Surmédication : les auberges du coeur en mode solution

«Le simple fait de régler des problèmes familiaux... (La Tribune, Yanick Poisson)

Agrandir

«Le simple fait de régler des problèmes familiaux ou augmenter un revenu peut suffire à régler un problème sans qu'on ait recours aux médicaments», signifie Tristan Ouimet Savard, coordonnateur à la défense des droits du Regroupement des auberges du coeur du Québec et principal organisateur du Forum Jeune et santé mentale.

La Tribune, Yanick Poisson

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Exaspérés par l'utilisation abusive de médicaments sur de jeunes patients, 165 intervenants chercheurs et professeurs en lien avec la jeunesse et la santé mentale se sont donné rendez-vous, vendredi, afin d'échanger sur les différentes solutions et alternatives à la biomédication.

«La réponse médicale prend de plus en plus de place, alors que les solutions sont pourtant fort simples dans plusieurs cas. On n'a qu'à penser aux différentes thérapies qui pourraient être offertes. Le simple fait de régler des problèmes familiaux ou augmenter un revenu peut suffire à régler un problème sans qu'on ait recours aux médicaments», signifie Tristan Ouimet Savard, coordonnateur à la défense des droits du Regroupement des auberges du coeur du Québec et principal organisateur du Forum Jeune et santé mentale.

Selon la quasi-totalité des participants au rendez-vous drummondvillois, il semble clair que la solution passe par un remodelage du système de santé afin d'offrir aux patients des solutions sociales plutôt qu'uniquement médicales. Les CIUSSS ont les ressources nécessaires pour développer de nouveaux services et revoir leurs façons de traiter les problèmes.

«Lorsque des parents consultent un médecin pour leur enfant, quels sont ses outils? Les organismes communautaires constitueraient une belle porte à laquelle frapper, mais à l'heure où l'état se désengage, nous n'avons pas les ressources nécessaires pour aider tout le monde. Les hôpitaux ont toutefois les moyens de le faire», explique-t-il.

Les commissions scolaires et leurs enseignants ont également un rôle à jouer dans l'amélioration générale de la condition des jeunes. Par le passé, on a vu des enseignants permettre à des élèves de jouer avec des ballons sous leurs bureaux afin de dépenser leur énergie. D'autres s'adonnent à de courtes séances de méditation avant leurs périodes de cours.

«C'est l'école qui doit s'adapter aux enfants et non pas l'inverse. Ce n'est pas en plaçant trop d'élèves dans une classe qu'on réglera ça. Les enseignants n'ont plus suffisamment de temps pour s'attarder aux problèmes de leurs élèves. On veut qu'ils se comportent comme de jeunes adultes et lorsqu'ils sont turbulents, on leur administre des médicaments», regrette M. Ouimet Savard.

En 2014, le nombre de pilules de type Ritalin consommées au Québec a grimpé de 12% par rapport à 2013. Au total, 64 176 personnes ont obtenu des remboursements de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) pour ce médicament et le chiffre de cesse de croître.

«Dans un contexte de compressions budgétaires, on accompagne de moins en moins les jeunes à qui l'ont prescrit des médicaments. Ils en viennent à renouveler automatiquement leur prescription et finissent par développer une dépendance», déplore le coordonnateur.

Un manifeste

En plus de développer des solutions et de les partager à travers les différents organismes communautaires québécois, l'objectif du Forum était de politiser le dossier de la médication des jeunes afin de le porter au gouvernement.

Le Regroupement des auberges du coeur du Québec entrevoit de rédiger un manifeste et s'adresser directement au gouvernement afin qu'il pose des gestes concrets visant à diminuer l'administration de médicaments.

«Nous ne nous inscrivons pas nécessairement en contexte d'opposition avec le gouvernement, même si tout indique qu'il ne sera pas réceptif. Nous souhaitons qu'il ait une oreille attentive et nous serons prêts à offrir notre aide», remarque Tristan Ouimet Savard.

Partager

À lire aussi

  • Le TDAH après l'école

    Actualités

    Le TDAH après l'école

    «C'est souvent lorsque leur enfant reçoit un diagnostic de trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) que les adultes réalisent... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer