Des classes aux couleurs des quatre coins du globe

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(SHERBROOKE) Les classes d'accueil ont doublé à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), avec l'arrivée de nouveaux arrivants qui ont joint les rangs des établissements de la CSRS. L'école primaire Sainte-Famille, qui n'avait pas de classe d'accueil, en a maintenant trois. La Tribune est allée à la rencontre de ces enfants qui proviennent des quatre coins du globe, de la Syrie à l'Afghanistan.

Mercredi après-midi, dans une classe d'accueil à l'école primaire Sainte-Famille. Une dizaine d'enfants âgés d'environ 6 et 7 ans regardent les images que leur pointent leur enseignante Mollie Blouin. Ici, la dizaine d'élèves provient de plusieurs pays, dont le Cameroun et l'Afghanistan.

« Comment dit-on poisson en swahili? En dari? En arabe ? En français? » leur demande l'enseignante, qui communique beaucoup avec les gestes pour établir les consignes.

Un peu plus loin dans le corridor, dans la classe de Marie-Michelle Lévesque, ses « champions » sont en plein atelier où ils apprennent les différentes syllabes et les voyelles de leur nouvelle langue.

« Est-ce qu'on parle en dari ou on parle en français? » leur lance l'enseignante lorsqu'elle entend les échos de cette autre langue. « En français! »répondent les enfants spontanément. « Madame, madame, c'est terminé! » lance un enfant à propos de son travail.

« Tous ces enfants-là vont parler trois langues. C'est magique », commente la directrice de l'école Sainte-Famille, Pascale Bilodeau.

Les enfants sont hyper enthousiastes.

« Ils ont le goût d'apprendre. Ils arrivent dans un pays, c'est sûr qu'ils ont hâte de communiquer dans leur langue d'accueil, de jouer avec les autres personnes », commente la directrice.

Le visage de la classe de Mme Lévesque a changé depuis sa création.

« Ma classe a changé il n'y a pas longtemps; on a redécoupé les groupes, car il y a des enfants qui arrivent au compte-gouttes aux deux ou trois semaines. Moi, j'ai la classe des moyens, des 8-9-10 ans grosso modo, de différents pays : on a le Centrafrique, le Cameroun, l'Afghanistan, la Syrie... Les élèves ont des parcours migratoires totalement différents. Certains partent de l'Afghanistan pour se rendre au Tadjikistan... C'est très différent. On les accueille au fur et à mesure et on les prend où ils sont », commente Mme Lévesque.

Du même coup, leur bagage en matière d'apprentissage varie aussi.

La directrice et l'enseignante abondent dans le même sens : ces enfants sont de véritables « petites éponges ».

« Leur capacité de résilience est phénoménale. Après, on se rend compte qu'on n'a pas beaucoup à se plaindre. C'est ce que je trouve fascinant », commente Mme Lévesque.

Les élèves ont aussi découvert le thème de la cabane à sucre et ont goûté au sirop d'érable... qu'ils ont trouvé trop sucré au départ! « C'est comme si c'était du citron », lance en riant l'enseignante. On veut ainsi leur faire découvrir des « points cruciaux de notre culture québécoise » pour leur « faire comprendre qu'ils font partie de notre culture », image-t-elle.

Un besoin bien réel

L'école Sainte-Famille n'avait pas de classe d'accueil à la rentrée scolaire, et elle en a maintenant trois.

L'école a ouvert sa première classe en novembre. Rapidement, celle-ci a été complète. Une deuxième s'est ouverte en février et la dernière tout récemment. « Ça a déboulé très rapidement », note la directrice de l'école primaire, Pascale Bilodeau.

« On a reçu beaucoup de Centrafricains dès l'ouverture des classes d'accueil, une majorité d'Afghans en provenance de la Turquie et du Pakistan... On a aussi reçu quelques élèves de l'Irak, quelques Syriens qui commencent tout juste à arriver », énumère la directrice.

Les classes d'accueil comptent maximum 17 élèves et servent à inculquer aux enfants les notions de base en français.

Le temps passé en classe d'accueil peut varier d'un enfant à l'autre, en fonction de l'atteinte des objectifs du programme d'intégration linguistique, scolaire et sociale (ILSS).

« On s'organise pour les mettre assez à niveau afin qu'ils suivent les consignes de leur niveau d'âge, idéalement. On ne s'attend pas à ce qu'ils aient le vocabulaire de leur niveau d'âge, mais un français suffisamment fonctionnel. »

« Certains connaissent déjà l'anglais. La formation des lettres, à ce moment-là, ce n'est pas compliqué. Ils ne font pas le saut de l'arabe aux lettres en français. Le saut est moins grand. Certains ont déjà été scolarisés, ils ont déjà une base de lecture et d'écriture, peu importe la langue. Certains n'ont pas de base; ils n'ont pas été scolarisés, ils se sont tellement promenés... » illustre Pascale Bilodeau, en citant par exemple les enfants qui ont fui les bombes à Alep, en Syrie.

Comment l'école accompagne-t-elle les parents dont l'enfant arrive à l'école?

Après une rencontre réunissant des intervenants de la commission scolaire pour déterminer le parcours scolaire, une première visite de l'école est organisée avec la psychoéducatrice de la CSRS. La visite permet de faire découvrir les lieux, de donner le laissez-passer de transport scolaire et les informations du service de garde, par exemple.

La seconde rencontre, où des interprètes sont présents, permet notamment d'expliquer aux parents la routine de l'école, les rouages des cours d'éducation physique, etc.

Une fois le passage en classe d'accueil terminé, les enfants peuvent être intégrés en classe régulière, parfois avec des mesures de francisation.

Le parcours des élèves issus de l'immigration peut varier : ils peuvent d'abord être inscrits en classe d'accueil ou encore être intégrés directement en classe avec des mesures de francisation au besoin.

Le temps passé en classe d'accueil est généralement d'un an.

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