De la médiatisation à l'ouverture

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Intervenante en prévention, éducation et promotion de la santé chez Iris Estrie, Stéphanie Roy travaille notamment au sein du projet Caméléon, qui s'adresse aux personnes transgenres, transsexuelles et travesties.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Les initiatives se multiplient dans le monde de l'éducation afin de soutenir les jeunes transgenres. À Sherbrooke, le Cégep de Sherbrooke et le Collège régional Champlain (CRC) de Lennoxville ont mis différentes mesures en place. Le Collège régional Champlain (CRC) de Lennoxville a récemment inauguré des salles de bain non genrées au sein de son établissement. Le Cégep de Sherbrooke compte également des salles de bain « individuelles et neutres ».

De plus, les personnes qui en font la demande peuvent avoir accès à un vestiaire neutre pour leur cours d'éducation physique, en faisant la demande.

L'Université Bishop's se penche aussi actuellement sur la question. Elle est en train de déterminer les salles de bain qui peuvent être non genrées, précise la doyenne aux affaires étudiantes, Jackie Bailey. Une formation doit également être préparée pour des étudiants bénévoles, et ce, avec l'aide des étudiants transgenres.

L'Université de Sherbrooke est « un peu en retard » dans ce domaine, constate Nancy Tétreault, membre active de l'AGLEBUS (Association pour la diversité sexuelle et de genre de l'Université de Sherbrooke) et employée.

« L'UdeS est très ouverte selon les échanges qu'on a eus. On ne se met pas la tête dans le sable. On n'a pas eu de demandes de gens qui sont venus cogner à notre porte. » L'accessibilité à l'information doit notamment être améliorée, souligne-t-elle.

L'année 2015 a fait en sorte de mettre à l'avant-plan un sujet dont on entendait peu parler auparavant. Il y a eu l'histoire très médiatisée de Caitlyn Jenner (ancien athlète masculin), la présence de l'actrice trans Laverne Cox dans certaines téléséries comme Orange is the New Black qui ont mis cette réalité sous les projecteurs.

Intervenante en prévention, éducation et promotion de la santé chez Iris Estrie, Stéphanie Roy évalue qu'environ 43 personnes transgenres l'ont contactée depuis janvier 2015. « C'est énorme. Depuis un an, on en parle vraiment beaucoup (...) Il y a une plus grande ouverture tout d'un coup. On voit la différence, moi je la sens vraiment. »

Avant, dit-elle, on voyait surtout les sorties de placard chez les 45 ans et plus. Depuis plus d'un an, on entend l'histoire de jeunes de 13, 15, 18 ans... « Certains professeurs sont plus à l'écoute de ça. Ils le voient, s'en rendent compte, ils recommandent aux jeunes d'aller voir des psychologues... Ça aide à faire une transition. »

Difficile d'apposer des chiffres précis sur la réalité trans. « L'année passée, on a aidé trois jeunes qui ont fait une transition. On est là pour les aider là-dedans », raconte Anabel Piñero, coordonnatrice de SEXed, un groupe d'éducation sexuelle par les pairs au CRC de Lennoxville.

« Souvent, ce sont des personnes qui ont eu des processus de questionnement dès l'enfance. Finalement, elles ont pris la décision de vivre le genre qu'elles ressentent... »

Dans la foulée, le CRC de Lennoxville a été confronté à d'importantes questions. Un étudiant ayant changé de sexe devait-il habiter avec la gent masculine dans la résidence ou avec la gent féminine? Pour cette fois-ci, les responsables n'ont pas eu à trancher, car l'étudiant en question a décidé d'aller vivre en appartement. La situation a du même coup soulevé d'autres questions : doit-on déclarer aux colocataires que la personne est transgenre? « On était rendu à ce point-là dans la réflexion, mais on n'a pas eu à la compléter. »

Saviez-vous que...

Les jeunes trans sont 7 fois plus à risque de se suicider

(ceux victimes de violence physique, verbale, psychologique);

36 % des jeunes trans ayant fait 1 tentative avaient moins de 15 ans;

33,3 % ont déjà attenté à leur vie;

Au moins 38 % déclarent ne pas se sentir en sécurité à l'école

en raison de leur expression de genre;

96 % rapportent avoir entendu des commentaires négatifs

au sujet de l'expression de genre.

Sources : Trans Pulse.ca et ATQ (qui spécificie que les données proviennent

de diverses sources et différents pays)

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