Le CALACS dénonce un thème sexiste utilisé par le Boston Bar

Le Centre d'aide et de lutte contre les... (Spectre, Jessica Garneau)

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Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à  caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie dénonce la soirée «Fuck ton Ex» qu'organise le Boston Bar. L'organisme accuse l'établissement de favoriser la culture du viol et la consommation excessive d'alcool, par ce type de promotion.

Spectre, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Le Boston Bar organise la 10e édition de la soirée «Fuck ton Ex» ce vendredi. Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie dénonce ce genre d'événement ainsi que tous les tenanciers de bar qui acceptent de s'associer avec les promoteurs de ces soirées qui se déroulent à travers la province.

«C'est un appel au maintien d'une culture où le viol est banalisé! C'est aussi un appel qui porte atteinte à l'intégrité en plus de nuire aux rapports égalitaires et sains entre les sexes», soulignent Mélanie Lavoie et Aryanne Rivard, du CALACS.

Sur l'affiche annonçant l'événement: une femme avec un air provoquant et un t-shirt sur lequel il est inscrit «Who's Next» (qui est le suivant).

«L'événement propage des images stéréotypées et sexistes où les femmes sont encore réduites et considérées comme des objets sexuels disponibles», enchaînent les représentantes du CALACS.

L'événement est décrit sur les réseaux sociaux comme étant une soirée «totalement bordélique» où il y aura une «orgie sonore», un risque «d'hangover» (gueule de bois) et plein d'autres surprises. Les «préliminaires» débutent vers 23 h. Il est question d'«une nuit réservée aux party animal» au cours de laquelle «toutes les limites seront repoussées».

«Est-ce que cela inclut la limite du consentement, déjà brouillée par l'encouragement à la consommation excessive d'alcool?», demandent deux citoyennes sherbrookoises qui ont publié une lettre ouverte sur le site de Sherbrooke Féministe.

«En poussant les gens à consommer de l'alcool dans un but ultime d'avoir un ou plusieurs rapports sexuels, cet événement banalise non seulement les agressions par intoxication, mais fait également preuve de sexisme en utilisant encore une fois les femmes comme des objets sexuels à consommer à outrance», notent également Marie-Danielle Larocque et Justine Rouse-Lamarre, précisant que les études démontrent que 75 % des agressions à caractère sexuel impliquent une intoxication à l'alcool.

«Il est essentiel de se questionner sur la notion de consentement éclairé qui semble totalement absente du discours de l'événement», soutiennent Mme Larocque et Mme Rouse-Lamarre.

«Par ailleurs, un des promoteurs de l'événement rapportait l'an dernier qu'aucun rapport sexuel non consenti n'était toléré et qu'aucun viol n'a été rapporté. Considérant que toutes les statistiques démontrent que les femmes ne dénoncent que très rarement les agressions sexuelles ou les viols qu'elles ont vécus, comment le promoteur peut-il affirmer qu'il n'y a jamais eu de rapport non consensuel lors de ses événements?»

«N'a-t-on pas une responsabilité citoyenne de refuser la tenue d'un tel événement dans notre ville? Tant que le patriarcat continuera de maintenir ses tentacules sur l'ensemble des sphères de la société, les rapports entre les femmes et les hommes ne pourront être réellement égalitaires et, par le fait même, ces mêmes rapports seront ceux d'une domination tantôt assumée, tantôt inconsciente», concluent Mme Larocque et Mme Rouse-Lamarre dans la lettre ouverte qui est «endossée solidairement» par plus d'une centaine de personnes. Un appui récolté en moins de 24 h.

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