il lui apparaissait particulièrement important de souligner son 40e anniversaire d'ordination lundi.

Éprouvé par la maladie et des problèmes de santé au cours des dernières années, l'ancien curé estime qu'il vaut mieux célébrer pendant que le temps lui permet toujours de le faire.

« Quelque chose me dit que je ne pourrai pas fêter mon 50e. Peut-être que c'est faux, mais une voix intérieure me dit que je ne me rendrai pas jusque-là. J'en profite donc pour en faire un beau moment », mentionne celui qui a été ordonné prêtre le 25 avril 1976.

Le temps, en partie, mais surtout la fierté du devoir accompli le poussent à regarder tout le chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui.

« Célébrer mon 40e anniversaire d'ordination, c'est d'abord une source de grande joie et de fierté, parce que dans un monde où il y a beaucoup de gens qui quittent, que ce soit dans le mariage ou d'autres engagements, j'ai la fierté d'avoir duré. Pour moi ce n'est pas banal. Je me couche le soir et je suis très très fier de moi. C'était important de souligner mon 40e, parce que j'ai eu le courage de rester. »

Bien que 40 ans ont passé « depuis ce merveilleux jour de printemps, où il faisait 18 degrés à l'ombre », c'est toujours avec des trémolos dans la voix que Robert Jolicoeur raconte la journée où il a été accueilli dans la fratrie du clergé.

« Je me disais Robert, à partir d'aujourd'hui, tu vas donner Jésus au monde et ça me fascinait. »

Un rôle qui venait avec ses joies, mais aussi ses peines comme on l'a rapidement fait remarquer à l'abbé.

« Deux ou trois jours avant mon ordination, je suis allé chez les moines à St-Benoit-du-Lac. Je voulais faire une petite retraite pour réfléchir à mon engagement. Devant mon enthousiasme, le père Dom Vidal m'a dit : ''vous savez, frère Joliceur, votre joie aujourd'hui est jeune et belle comme celle des disciples de Jésus au début, et c'est bien qu'il en soit ainsi, mais n'oubliez pas une chose, c'est que la route sera longue. Il y aura beaucoup de joies, mais aussi des peines.'' »

C'était principalement vrai lorsque est venu le temps de quitter les deux paroisses où il a communié pendant plus de 12 ans, dont celle de la paroisse Saint-Roch, dans l'arrondissement Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, où il a officié sa dernière messe en août 2014.

« Mes joies, elles, je les trouvais dans le quotidien apparemment sans histoire. J'en avais des centaines de joies, comme quand j'allais rencontrer des petits punks dans la gare désaffectée à Sherbrooke ou quand je rencontrais quelqu'un dans un centre de détention. Les paroissiens, c'était toute ma vie, soutient non sans peine Robert Jolicoeur. Les deux fois où j'ai quitté des paroisses, pratiquement de force, ça me rendait malade au plus haut point, surtout quand je voyais plein de curés qui eux étaient renouvelés après 12 ans et qui faisaient 16 ans ou 18 ans au même endroit. J'ai failli en mourir chaque fois. Je ne nie pas qu'on crée de nouveaux liens et que c'est positif, mais je m'étais attaché aux gens, aux populations que j'ai servies. »

Loin de s'attribuer le mérite de ses 40 services, Robert Joliceur souligne que c'est en partie grâce à ces derniers s'il a pu en faire autant.

« Si j'ai duré, c'est que j'étais entouré de beaucoup d'amitié. C'est ce qui m'a permis de passer à travers le temps. C'est incroyable comment j'étais entouré de bonté, de générosité et de compassion. Des fois tu donnes, mais en même tu reçois le double ou le triple de ce que tu as donné aux gens. »

Il a toutefois fait son deuil d'une paroisse bien à lui, ce qui ne l'empêche pas de continuer d'être actif. En cette année de la miséricorde déclarée par le Pape François, Robert Joliceur anime chaque dimanche à la cathédrale, de 13 à 16 h, un pèlerinage de la miséricorde. Il continue également à enregistrer des émissions pour La victoire de l'amour sur le réseau TVA.

« Le jour où j'ai été atteint dans mon corps par la maladie, c'est là que j'ai compris que je ne pouvais plus offrir à une population ce dont ils sont en droit de s'attendre d'un curé à temps plein. J'aimerais ça avoir une paroisse, oui les paroissiens me manquent, mais quand je suis lucide, je sais que je ne peux pas. Ça ne m'empêche pas de faire autre chose et de poursuivre ma route, mais différemment et à un rythme moins soutenu. »

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