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La surmédication contribue à détériorer leur état de santé globale.

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Mis sous médication pour des psychoses à répétition alors qu'il avait une quinzaine d'années, Carl Sansfaçon estime que la réponse biomédicale n'est pas une solution pour les problèmes sociaux que vivent les jeunes. Elle contribue même à détériorer leur état de santé globale.

«De nos jours, on prescrit des médicaments aux jeunes, mais ce qu'on ne sait pas, c'est que le jeune va finir par s'habituer à sa médication et, au final, ça n'aura rien changé à sa vie. C'est du court terme, le cerveau est capable de s'adapter à n'importe quoi et il va revenir au même point. On devra augmenter les doses», explique celui qui oeuvre pour le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec.

Ce dernier s'inquiète également des effets secondaires et des médicaments qu'on doit administrer pour les contrer. On en arrive vite à un cercle vicieux. «On peut prescrire à un patient un psychostimulant comme le Ritalin, mais aussi un antipsychotique pour le calmer. Ce sont des médicaments qui agissent pourtant différemment dans le cerveau. Ça n'a pas de sens», dit-il.

Le tiroir à médicaments est plein

Oeuvrant dans une Auberge du coeur depuis 1988, Johanne Cooper a été une témoin privilégiée de cette explosion de la médication des jeunes. Elle estime que le changement est perceptible tant socialement que physiquement.

«Quand j'ai commencé, nous avions affaire à de petits rockers, mais à un moment donné on en est arrivé à ne plus avoir assez de tiroirs pour mettre les médicaments avec lesquels les jeunes arrivaient chez nous. C'est rendu la facilité. Même moi, je pourrais aller voir un médecin demain matin et dire que je ne dors plus, je ressortirais avec une prescription», décrit-elle.

Cette dernière souhaite qu'on puisse offrir une accessibilité accrue à des services médicaux et psychosociaux à ces jeunes qui ont des problématiques. Certains jeunes peuvent attendre plus d'un an avant d'avoir accès à un spécialiste, ce qui laisse le temps à la médication de s'installer dans leur organisme.

«Il faut, à un moment donné, que le gouvernement arrête d'être à la botte des lobbys des grandes pharmaceutiques et qu'il s'occupe de sa population en mettant en place de réels services. C'est pour ça qu'on les met au pouvoir», ajoute-t-elle.

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