Nicole Labonté a été sauvée par un donneur inconnu

Condamnée à mourir il y a 17 ans,... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

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Condamnée à mourir il y a 17 ans, Nicole Labonté est toujours en vie et mène une existence tout à fait normale avec son mari, Bernard Roberge, grâce à la générosité d'un donneur de moelle osseuse inconnu, qui a accepté de sacrifier momentanément son bien-être physique.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(LEFEBVRE) Condamnée à mourir il y a 17 ans, Nicole Labonté est toujours en vie et mène une existence tout à fait normale grâce à la générosité un donneur de moelle osseuse inconnu, qui a accepté de sacrifier momentanément son bien-être physique.

« Je suis bénie par la vie, il n'y a pas de mot pour décrire la reconnaissance que j'ai. Je jouis d'une deuxième vie grâce à cette personne qui a subi une intervention douloureuse et a peut-être manqué du travail pour me venir en aide », affirme la résidente de Lefebvre, près de Drummondville.

Mme Labonté se souvient des événements comme s'ils étaient survenus hier. Le verdict est tombé comme une tonne de brique : « Madame, vous avez la leucémie. » Inquiète au plus haut point, elle a demandé à son médecin combien de temps il lui restait à passer près de sa famille. Elle a d'abord blagué en demandant si elle avait au moins le temps de se rendre à la maison, puis elle a suggéré six mois, avant de se faire répondre : « Je ne crois pas que vous puissiez être aussi optimiste. »

À 38 ans à peine, Nicole Labonté voyait ainsi ses jours être comptés. Refusant d'abandonner, elle obtient un deuxième avis et on lui suggère alors de lancer une recherche à une banque de dons d'organes. Les membres de la famille immédiate ont tous passé les tests requis, mais aucun n'était compatible. Tout le monde a donc dû se croiser les doigts et espérer l'intervention d'un donneur non apparenté, lequel s'est manifesté trois mois plus tard.

« Si cet homme-là n'avait pas été là, je ne serais plus là aujourd'hui. Je trouve ça fabuleux qu'il ait accepté de souffrir sans savoir si son don sauvait vraiment quelqu'un, c'est le plus beau geste de générosité que l'on peut poser », estime-t-elle.

Miraculée

Ce n'est pas parce qu'elle avait trouvé un donneur que Mme Labonté était automatiquement tirée d'affaire. Avant l'opération, on lui a annoncé qu'elle avait 5 % de chance que l'opération soit couronnée de succès et qu'elle se remette efficacement de la maladie. Ce pourcentage a grimpé à 30 % après l'intervention chirurgicale, compte tenu de l'importante proportion de rejet.

« Je suis quelqu'un qui a la foi et je m'en suis remis à celui en haut. Je lui ai demandé de guérir convenablement ou de mourir. Il a exaucé mes souhaits », se réjouit-elle.

En plus de s'être remise de cette leucémie qui ne pardonne que rarement, la Lefebvroise n'a besoin d'aucun médicament afin d'éviter que son corps ne rejette la moelle greffée. Il s'agit d'un phénomène plutôt rare surtout que le donneur est non apparenté.

L'importance de signer sa carte

Pour Nicole Labonté, il ne fait aucun doute que chaque Québécois devrait avoir signé sa carte d'assurance maladie afin de permettre à ce que l'on prélève leurs organes une fois leur décès déclaré. Ce simple geste permettrait de sauver la vie d'une multitude de personnes.

Elle croit que c'est avant tout par dégoût et par crainte d'une quelconque magouille médicale que certaines personnes sont réticentes à apposer leur signature. Elle leur demande d'arrêter de se fabriquer des histoires.

« Ils se laissent aller à une fantaisie morbide et ils de voient passer sous le bistouri alors qu'on mutile leur cadavre. Qu'ils prennent le temps de s'imaginer quelques instants ce que ces gens en attentent d'une greffe peuvent vivre. C'est incroyable l'angoisse reliée à l'attente. Il y en a combien qui meurent avant qu'on leur trouve un donneur? » demande-t-elle.

D'autres croient que des médecins précipiteront leur mort afin de refiler leurs organes à la hâte, une autre aberration selon Mme Labonté. Une dernière portion de la population ne prend tout simplement pas le temps de le faire, estimant que leur décès n'est pas imminent. « C'est maintenant que c'est le temps d'en parler avec les membres de notre famille », prétend-elle.

La Maison des greffés

Même si elle n'a pas eu à la fréquenter, Nicole Labonté n'a entendu que du bien de la Maison des greffés Lina Cyr qui héberge des patients en attente d'un don d'organes, en convalescence ou en attente d'un suivi postopératoire. Depuis son ouverture en 1994, l'organisme a accueilli plus de 24 000 patients âgés entre 2 mois et 70 ans.

«La Maison favorise les échanges entre les patients et leurs accompagnateurs qui vivent une étape difficile dans leur vie. Elle permet d'assurer ainsi une transition sécuritaire entre l'hôpital et le milieu familial après l'opération », précise-t-elle. Cette ressource est la seule de ce genre en Amérique du Nord.

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