Les producteurs de lait s'impatientent

Victimes de l'entrée au pays des protéines laitières... (Archives, La Tribune)

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Victimes de l'entrée au pays des protéines laitières en provenance des États-Unis, les producteurs laitiers du Québec subissent des pertes de l'ordre d'environ 1000 $ par mois.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) La patience des producteurs laitiers a atteint sa limite dans le dossier des importations de protéines de lait. Une trentaine de producteurs sont sortis insatisfaits vendredi de leur rencontre avec la députée-ministre Marie-Claude Bibeau et du secrétaire parlementaire à l'Agriculture et à l'agro-alimentaire, Jean-Claude Poissant, tenue au Club de golf Vieux-Lennox, à l'invitation de la députée de Compton-Stanstead.

Les producteurs de lait demandent depuis des mois au gouvernement fédéral de faire respecter l'un des piliers de la gestion de l'offre, à savoir le contrôle des importations de façon à ajuster efficacement l'offre et la demande.

En vertu de la gestion de l'offre, les producteurs de lait sont tenus responsables de l'entreposage et de la gestion des surplus. En laissant entrer des protéines d'outre frontière, le fédéral occasionne des surplus que les producteurs ne sont plus en mesure de supporter, a dénoncé au sortir de la rencontre Marcel Blais, vice-président des Producteurs de lait de l'Estrie.

«On encaisse les surplus parce qu'on laisse entrer des protéines à la frontière, en plus des nôtres. C'est ça qui est inacceptable. Ce qu'on exprime aujourd'hui, c'est notre désarroi. S'il (le fédéral) appliquait les normes, les surplus seraient réglés. Il n'applique pas les normes. Pourtant, les normes sont en vigueur depuis 2008. Ils ont juste à les appliquer», a réclamé M. Blais, lui-même producteur laitier à La Patrie.

Les producteurs présents à la rencontre ont fait valoir que le contournement des contrôles frontaliers par l'importation sans limites et sans tarifs de protéines, notamment en ce qui concerne le lait diafiltré, a pris des proportions inquiétantes.

Selon M. Blais, l'entreposage des surplus se traduit par des coûts supplémentaires d'environ 1000 $ par mois pour les producteurs de lait.

C'est le cas de David Beauvais, de la ferme Magolait de Magog, pour qui les surplus se sont traduits par des dépenses de dizaines de milliers de dollars.

«Chez nous ça représente entre 25000 et 30000 dollars. C'est l'équivalent d'un salaire pour un jeune et c'est autant d'argent qu'on ne peut pas mettre dans le développement de notre entreprise. C'est vraiment inquiétant...».

Dossier prioritaire

Après avoir entendu les inquiétudes et les frustrations des producteurs de lait, ni la députée-ministre Bibeau ni le secrétaire parlementaire Poissant n'ont toutefois voulu s'avancer sur un quelconque échéancier, si ce n'est pour dire qu'il s'agit d'un dossier «prioritaire» dans lequel le premier ministre Trudeau «est personnellement impliqué».

M. Poissant a indiqué que son ministère avait proposé mercredi la création d'une table de discussion entre les producteurs, les transformateurs et les différents ministères impliqués dans ce dossier et qu'une réponse était attendue lors de l'Assemblée annuelle des producteurs de lait, la semaine prochaine.

Compte tenu de l'absence d'échéancier, les producteurs de lait ont clairement exprimé qu'ils allaient manifester leur mécontentement afin d'accroître la pression sur le gouvernement. L'une de ces manifestations est d'ailleurs prévue lundi à Granby.

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