La guignolée des cégeps, une tradition en devenir

Deux professeurs derrière la Guignolée des cégeps, Keith... (Spectre média, Frédéric Côté)

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Deux professeurs derrière la Guignolée des cégeps, Keith Éthier-Delorme et Véronique Grenier.

Spectre média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) C'est en voie de devenir une tradition : plus de 500 étudiants du Cégep de Sherbrooke sillonneront la ville cette semaine afin de recueillir des denrées pour Moisson Estrie. Depuis le début de cette activité il y a quatre ans, l'équivalent de 10 000 sacs d'épicerie ont été amassés. Pour la cinquième édition l'an prochain, les responsables sherbrookois souhaitent rendre l'événement provincial.

L'an passé, l'initiative qui réunit notamment des professeurs et des étudiants de l'institution a permis d'amasser plus de 19 500 $ et l'équivalent de plus de 3000 sacs d'épicerie. Cette année, au total, environ 600 personnes prendront part à cette guignolée printanière.

L'un des professeurs responsables de cet élan de solidarité, Keith Éthier-Delorme, raconte que les organisateurs souhaitent notamment implanter l'événement à Montréal, souligne-t-il en entrevue aux côtés de la professeure de philosophie Véronique Grenier. « Mailler des cégeps et des banques alimentaires, c'est un peu compliqué. On va finir par y arriver. On a bon espoir que ça puisse fonctionner l'an prochain. »

L'événement ne vise pas qu'à regarnir les tablettes de Moisson Estrie, qui sont peu remplies à cette période de l'année. Les professeurs en profitent pour jaser d'iniquités, entre autres.

« Ça leur donne des outils pour asseoir leur réflexion philosophique, sur la responsabilité de l'État, la responsabilité collective », commente Keith Éthier-Delorme.

En plus recueillir des denrées et de l'argent, les étudiants font également du bénévolat pour l'organisme qui rayonne à la grandeur de la région, de Sherbrooke à Lac-Mégantic.

Véronique Grenier raconte que des étudiants sont allés faire l'épicerie avec des gens chez Moisson Estrie. Ils avaient un budget à respecter. « Ils ont trouvé l'expérience éprouvante », raconte celle qui est aussi auteure et blogueuse.

Pour la directrice de Moisson Estrie, Geneviève Côté, cet élan de solidarité arrive dans une période creuse. Geneviève Côté insiste d'ailleurs pour souligner toute sa reconnaissance envers les professeurs, qui ajoutent toute cette organisation à leur cours.

Lorsque le professeur Jonathan Mayer l'avait approchée en vue d'organiser l'événement, la directrice raconte qu'elle et son équipe songeaient déjà à organiser une guignolée en plein été. « On est généreux à Noël, mais il y a tout le reste de l'année... » « Le cannage permet de se rendre au moins jusqu'à la fin août, début septembre. »

« On est à pleine capacité depuis un an. On est limité dans notre espace pour accueillir les demandes supplémentaires », précise Geneviève Côté. Parallèlement, les besoins sont tellement grands que l'organisme doit revoir les barèmes afin de parvenir à aider les personnes les plus démunies. « On est à pleine capacité avec 60 dépannages par jour. On prend des cas d'urgence à travers ça. »

« On a remarqué pendant la dernière année une augmentation des personnes seules », commente-t-elle en citant également les personnes vieillissantes. « Il y a beaucoup de cas de santé mentale avec la désinstitutionnalisation. Les coupes, on commence aussi à les ressentir. Les gens sont davantage laissés à eux-mêmes. » Elle précise que les personnes qui ne seront pas à la maison pourront laisser leurs sacs de denrées à l'extérieur lors de la Guignolée.

Par ailleurs, Keith Éthier-Delorme, qui enseigne au département de philosophie du Cégep de Sherbrooke depuis neuf ans deviendra, à compter du 25 avril, le directeur de l'enseignement et des programmes du secteur A.

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