Être trans au Cégep

Dominique Dubuc est professeure de biologie au Cégep... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Dominique Dubuc est professeure de biologie au Cégep de Sherbrooke et membre de la Table nationale de lutte contre l'homophobie et de transphobie des réseaux de l'éducation.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Par le passé, la transition médicale était un passage obligé pour pouvoir faire changer la mention de sexe sur ses papiers d'identité. Ce n'est plus le cas dans plusieurs législations à travers le monde, dont le Québec, depuis le 1er octobre 2015.

« C'est rendu assez simple de faire le changement. Il y a un formulaire à remplir. C'est un grand pas de fait. Par contre, cette nouvelle loi s'applique seulement aux personnes majeures et aux citoyens canadiens », indique Dominique Dubuc, professeure de biologie au Cégep de Sherbrooke et membre de la Table nationale de lutte contre l'homophobie et de transphobie des réseaux de l'éducation.

Or, la plupart des étudiants au Cégep sont mineurs. Et certaines personnes transgenres qui fréquentent l'établissement sont des réfugiées qui ont fui leur pays parce que, justement, elles étaient persécutées pour leur transidentité.

« Ça cause des problèmes, car le nom qui apparaît sur la liste des étudiants est alors celui inscrit sur l'acte de naissance », note Mme Dubuc.

L'entourage sera porté alors à utiliser le mauvais pronom ou les mauvais accords en parlant d'une personne trans (mégenrer). Et les gens utiliseront le prénom assigné à la naissance d'une personne qui l'a changé depuis (morinommer). Sans compter le malaise et l'ostracisme que cela peut engendrer.

Depuis l'automne 2014 au Cégep de Sherbrooke, il est possible de changer le nom légal qui apparaît sur la carte étudiante par le nom d'usage.

L'établissement travaille égale-

ment à changer les façons de faire pour ses listes d'étudiants, afin de faire en sorte que lorsque l'enseignant reçoit sa liste d'étudiants, il puisse y trouver le bon nom d'usage

d'un élève transgenre. Au Collège régional Champlain (CRC) de Lennoxville, les listes d'étudiants sont modifiées manuellement pour que le nom choisi par l'étudiant trans y figure.

« C'est ce que le Collège doit faire si l'étudiant n'a pas fait de changement de nom à l'État civil. La liste des étudiants doit correspondre exactement à celle du ministère de l'Éducation donc tout changement dans nos systèmes internes (ceux qui génèrent la liste des classes, les cartes d'identité officielles, etc.) doivent être changées manuellement », résume Anabel Piñero, enseignante et coordonnatrice de SEXed.

L'identité de genre n'est pas visible; « elle passe vraiment à l'intérieur de toi », commente Stéphanie Roy, intervenante chez IRIS Estrie. « Pour ces personnes-là, le pronom est tellement important. Quand certains ne le font pas (interpeller la personne par le prénom qui correspond à sa véritable identité de genre), c'est vraiment dur pour ces personnes-là, c'est tout un pas de recul. »

Et à ceux qui se demanderait pourquoi des toilettes non genrées...

« Le jeune doit aller dans la toilette dans laquelle il se sent confortable. Point. C'est de l'auto-identification. Sinon, certains se retiennent toute la journée pour ne pas aller aux toilettes. Ils ne peuvent pas se concentrer sur leurs études. C'est pas pour rien que les personnes transgenres sont nombreux à se ramasser dans la rue », commente Mme Dubuc en parlant du « syndrome de la toilette ».

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