Pour une citoyenneté accessible

Apprenantes au CEP de l'Estrie, Christine Difuni et... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Apprenantes au CEP de l'Estrie, Christine Difuni et Martine Facal, présidente du conseil d'administration de l'organisme, font circuler une pétition afin de rendre plus accessible le passage à la citoyenneté canadienne.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Les écueils pour parvenir à la citoyenneté canadienne sont nombreux, déplorent des apprenants du Centre d'éducation populaire (CEP) de l'Estrie. Parmi ces obstacles, on note les frais administratifs qui sont passés à plus de 500 $ par adulte et les questions d'examen à la citoyenneté, qui peuvent faire sourciller des Québécois d'origine. Une pétition a été lancée afin de sensibiliser le gouvernement fédéral à cette problématique.

Dans une lettre envoyée aux députés estriens à la Chambre des communes, les représentants du CEP expliquent que les frais administratifs pour faire la demande de citoyenneté ont déjà été de 120 $, mais ils sont maintenant à plus de 500 $.

« Sous le précédent gouvernement, le processus d'accession à la citoyenneté s'est singulièrement compliqué, au point de devenir un vrai cauchemar pour les familles », peut-on lire dans la lettre reproduite en page 14.

L'examen à la citoyenneté est l'une des conditions nécessaires afin d'obtenir la citoyenneté canadienne. Or, l'examen doit maintenant être passé à Montréal plutôt qu'à Sherbrooke.

Christine Difuni est au Québec depuis 10 ans et est l'une des instigatrices de la pétition.

La Québécoise d'adoption n'a pas les moyens de passer l'examen, déplore-t-elle.

« On veut qu'ils diminuent les tarifs et qu'ils ramènent le bureau ici (NDLR : où l'examen pouvait être passé auparavant), comme avant », indique Mme Difuni.

Autre obstacle : se préparer à l'examen de citoyenneté, pour des élèves qui ne savent pas toujours lire et écrire, s'avère difficile. Il existe un guide écrit pour les accompagner, mais le niveau de vocabulaire s'avère assez élevé, fait-on valoir, et il est difficile pour les personnes immigrantes de mémoriser les informations. Les gens qui fréquentent le CEP de l'Estrie n'ont pas été scolarisés dans leur pays d'origine. « Je n'ai jamais été à l'école. C'est la première fois ici », note Christine, à propos de son apprentissage au CEP, un organisme en alphabétisation. Celle qui a fui le Congo a passé 12 ans dans un camp de réfugiés.

Décourageant

La présidente du conseil d'administration du CEP de l'Estrie, Martine Facal, l'une des signataires de la lettre, estime que cela a pour conséquence de décourager les gens de passer l'examen, compte tenu de leurs chances de réussite. « Il y a beaucoup de questions qu'on retrouve sur internet (NDLR : pour se préparer à l'évaluation). Il y a des choix de questions, mais s'ils apprennent ces questions par coeur, c'est le même genre à l'examen, mais ce ne sont pas les mêmes. »

« Pour nous qui ne savons pas comment manier un ordinateur, qu'est-ce qu'on peut faire? » s'interroge Mme Difuni.

Quelles sont les conséquences de ne pas être citoyen canadien? Se rendre aux États-Unis devient beaucoup plus compliqué, énumère Mme Facal. « La conséquence la plus tangible, c'est qu'ils n'ont pas le droit de vote. »

Une rencontre est prévue jeudi avec l'adjointe de Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie, et députée de Compton-Stanstead.

« J'ai espoir qu'on revienne à des coûts plus raisonnables et qu'on fasse des examens, je ne dirais pas allégés, parce qu'il faut être au courant d'un certain nombre de choses, mais adaptés à une clientèle peu scolarisée... » note Mme Facal.

« On ne demande pas une citoyenneté à rabais, ce n'est pas l'objectif. On veut amorcer une réflexion sur comment on pourrait envisager d'autres façons de faire l'examen, pour que ce soit accessible à un plus grand nombre de gens, dont les réfugiés. On donne des pistes de solution... » nuance la coordonnatrice du CEP, Mylène Rioux, qui a assisté à l'entrevue que nous a accordée Mme Difuni et Mme Facal.

« J'invite les demandeurs de cette pétition à venir me rencontrer à mon bureau », a pour sa part indiqué le député néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault, en soulignant qu'il veut offrir du soutien dans le processus d'accession à la citoyenneté.

Des exemples de sujets d'étude à l'examen de citoyenneté canadienne

- Nommez deux documents importants qui énoncent nos droits et libertés.

- Énumérez quatre droits dont jouissent les Canadiens.

- Que signifie le mot Inuit?

- Quelle est l'importance de la découverte de l'insuline par Sir Frederick Banting et Charles Best?

- Qui était Louis-Hippolyte La Fontaine?

- Qui peut voter aux élections fédérales canadiennes?

On peut lire sur le site de Citoyenneté et Immigration Canada que « toutes les questions qui composent l'examen pour la citoyenneté ont été formulées à partir des renseignements fournis dans le (présent) guide d'étude, et portent sur des faits et des idées présentés dans le guide ».

« Un des critères essentiels pour obtenir la citoyenneté est de démontrer que vous possédez des connaissances suffisantes sur le Canada. L'examen pour la citoyenneté sert à évaluer vos connaissances du Canada et des droits et responsabilités du citoyen canadien », explique-t-on également.

La note de passage est de 75 %.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer