Centennial: des conséquences dramatiques pour le milieu de la danse

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L'artiste d'origine sherbrookoise Jim Corcoran avait accepté d'être le co-porte-parole d'une campagne de sociofinancement visant à soutenir le Centennial l'an passé, aux côtés de la danseuse et chorégraphe Louise Lecavalier.

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(SHERBROOKE) « C'est un triste jour, un jour de deuil pour la danse au Québec. »

Pour la directrice de l'organisme La danse sur les routes au Québec, Paule Beaudry, « les milieux de la culture et de la danse ont beaucoup plus à perdre que la somme qui sera épargnée par cette décision ». « La disparition du Centennial est dramatique, à la fois pour les étudiants et pour la communauté de Sherbrooke, et cela va fragiliser les milieux de la danse et de la musique », a commenté Mme Beaudry.

L'organisme, présidé par la directrice générale du Centennial Luce Couture, soutient l'accroissement de la diffusion de la danse au Québec.

Aux yeux de Mme Beaudry, avec la fin de la programmation, l'offre en danse sera presque réduite à zéro à Sherbrooke, le Centre culturel de l'Université de Sherbrooke ayant diminué son offre ces dernières années. Heureusement, dit-elle, qu'il existe des compagnies comme Sursaut, qui fait de la création.

Le chanteur Jim Corcoran a étudié à Bishop's de 1970 à 1973. Il a terminé cette année-là avec un baccalauréat en français et en philosophie. Au Centennial, il a vu des groupes comme Fleetwood Mac... avant qu'il ne connaisse un succès planétaire.

« C'était un théâtre qui s'investissait dans les talents peu connus autant que les talents établis », se remémore-t-il.

Tout en disant ne pas connaître la logique de cette décision, Jim Corcoran a fait valoir qu'il « ne faut pas pénaliser les gens qui ont de l'audace ». « On ose espérer que dans un milieu universitaire, l'audace et la recherche sont récompensées, et non pénalisées. »

« J'arrive d'une époque où quand je passais devant une salle de spectacle et que je ne connaissais pas le nom de l'artiste qui était affiché, ça m'incitait à y aller », raconte celui qui a été parrain de la campagne de sociofinancement du Centennial l'an passé, aux côtés de la danseuse et chorégraphe Louise Lecavalier.

Aujourd'hui, renchérit-il, afin de remplir les salles, il faut que le public connaisse les artistes qui grimpent sur scène. « Il faut qu'il y ait des salles qui ont le mandat d'éduquer et non de marchander le populaire. »

«On ne doit pas mélanger les dossiers et éviter de comparer le Centennial à la salle de diffusion intermédiaire que nous espérons toujours.»

Diane Délisle

Dix chorégraphes qui se décrivent comme des « artistes de la danse » appelés à présenter un spectacle en 2016-2017 au Centennial ou à y tenir résidence avaient envoyé une lettre au président du conseil d'administration de Bishop's, Robert Hall, « en urgence et en dernier recours ». Ces derniers étaient appuyés par le Regroupement québécois de la danse. Cet organisme a aussi décrié la décision lundi, au côté de La danse sur les routes du Québec. 

La nouvelle survient alors que le théâtre doit célébrer ses 50 ans en 2017; il avait été inauguré en janvier 1967.

Le Centennial avait d'abord été construit pour répondre aux besoins de l'institution, des étudiants et des professeurs. Les premières séries de spectacles ont vu le jour dans les années 1970. Au départ, le Centennial s'adressait à la communauté anglophone de la région, avant de se mettre à attirer les spectateurs francophones.

Au fil des ans, des artistes d'envergure ont foulé ses planches : l'acteur Patrick Swayze, Loreena McKennitt, Fleetwood Mac... 

Le Centennial a traversé une période de turbulences durant les années 80. En pleine période de compressions et de récession, Bishop's n'était plus en mesure d'assumer à elle seule la présentation des spectacles. La direction avait convaincu les gouvernements de soutenir financièrement le Centennial.

La salle de 550 sièges a fait l'objet d'importants travaux de rénovation en 2006.

« Je trouve ça malheureux », a pour sa part commenté le président du comité de la culture de la Ville de Sherbrooke et conseiller municipal Pierre Tardif. Ce sont des spectacles qui ne s'offraient pas ailleurs. »

Au conseil municipal, la conseillère Diane Délisle s'est elle aussi dite attristée de perdre un « équipement culturel ». « On ne doit pas mélanger les dossiers, a-t-elle prévenu, et éviter de comparer le Centennial à la salle de diffusion intermédiaire que nous espérons toujours. »

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