• La Tribune > 
  • Actualités 
  • > Quatre ans de prison pour Raif Badawi: c'est «beaucoup» pour ses enfants, dit Ensaf Haidar 

Quatre ans de prison pour Raif Badawi: c'est «beaucoup» pour ses enfants, dit Ensaf Haidar

Ensaf Haidar... (Photo La Presse)

Agrandir

Ensaf Haidar

Photo La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne
Montréal

Amnistie internationale soutient que le Canada devrait davantage soigner sa réputation de défenseur des droits de la personne que respecter sa signature sur des contrats militaires.

Prenant la parole jeudi lors d'une manifestation à Montréal pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi, la directrice exécutive d'Amnistie internationale au Canada francophone, Béatrice Vaugrante, a estimé que les pays occidentaux «devraient peut-être revoir leur stratégie de relations diplomatiques avec l'Arabie saoudite».

M. Badawi, qui n'est pas un citoyen canadien, est emprisonné depuis quatre ans dans son pays pour le contenu de ses blogues. Il a été condamné en 2014 à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet. Il a reçu les 50 premiers coups en janvier 2015, mais il semble que ce châtiment corporel ait été suspendu depuis - du moins de façon informelle.

Il y a deux semaines, le premier ministre Justin Trudeau soutenait qu'il ne fallait pas agir «trop vite» dans ce dossier, pour éviter de possibles «conséquences néfastes». La femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, a plaidé jeudi, lors de la manifestation à Montréal, que quatre ans, c'est déjà «beaucoup» pour elle et ses enfants.

Mme Haidar, qui vit à Sherbrooke avec les enfants du couple, voudrait que le gouvernement canadien parle directement avec le roi et le prince saoudiens. La Saoudienne, qui parle à son mari «une ou deux fois par semaine», a écrit un livre sur ses années de mésaventures, qui devrait bientôt paraître au Québec.

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau a décidé récemment de maintenir le contrat de 15 milliards $ conclu par les conservateurs avec l'Arabie saoudite pour la vente de véhicules blindés légers. Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a expliqué que l'annulation du contrat pourrait entraîner des «amendes salées» et qu'il importait peu, pour Riyad, que l'équipement vienne du Canada ou d'ailleurs.

Amnistie internationale estime que ces blindés «peuvent nuire à la vie civile» en Arabie saoudite et que ce seul risque devrait être suffisant pour annuler le contrat. «Il est temps, vraiment, que le Canada soit en ligne avec sa réputation de défenseur des droits humains, et non pas sa réputation d'honorer des contrats commerciaux», a estimé Mme Vaugrante.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer