Accès à la citoyenneté : la note de 630 $ semble immuable

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Au terme de la rencontre avec l'attachée de presse de la ministre Marie-Claude Bibeau, la coordonnatrice du CEP de l'Estrie, Mylène Rioux, et les autres instigatrices de la pétition se dont dites heureuses d'avoir été entendues, mais déçues d'apprendre qu'il n'y a pas d'ouverture pour une révision des tarifs pour faire une demande de citoyenneté.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Un projet de loi déposé par le gouvernement fédéral réduira certains obstacles pour les personnes immigrantes qui aspirent à obtenir la citoyenneté canadienne. Les plus grands irritants risquent toutefois de demeurer, constatent des représentants du Centre d'éducation populaire (CEP) de l'Estrie qui ont pris part à une rencontre avec l'attachée politique de la ministre Marie-Claude Bibeau, jeudi, dans le cadre du dépôt d'une pétition.

Rappelons qu'une pétition a été lancée par des apprenants du CEP, un organisme sherbrookois d'alphabétisation, et des représentants de l'organisation, afin de sensibiliser le gouvernement aux obstacles auxquels font face les gens qui désirent devenir citoyens canadiens.

Parmi eux, les frais administratifs afin de faire une demande de citoyenneté, qui sont aujourd'hui de 630 $ par adulte.

Lors de notre entrevue, Christine Difuni, apprenante au CEP, ne voyait pas comment elle parviendrait à économiser une telle somme, elle qui vit de l'aide sociale. La pétition met également l'accent sur le fait que le contenu de l'examen à la citoyenneté, une condition nécessaire pour obtenir la citoyenneté, n'est pas adapté à une clientèle peu ou pas scolarisée.

Congolaise d'origine, Christine Difuni a vécu 12 ans dans un camp de réfugiés. La seule scolarisation qu'elle a reçue, c'est au CEP. Le niveau d'apprentissage le plus fort au CEP correspond à une sixième année du primaire.

«Quand on regarde attentivement, il y a un certain nombre de demandes sur lesquelles on travaille, avec le projet de loi C-6. Ce projet de loi était justement à l'étude au comité permanent de l'immigration et de la citoyenneté aujourd'hui (jeudi)», a commenté la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau. Il doit modifier la Loi sur la citoyenneté.

Une fois le projet de loi adopté (ce qui pourrait être fait cet été), la durée du séjour au Canada pour avoir le droit de faire une demande de citoyenneté sera revue, passant de plus de quatre ans à trois ans.

Pas d'examen avant 18 ans

Les signataires de la pétition déploraient que les mineurs de plus de 14 ans, qui étaient auparavant acceptés avec leurs parents, doivent se présenter à l'examen. Le projet de loi modifiera entre autres cet aspect; les moins de 18 ans n'auront plus à passer l'examen.

«Ce n'est pas prévu de revoir les frais. Ils ont été gelés pendant 20 ans plutôt que d'avoir été indexés graduellement», précise toutefois Mme Bibeau. Même si elle est heureuse d'avoir été entendue, Christine Difuni était déçue d'apprendre qu'il n'y a pas d'ouverture pour une révision des tarifs, a relaté la coordonnatrice du CEP de l'Estrie, Mylène Rioux, au terme de la rencontre avec l'attachée de la ministre, Jacqueline Belleau.

«Les irritants majeurs, comme les coûts, il n'y a rien en lien avec ça (NDLR: dans le projet de loi)», note Mme Rioux. Elle ne semblait pas optimiste de voir le gouvernement réviser le contenu.

À ce sujet, Mme Bibeau rapporte avoir entendu son collègue ministre de l'Immigration John McCallum dire «qu'il travaillait sur le document d'accueil», mais ne pouvait spécifier si le contenu de l'examen serait revu. Le guide permettant de se préparer est disponible sur internet, a rappelé la ministre.

Quant à la possibilité de faire passer les examens à Sherbrooke plutôt qu'à Montréal, une des plus importantes demandes de la pétition, la députée de Compton-Stanstead n'a pas pu s'avancer sur cette question.

Un nouvel outil conçu par le CEP de l'Estrie

Le Centre d'éducation populaire (CEP) de l'Estrie lance un tout nouveau site internet visant à soutenir l'alphabétisation. Le lancement aura lieu la semaine prochaine dans le cadre de la Semaine de l'alphabétisation populaire.

Le projet vise notamment à répondre à un besoin. «En alphabétisation, il n'y a pas beaucoup de matériel adapté pour les centres d'éducation populaires», note la coordonnatrice du CEP de l'Estrie, Mylène Rioux.

Le site Télé André permettra notamment de soutenir des gens qui vivent en milieu rural et qui ont besoin de soutien, dans différentes sphères d'activités, comme le retour aux études, les formulaires, l'alimentation, etc.

Télé André est décrit comme «une classe virtuelle» avec des exercices et des capsules vidéo. Dans chaque capsule, le personnage André vit une difficulté et son formateur lui vient en aide.

«On s'est inspiré de ce qu'on côtoie au quotidien», note la coordonnatrice, en ajoutant que le site a été conçu notamment en fonction des sujets qui reviennent souvent dans les demandes d'information. «On avait un groupe-test d'une dizaine d'apprenants qui ont expérimenté les capsules. Ce qu'on visait, c'est de faire un projet où les gens sont autonomes.»

On peut découvrir le site à cette adresse:http://www.tele-andre.ca/

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