Désaveu de Mulcair : Dusseault et Choquette surpris

Pierre-Luc Dusseault... (Archives, La Tribune)

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Pierre-Luc Dusseault

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(Sherbrooke) Même si Thomas Mulcair a enjoint les membres du Nouveau Parti démocratique de  se « tenir debout à ses côtés » et de lui faire confiance pour mener la campagne électorale de 2018, une majorité de délégués avaient toujours les yeux rivés vers celle de 2015, croit Pierre-Luc Dusseault.

Le député néo-démocrate de Sherbrooke soutient que le résultat des dernières élections, où son parti s'est retrouvé en troisième place avec 44 sièges aux Communes après avoir flirté avec le pouvoir, a finalement coûté son poste à celui qui avait succédé à Jack Layton en 2012.

« C'est comme ça qu'il faut le voir, malheureusement. Tout le monde était extrêmement déçu du résultat de 2015. Tous les membres et délégués ont mis des heures et des heures, sans compter, à travers les campagnes menées au pays. Il y avait un énorme sentiment de déception. Tom a d'ailleurs accepté la critique dans son discours et c'est là-dessus qu'il a misé pour rassurer les membres et leur montrer qu'il était le bon candidat pour mener la prochaine campagne. C'est malheureux que la défaite ait été mise exclusivement sur ses épaules. C'est un effort collectif, une campagne électorale, et pas juste l'affaire d'une personne. Il aurait pu y avoir un réalignement de nos positions, un éclaircissement sur d'autres points, par exemple, et il y avait déjà cet intérêt-là de M. Mulcair. »

« Ça été une surprise, renchérit M. Dusseault. D'atteindre le chiffre de 70 % qui avait été établi me semblait ambitieux, mais je n'avais pas l'impression qu'il allait être sous les 50 %. Mais encore une fois, je réitère que j'accepte le choix des membres. Je suis déçu comme dans tout résultat où ce n'est pas notre choix qui est favorisé par la majorité, mais il faut maintenant accepter la décision. C'est la démocratie et il faut la vivre, même si ce n'est pas le choix qu'on préfère. C'était un vote assez divisé, mais tous les membres doivent s'unir et regarder vers le futur. »

«Je veux le remercier pour son travail. On les voit de très près, les heures incalculables et l'énergie déployées au quotidien.»


Après le désaveu qu'il a subi, Thomas Mulcair n'a pas précisé s'il comptait poursuivre en tant que simple député ou se retirer. Pierre-Luc Dusseault estime néanmoins que ce serait une grande perte pour le NPD s'il devait opter pour la seconde alternative.

« Il continue d'être un parlementaire expérimenté et d'exception et ce serait bon qu'il demeure dans notre équipe. C'est une décision difficile et émotive et il doit prendre son temps. »

« Je veux le remercier pour son travail. On les voit de très près, les heures incalculables et l'énergie déployées au quotidien. En tant que candidat dans un comté je vois à quel point c'est du travail. D'être chef, c'est une tâche immense. Pour toute l'énergie qu'il a mise pour bâtir le NPD à travers le Canada depuis son élection en 2007 et la position historique dans laquelle nous étions aux dernières élections, il mérite notre respect. »

François Choquette ébahi 

Si les échos qu'il avait reçus des membres du Nouveau parti démocratique (NPD) lui laissaient croire à un vote serré, François Choquette ne pensait pas qu'il y aurait suffisamment de détracteurs pour montrer le chemin de la sortie à Thomas Mulcair.

« Le caucus était pas mal derrière le chef, ce sont les délégués qui ont fait la différence. La sortie de (Hassan) Yussuff du CTC, qui a dit qu'il préférait qu'il y ait une course à la chefferie, a pesé lourd dans la balance », analyse le député de Drummond.

M. Choquette croit que s'il excellait en chambre, le chef déchu réussissait moins bien au moment de s'entretenir avec sa base militante. C'est d'ailleurs ce qui aurait fait la différence au cours du vote de confiance de dimanche. Il souhaite que son successeur soit en mesure de bien patiner sur les deux tableaux.

Plus uni que jamais

Même si le vote de confiance a scindé le parti en deux, 48 % désirant le maintien de Mulcair en poste, François Choquette estime

que le NPD est plus uni que jamais et regarde vers l'avant. Cela dit, le politicien est heureux qu'on ait décidé de prolonger d'une année le processus de nomination du prochain chef.

« Ça nous donne deux ans pour voir à la transition, ça donnera le temps aux candidats de bien se préparer et d'aller rencontrer les militants dans chacune des circonscriptions. Je suis content aussi que M. Mulcair ait accepté d'assurer la chefferie en attendant », ajoute-t-il.

Le représentant de Drummond à la Chambre des Communes s'est par ailleurs dit grandement satisfait du colloque qui a eu lieu ce week-end, notamment de l'adoption du LEAP Manifesto qui dictera une nouvelle façon de faire au NPD. On veut d'un parti encore plus social-démocrate et tourné vers

l'environnement. 

- Avec Yanick Poisson

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