Parcours de combattants

Nabila Shabigzada, élève d'une classe d'accueil à La... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Nabila Shabigzada, élève d'une classe d'accueil à La Montée (pavillon Le Ber), et Arfan Sultani, élève au régulier, sont tous les deux originaires de l'Afghanistan. On les a rencontrés afin qu'ils nous racontent leur parcours. On les voit ici avec Anne-Marie Morin, enseignante en classe d'accueil, au centre.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Lorsque Nabila Shabigzada et Arfan Sultani, originaires d'Afghanistan, sont arrivés au Québec, il y avait un monde entre leur langue d'origine, le dari, et leur nouvelle langue.

Nabila, élève dans une classe d'accueil, est originaire de l'Afghanistan, mais elle est passée par le Tadjikistan avant de s'établir au Canada avec sa famille. Un monde, tout court, entre ce qu'ils avaient connu et ce qu'ils s'apprêtaient à vivre.

«C'est à cause de la guerre. On ne pouvait pas aller à l'école», raconte Nabila au sujet de son arrivée au Québec. On est déménagé au Tadjikistan et on est arrivé ici en 2014.

Arfan, élève au régulier, a vu le Pakistan et l'Iran avant d'arriver à Sherbrooke.

«Je suis venu ici en 2008. J'ai commencé à l'école primaire Marie-Reine; j'ai été là pendant six mois, même moins que ça (...) Je commençais à zéro : je ne connaissais pas l'alphabet.»

«Je parlais le dari et un peu l'anglais. Avec le temps, le français a pris sa place», raconte Arfan, qui a grandi en Iran. Là-bas, il a été privé de scolarité.

«Ils ne voulaient pas que les gens afghans étudient là-bas. Pendant sept ans j'étais là, mais je n'ai rien étudié. Ça a été difficile de rentrer au Canada et d'étudier en même temps, ça a été vraiment difficile. C'est à cause de la guerre qu'on a été obligé de partir au Pakistan et en Iran ensuite. En Iran, on a compris que c'était pire.» La famille d'Arfan a donc décidé de s'établir au Canada.

«Ce qu'on constate, parfois lorsque les élèves fuient un pays, ils sont ostracisés (dans le pays où ils se retrouvent). On leur dit qu'ils viennent voler les emplois. C'est souvent quelque chose qu'on voit lorsqu'on nous présente les élèves», note le directeur adjoint de l'école secondaire La Montée, Jean-François Gagné.

Cinq classes d'accueil

L'école secondaire compte au total cinq classes d'accueil, dont quatre à Le Ber et une au pavillon St-François.

Lorsque de nouveaux arrivants doivent faire leur entrée à l'école, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) contacte l'établissement, explique Jean-François Gagné.

«Des fois c'est trois, quatre cinq élèves, d'autres fois ça peut aller jusqu'à 12. On se fixe un rendez-vous. On vient nous présenter leur parcours migratoire et après on regarde dans quelle classe les élèves vont aller», résume-t-il. 

Différentes activités sont organisées afin de faciliter l'intégration des jeunes, dont la tenue d'ateliers dans les écoles primaires, indique l'enseignante Anne-Marie Morin. «Il y a toutes sortes de façons de créer des échanges.»

«Quand je suis arrivé, il n'y avait que quelques Afghans dans la classe.

Je ne connaissais pas vraiment personne... Au début j'ai trouvé ça difficile; ça a changé avec le temps», se remémore Arfan.

«Au début c'était difficile, on ne parlait pas français... Maintenant, c'est très bien», observe pour sa part Nabila. 

«Quand ils arrivent, souvent il y a des gens qui parlent la même langue... Il y a aussi des anciens dans l'école. Ça donne accès à des jeunes qui sont passés par le même parcours. Quand on fait la visite, c'est drôle de voir les élèves qui viennent voir qui sont les nouveaux qui arrivent», raconte le psychoéducateur Bryan P. Rancourt. «Les Québécois pure laine, si on peut prendre ces termes-là, démontrent aussi de l'ouverture envers les jeunes qui arrivent dans nos classes.»

Les élèves peuvent passer maximum trois ans en classe d'accueil au secondaire. La suite du parcours peut varier : intégration au régulier, passage au Goéland ou au centre St-Michel...

Quelles possibilités s'offrent à Arfan et Nabila?

La formation au secteur jeune est offerte jusqu'à 18 ans. Arfan ira au Goéland. La suite se décidera à la fin de l'année scolaire pour Nabila. 

«Des fois, si on reçoit un élève de 16 ans en très grand retard scolaire, pour nous c'est un très grand défi parce qu'il est avec nous jusqu'à 18ans. L'option qui reste, c'est Saint-Michel pour aller chercher toutes les équivalences. Plus l'élève arrive jeune, plus on a de chances pour l'obtention du diplôme d'études secondaires au secteur jeune», commente Jean-François Gagné.

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