Les politiciens ne sont pas en téflon

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Nul doute, toutefois, que le leadership de Philippe Couillard est mis à l'épreuve.

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(SHERBROOKE) Le congé forcé du député et ministre Luc Fortin soulèvera sans doute des questions dans la population, estime Emmanuel Choquette, politologue à l'Université de Sherbrooke. Il prévient que la situation entraînera certainement son lot d'amalgames fâcheux et que la population devra peut-être réaliser que les élus ne sont pas en téflon.

«De mémoire, je n'ai jamais vu autant de remaniements en si peu de temps. Il est rare de voir autant de départs pour des raisons de santé», commente M. Choquette. La vice-première ministre Lise Thériault et les ministres Pierre Moreau et Sam Hamad ont tous été appelés à s'absenter dans les derniers mois.

«Quand il semble y avoir un contexte négatif qui colle à un parti, le pouls se met à aller de travers et ça donne l'impression d'un parti qui a des problèmes. Souvent, nous rappelons que les élus ont beaucoup de travail, que leurs fonctions sont extrêmement exigeantes. Je suis convaincu que plusieurs pourraient très bien consulter un médecin et arriver au même constat d'épuisement. Mais c'est sûr qu'il y aura des questions dans la population. On fait des liens qui ne sont peut-être pas fondés mais qui nous viennent à l'esprit», poursuit le politologue.

Pour M. Choquette, la situation particulière au Parti libéral ne devrait pas entacher la réputation de l'organisation politique. «C'est un concours de circonstances. On risque de faire beaucoup d'amalgames très fortuitement alors qu'on ne peut pas faire de rapprochements entre les situations de chacun des ministres qui ont pris des congés. Les gens vont se demander pourquoi ça n'arrive pas aux autres partis, ou pourquoi on ne voyait pas ces circonstances avant. Peut-être que les politiciens n'osaient pas, avant.»

Leadership à l'épreuve

Nul doute, toutefois, que le leadership de Philippe Couillard est mis à l'épreuve. «C'est un autre moment où il doit s'imposer et trouver des solutions efficaces pour rallier les troupes et garder le moral. Il devra montrer une image confiante et expliquer que ce sont des choses qui peuvent arriver. Il faudra casser l'image des hommes et des femmes politiques, qu'on voit comme s'ils ne faisaient pas partie de la société. Il faut bien admettre qu'ils n'ont pas la cote depuis un bon moment, qu'ils doivent combattre une image négative, et on exige beaucoup d'eux. Parce qu'ils ont un gros salaire, on s'imagine qu'ils devraient faire beaucoup de choses comme si l'épuisement n'existait pas. Ces gens-là sont humains, même si on a l'impression qu'ils sont en téflon.»

La députée de Richmond Karine Vallières abondait d'ailleurs dans le même sens dans un billet de blogue intitulé «La politique gruge, même des machines. Ouin, pis?» «Sachez que nous sommes déjà très exigeants envers nous-mêmes. On veut livrer la marchandise, mais on n'est pas des machines. Mais ça, même nous, on l'oublie trop souvent : la peur de décevoir, le désir de ne rien échapper, la volonté d'avoir des solutions à tout, l'envie d'être partout, la difficulté de dire non... des machines. Mais les machines, quand on ne fait pas les entretiens préventifs, ben ça brise. Et la politique gruge, même les machines. Même une machine comme Luc», écrit-elle.

Mme Vallières en profite pour offrir ses voeux de prompt rétablissement à son collègue. «Luc, peu importe ce qui te retient à l'écart pour quelque temps, pense à ton humain en toi, toi, la machine de la politique.»

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