30 ans après Tchernobyl: les enfants ont encore besoin du Québec

La Sherbrookoise Diane Pouliot ne verra pas « ses »... (Spectre média, Frédéric Côté)

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La Sherbrookoise Diane Pouliot ne verra pas « ses » jumelles de Biélorussie cet été, car elles doivent passer des examens. Elle les a accueillies à cinq reprises depuis l'été 2007.

Spectre média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) Presque 30 ans après Tchernobyl, le Québec accueille encore chaque année des enfants touchés par cette catastrophe nucléaire, question de donner un peu de répit à leur système immunitaire. Recruter des familles devient toutefois de plus en plus difficile, indique la présidente de Séjour Santé Enfants Tchernobyl, Joanne Rivest.

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Katia en 2007

Photo fournie

Les familles qui ont accueilli des enfants par le passé ont quant à elle tissé des liens forts avec eux : plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs gardé le contact.

Cette année, 11 enfants séjourneront au Québec sept semaines pendant la période estivale. « C'est une bonne année », note Mme Rivest. Ils étaient sept l'an passé.

Aucun enfant de Tchernobyl n'est toutefois attendu en Estrie.

La Tribune a souvent raconté, été après été, l'histoire de ces jeunes provenant de zones contaminées, qui venaient nous rendre visite.

Selon l'organisation, la Biélorussie, située à seulement 10 km au nord de la centrale de Tchernobyl en Ukraine, « a reçu plus de 70 % des retombées radioactives en raison du vent » et de la situation météorologique.

La catastrophe de Tchernobyl s'est produite le 26 avril 1986.

Qu'est-ce qui explique cette difficulté à recruter des familles trente ans plus tard? Sans doute différents facteurs. « La tragédie tombe dans l'oubli », concède Mme Rivest. Plusieurs facteurs peuvent influencer la situation. Outre le temps qui passe, il y a une question de disponibilité des gens, mais aussi l'aspect financier, car ce sont les familles qui assument les coûts liés à la venue des enfants, comme le billet d'avion, avance Mme Rivest. La facture peut osciller autour de 1600 à 1800 $.

Katia aujourd'hui... (Photo fournie) - image 2.0

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Katia aujourd'hui

Photo fournie

La Sherbrookoise Diane Pouliot ne verra pas « ses » jumelles cet été, qu'elle a accueillies à cinq reprises depuis l'été 2007. Elles sont aujourd'hui âgées de 17 ans.

« Elles se préparent à passer des examens en vue d'être acceptées à l'université, explique cette mère de trois garçons adultes. On est toujours en contact avec les jumelles et leurs parents sur Facebook. (...) Elles parlent bien français, maintenant. Les cinq séjours ici les ont aidées dans l'apprentissage du français. »

Même son de cloche chez Mme Rivest : Katia, qu'elle accueille depuis 2007, ne viendra pas cet été en raison des examens qu'elle doit passer. Exceptionnellement, elle est venue pendant les Fêtes.

« On a accueilli Katia en 2007 pour la première fois. On l'a accueillie tous les étés. Ça va être le premier été qu'on ne l'accueille pas. Katia, c'est comme une membre de notre famille », raconte Mme Rivest, qui a trois filles dans la vingtaine. 

Au moment de l'entrevue avec Mme Rivest, l'une de ses filles se trouvait d'ailleurs en Biélorussie. Étudiante en Allemagne, elle en a profité pour rendre visite à Katia. Cette dernière aura aussi la visite d'une autre fille de Mme Rivest cet été.

« Maintenant, elle parle français. On lui parle aux deux ou trois semaines. Skype nous aide à garder le contact. » La technologie facilite aussi les séjours aujourd'hui. Lorsque les enfants s'ennuient, ils peuvent communiquer avec leurs parents.

« Ça aide pour les premiers séjours. » Bien souvent, lorsque les parents accueillent un enfant, ils vont l'accueillir ensuite pour un autre séjour.

L'objectif est d'offrir un « séjour santé » aux enfants qui vivent dans une région touchée par la catastrophe. « Ce qu'on avait remarqué, c'est que le premier été où Katia est arrivée, elle n'était pas très forte. Le positif, c'est pour le système immunitaire. Elle manquait souvent l'école avant. » 

Mme Rivest soutient que lorsque les séjours ont commencé, des mesures étaient réalisées chez les enfants et celles-ci montraient une baisse de radioactivité variant entre 30 et 50 % après le séjour.

Ces mesures, qui étaient auparavant faites dans leur pays d'origine, n'ont plus lieu. Mais la présidente souhaite que celles-ci puissent de nouveau être prises au Québec.

Que sont devenus ces enfants? « Beaucoup de jeunes se sont tournés vers les langues (comme profession). Quelques-uns ont immigré au Québec. C'est toute une expérience positive pour eux (les séjours). C'est quelque chose, quand tu as huit ans, et que tu dois t'adapter à une culture étrangère », constate Mme Rivest.

Pour souligner le 30e anniversaire de Tchernobyl, Séjour santé Enfant Tchernobyl organise une soirée retrouvailles qui aura lieu le 7 mai prochain à Montréal. La date limite pour l'achat des billets est le 25 avril.

Pour information : info@enfantstchernobyl.org.

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