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Plusieurs organismes dénoncent les lacunes criantes en soins à domicile

Le manque criant de ressources en maintien à domicile oblige les personnes... (Archives La Presse)

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Le manque criant de ressources en maintien à domicile oblige les personnes âgées à piger dans leurs poches pour obtenir des services privés ou, à défaut de moyens, de s'en passer si elles ne peuvent se fier à des proches aidants.

Plusieurs organismes représentant les aînés, les malades, les proches aidants et des professionnels de la santé ont réclamé mercredi une réallocation des ressources afin de combler le sous-financement chronique des soins à domicile et réduire les imposantes listes d'attente.

Se disant exaspéré par les promesses brisées depuis plus d'une décennie en matière de soins à domicile, le Conseil pour la protection des malades (CPM) va même jusqu'à réclamer d'Ottawa qu'il demande des comptes à Québec sur la diminution des soins à domicile et qu'il précise dans la Loi sur la santé que les soins et le soutien à domicile doivent aussi être universels.

Le Réseau FADOQ affirme en effet que les politiques du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se traduisent par une privatisation dans les faits des services aux aînés puisque ceux-ci n'ont d'autre choix que de payer de leur poche pour en obtenir en attendant d'en recevoir du secteur public: on estime à quelque 16 500 le nombre d'aînés en attente de services de maintien à domicile au Québec et le temps d'attente varie de six mois à un an en moyenne.

Le Réseau FADOQ a démontré, à l'aide de cas typiques, que les aînés doivent dépenser en moyenne entre 200 $ et 250 $ par mois pour des services privés, selon l'ampleur de leurs besoins, une somme dont la plupart des aînés ne disposent pas puisque la majorité des personnes de 75 ans et plus ont un revenu annuel inférieur à 20 000 $.

Ceux qui n'ont ni l'argent ni le soutien d'un entourage ont alors le choix de couper dans leurs dépenses de nourriture et autres ou de se passer complètement de soins, entraînant une détérioration de leur état de santé ou de leur situation financière ou les deux.

Le Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ) souligne pour sa part que le soutien aux proches aidants est aussi nettement insuffisant et que ceux-ci peinent à prendre la relève en attendant l'aide publique. Alors que plusieurs proches aidants souffrent d'épuisement, le gouvernement a fermé en 2015 une vingtaine de centres de jour pour personnes aînées et réduit les heures d'ouverture de plusieurs autres qui offraient un répit aux aidants en plus de représenter un rare espace de socialisation pour les aînés.

Tous les organismes affirment que l'ajout de 60 millions $ à l'enveloppe des soins à domicile dans le dernier budget Leitao n'améliorera pas la situation puisque cela ne comble même pas le manque à gagner issu des compressions précédentes, encore moins les besoins grandissants d'une population vieillissante. Cette somme ne représente que 200 $ d'aide additionnelle par année pour les 337 000 personnes qui en reçoivent.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) rejette par ailleurs les prétentions du ministre Barrette à l'effet que la situation s'est améliorée. Selon sa vice-présidente, Line Larocque, l'augmentation du nombre d'heures de service à domicile qu'avance le ministère est exclusivement attribuable à l'obligation imposée aux professionnelles en soins de chronométrer chaque intervention, ce qu'elles ne faisaient pas auparavant et qui se traduit nécessairement par une augmentation du nombre d'heures sur un plan strictement comptable.

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