Centennial : Sévigny voit peu d'avenir en salle intermédiaire

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Bernard Sévigny est catégorique. Le projet de salle intermédiaire au centre-ville demeure sur les rails.

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(SHERBROOKE) Le conseiller municipal et président du comité de la culture Pierre Tardif demande à la Ville de Sherbrooke d'évaluer la possibilité d'héberger la salle de diffusion intermédiaire projetée au centre-ville au Théâtre Centennial. Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, n'exclut pas cette possibilité mais laisse à peine un doute raisonnable.

« Je suis certain que ça ne cadre pas à 100 %, mais il faut regarder l'opportunité qui se présente », fait valoir M. Tardif. « Je veux que la Ville

fasse son travail et nous revienne avec les possibilités. »

« Nous ne pouvons pas nous empêcher de réfléchir, rétorque Bernard Sévigny. Mais la salle intermédiaire serait conçue pour la jeunesse, avec une scène centrale,

et elle répondrait à des objectifs de revitalisation du centre-ville. » Néanmoins, le comité exécutif étudiera la proposition.

« La nouvelle salle s'inscrit dans la politique culturelle de la Ville. Elle serait adjacente au Centre des arts de la scène Jean-Besré. Il y a d'autres objectifs que de seulement remplir une salle vide. Je ne dis pas qu'il ne faut pas y réfléchir, mais cette possibilité a sans doute été analysée quand nous avons fait le tour des lieux de diffusion et que nous avons établi qu'il fallait une salle pour la jeunesse. Le plan de match n'est pas modifié. »

Bernard Sévigny est catégorique. Le projet de salle intermédiaire demeure sur les rails. « Là où le maire veut investir dans les prochaines années, c'est au centre-ville. Il y a une portion de la Wellington Sud qui se meurt depuis des années. Nous verrons ce qui se passera dans les prochaines semaines, mais nous continuons à travailler le projet. »

La salle de diffusion intermédiaire est un projet d'environ 8 M$ mené par Côté Scène, qui doit encore boucler une partie du financement. Une réponse est toujours attendue du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour le budget de fonctionnement récurrent. « Partout ailleurs, le CALQ absorbe les coûts de fonctionnement. Nous essayons de trouver la formule pour que tout le monde soit à l'aise. Nous ne voulons pas que la Ville soit le dindon de la farce et soit la première à assumer ces frais. »

Le maire Sévigny s'est par ailleurs dit déçu de la fin de la programmation professionnelle au Centennial. « Nous comprenons que c'est une décision du C.A. Est-ce qu'il y a un signal envoyé aux autorités là-dedans? »

Pas d'aide permanente

La Ville avait toutefois été ferme : elle offrait une aide financière ponctuelle l'an dernier, mais cette contribution ne deviendrait pas permanente. Si elle a été tenue au courant de l'évolution du dossier, la Ville n'a pas reçu de nouvelle demande de financement de la part de l'Université Bishop's.

Aux yeux de la directrice générale de Côté Scène, Lilie Bergeron, il est prématuré de s'avancer sur le sujet du partenariat avec le Centennial,notamment parce que le dossier est très complexe.

Elle souligne que le mandat premier de Bishop's est l'éducation. « On est à l'intérieur d'un établissement qui doit répondre à des exigences précises... Pour être un diffuseur spécialisé à l'enfance et à la jeunesse, il faut avoir le plein contrôle sur notre programmation. Imaginez s'il est à l'intérieur d'une structure où le mandat premier est l'éducation », avance-t-elle.

« Je suis triste de voir qu'on fait des amalgames alors que la perte qu'on subit est très grave », commente Mme Bergeron en ajoutant que l'institution a permis de voir « les plus grands danseurs du Québec » et a permis d'élever l'offre culturelle.

« Luce Couture (la directrice générale du Centennial) avait l'audace de programmer des choses qu'on ne voit pas ailleurs. »

En raison de sa situation financière, Bishop's a annoncé qu'elle mettait fin à la programmation professionnelle du Théâtre Centennial en 2016-2017. Le vice-principal académique Miles Turnbull (et non Mike comme nous l'écrivions mardi) a indiqué que l'établissement n'avait pas réussi à obtenir le financement externe nécessaire, soit environ 150 000 $. Rappelons que la saison 2015-2016 avait été sauvée in extremis, notamment grâce à un plan de sauvetage auquel a participé notamment la Ville de Sherbrooke.

Aux yeux de la présidente du Conseil de la culture en Estrie (CCE), Sylvie L. Bergeron, la disparition de la programmation professionnelle au Centennial soulève de nombreuses questions. Y a-t-il trop de salles à Sherbrooke? Sont-elles trop grandes? lance-t-elle tout en disant prôner une grande offre culturelle. « Plus on est confronté à la culture, plus on va développer son sens culturel... » Elle s'interroge également sur une concertation plus grande entre les diffuseurs, par exemple par une mutualisation de services.

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