Transgenre

Réalité transgenre: de la robe de bal... au complet

On en entendait très peu parler, mais les... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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On en entendait très peu parler, mais les choses sont en train de changer. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, le sort des personnes transgenres - ces personnes qui ne s'identifient pas au sexe qu'elles avaient à la naissance - occupent de plus en plus d'espace.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) On en entendait très peu parler, mais les choses sont en train de changer. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, le sort des personnes transgenres - ces personnes qui ne s'identifient pas au sexe qu'elles avaient à la naissance - occupent de plus en plus d'espace. La Tribune s'est intéressée à leur histoire, aux obstacles qu'elles rencontrent, mais aussi aux mesures mises en place dans le milieu de l'éducation afin de les soutenir.

Gabriel est passé à travers diverses étapes pour... (Spectre Média, Julien Chamberland) - image 1.0

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Gabriel est passé à travers diverses étapes pour passer du sexe féminin au masculin. L'étudiant du Collège Champlain a accepté de nous raconter son histoire

Spectre Média, Julien Chamberland

Quand Judith s'est rendue à son bal de finissants, elle aurait préféré porter un complet, mais elle a décidé de porter une robe de bal, comme prévu. L'épisode a toutefois marqué la fin d'un chapitre de sa vie. Judith a décidé de vivre qui elle était pleinement. Aujourd'hui, à 22 ans, Judith s'appelle maintenant Gabriel. Le jeune homme a accepté de nous raconter son histoire et le parcours suivi pour vivre pleinement sa vraie identité.

Certains le savent dès l'enfance : ils ont l'impression de ne pas être nés dans le bon corps. « Je portais des robes quand j'étais jeune, et ça ne me dérangeait pas... L'identité de genre était assez flexible. »

Son cheminement s'est fait graduellement, en réalisant d'abord son homosexualité. Mais il y avait tout de même « quelque chose qui clochait », raconte-t-il en disant avoir vécu une période où il s'est isolé.

« Après ça a été un peu plus facile. J'ai commencé à faire mes pas personnels, à m'acheter des vêtements plus masculins. En décembre 2012, je l'ai dit à mon père. Ma mère, je la mettais déjà au courant. »

Gabriel a la chance d'avoir des parents ouverts d'esprit. Au point où sa mère lui a offert de porter un complet pour son bal de finissants, mais comme la robe était déjà achetée, la finissante qu'elle était alors a décidé de porter sa robe de bal.

« La famille est tellement importante quand tu prends une décision comme celle-là. Je dis décision... C'est un mot que les gens mélangent souvent, ils disent : ''C'est la décision que tu as prise.'' La seule décision que j'ai prise, c'est de vivre. C'est vraiment à ce point-là. » Les choses se sont bien passées. « Je me suis dit que les gens qui allaient trouver ça weird ou être offusqués, ce sont eux qui vont débarquer et que je n'ai pas besoin d'avoir dans ma vie. Les gens qui ont accepté le fait, ils sont encore amis avec moi. »

La transition s'est mise en branle, afin que Judith devienne Gabriel : il a coupé ses cheveux, s'est mis à porter des vêtements plus masculins, à tenter de baisser sa voix...

Afin de subir les transformations physiques, il fallait d'abord obtenir un diagnostic de dysphorie de genre, soit un désaccord entre le sexe biologique et l'identité de genre.

S'en est suivi un traitement d'hormonothérapie (la prise de testostérone) et une double mastectomie. Les modifications chirurgicales vont pour sa part s'arrêter là.

Parallèlement, tout en se butant à plusieurs obstacles et avec les modifications législatives entrées en vigueur l'automne dernier, il a aussi fait modifier son nom et la désignation de son sexe sur son acte de naissance et ses cartes d'identité. « Ton identité est projetée par tes cartes d'identité », souligne-t-il.

Les choses vont bien. Plusieurs fois au cours de notre entretien, il soutient qu'il a de la chance : il a pu compter sur le soutien de sa famille et dans son cas, le processus a pu être fait rapidement, ce qui est loin d'être le cas de toutes les personnes transgenres.

Alors qu'il était étudiant au Cégep de Gaspé, il a témoigné publiquement de sa réalité, s'est mis à faire des conférences. Il est aujourd'hui pair aidant dans le groupe SexEd, au Collège régional Champlain de Lennoxville, et fait parfois des conférences. « Je peux aider d'autres personnes. »

« La personne que j'étais avant, c'est la même. Ça n'a jamais vraiment changé. La seule chose qui a changé, depuis que j'ai fait un coming out, je suis plus calme, plus posé. Je suis moins chaotique. C'est ce que ça m'a fait la transition, ça m'a stabilisé. Je n'ai plus besoin de me justifier. »

On vit dans une société où les enfants suivent une ligne rose ou une ligne bleue, et où le chemin à suivre est dicté. Le parcours de Gabriel lui fait cependant dire qu'il avait pleinement le choix de son identité.

*Le prénom de l'étudiant a été changé afin de préserver son identité.

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