Des travailleurs réclament un salaire décent

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Près de 4000 travailleurs ont manifesté, vendredi midi, devant une cinquantaine de résidences pour personnes âgées réparties à travers la province.

COLLABORATION SPÉCIALE, ÉRIC BEAUPRÉ

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Près de 4000 travailleurs de résidences pour personnes âgées québécoises ont renoncé à leur heure de diner, vendredi, afin de manifester bruyamment devant les commerces de leurs employeurs dans le cadre de Journée pancanadienne d'action pour un salaire minimum à 15$. Au total, une cinquantaine de résidences pour personnes âgées ont été ciblées par le Syndicat québécois des employés de service pour cette offensive, dont L'Ermitage de Drummondville.

«Je crois que nous en avons surpris quelques-uns, se réjouit Linda Michaud, conseillère syndicale régionale. Plusieurs employeurs n'étaient pas contents de nous voir manifester, mais nous l'avons fait sur le trottoir, sur nos heures de dîner et dans le respect des lois».

Les demandes des travailleurs de résidences privées s'inscrivent à des années lumières de ce qu'on a pu entendre au cours des derniers mois. Ces travailleurs du secteur privé demandent à ce que leur salaire minimum soit haussé à 15$ de l'heure, une rémunération que bien peu des 4000 syndiqués ne peuvent se vanter d'obtenir en ce moment.

«Le salaire moyen est de 12,50$ et il y en a qui gagnent ça alors qu'ils ont 20 années de service au même endroit. Des travailleurs de résidences pour personnes âgées qui gagnent 15$ de l'heure, je n'en connais pas», statue Mme Michaud.

En fait, les augmentations des dernières années sont telles que, bien souvent, la hausse du salaire minimum est supérieure et force une nouvelle augmentation. «À coup d'un pour cent pour des salaires de 10$, faites le calcul, ça ne monte pas vite», renchérit-elle.

Une tâche accrue

Les faibles salaires en vigueur dans le domaine ont un double effet pervers sur les travailleurs. Non seulement doivent-ils se limiter à un train de vie modeste, mais les difficultés de recrutement imposent une pression indue sur l'organisation du travail. Les employés se retrouvent ainsi avec des tâches très lourdes. Le syndicat espère aussi obtenir un peu plus de parité entre les travailleurs.

«Les jeunes ne viennent pas donner leur nom dans les résidences lorsqu'ils connaissent les salaires. Ils vont travailler ailleurs. De plus, chaque résidence a ses particularités. Il y a des travailleurs qui ont des congés de maladie et d'autres pas», explique-t-elle.

Le Syndicat laisse encore la place à la négociation, mais se prépare pour un automne et un début d'été mouvementés. On envisage, entre autres, de demander un vote de grève pour le mois de mai. L'exercice de vendredi deviendrait alors une prémisse pour la suite.

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