Les conséquences de Tchernobyl, 30 ans plus tard

Quelles ont été les conséquences de Tchernobyl? (Archives, La Presse)

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(Sherbrooke) Quelles ont été les conséquences de Tchernobyl?

En plus des morts chez les intervenants qui ont été blessés lors de la tragédie, et des décès enregistrés chez les liquidateurs (ceux qui ont nettoyé et sécurisé le site), l'auteur du livre Parlez-moi du nucléaire, Marcel Lacroix, dénombre « 4000 cancers de la thyroïde du jeune » qui ont été diagnostiqués. « Du nombre, on déplorait 9 décès au début de l'année 2006, écrit le professeur de l'Université de Sherbrooke dans l'ouvrage publié aux Presses internationales Polytechnique.

Il consacre une partie d'un chapitre à cette question. Il cite principalement les « conclusions saillantes » d'une enquête menée par Forum Tchernobyl, qui regroupait entre autres l'Organisation des Nations unies (ONU). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a traité dans le rapport final déposé en 2005 des effets sur la santé et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

« Aucun excès de malformations d'ordre génétique n'a été constaté chez les enfants nés parmi les groupes de population affectés par l'accident de Tchernobyl. L'idée selon laquelle Tchernobyl aurait produit des générations d'enfants malformés est fausse et contredite par les observations de terrain », écrit M. Lacroix, qui nous a référé à son livre pour répondre à nos questions, mais qui ne nous a pas accordé d'entrevue. Il s'agit d'une nouvelle édition du livre

Le nucléaire démystifié; l'ouvrage a été revu et les données mises à jour, selon l'auteur.

L'accident est le plus grave de l'histoire du nucléaire civil.

Le portrait et les chiffres sur le nombre de morts et les victimes collatérales diffèrent toutefois selon les différentes sources. Un long reportage publié dans Libération 25 ans après la tragédie résumait d'ailleurs très bien la situation et observait que « le bilan est plombé par les polémiques ».

« Vingt-cinq ans après l'explosion qui a relâché 6,7 tonnes de matière radioactive, son impact sur la santé reste un geyser de controverses nourries par l'affrontement des lobbies pro et anti, la suspicion face à une industrie nucléaire chevillée à la sphère politique, le tout sur fond de défiance populaire à l'égard des institutions, y compris scientifiques », pouvait-on lire dans un article publié en avril 2011.

Dans son livre Traverser Tchernobyl, l'auteure Galia Ackerman met, bien au-delà des chiffres, des visages sur ce drame, 30 ans plus tard. Elle y décrit notamment la petite ville de Pripiat, située tout près de la centrale nucléaire de Tchernobyl, comme la « Pompéi soviétique ».

« Pourquoi choisit-on de vivre ou de travailler dans un lieu habité par un ennemi invisible? Quelles histoires, quelles vies la catastrophe a-t-elle ensevelies? Comment en transmettre la mémoire? Ces interrogations m'ont portée tout au long de ma quête. Elles m'ont menée dans les coulisses d'un événement majeur du XXe siècle qui continue de nous hanter, car la catastrophe de Tchernobyl est une histoire étendue dans le temps : sa fin ne se profile pas à l'horizon de notre époque », écrit d'entrée de jeu Galia Ackerman, qui se rend régulièrement dans cette région depuis 20 ans.

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