Dossier Badawi : Trudeau ne veut pas agir «trop vite»

Ensaf Haidar tient un portrait de son époux... (Photo archives Agence France-Presse)

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Ensaf Haidar tient un portrait de son époux Raif Badawi après avoir accepté le prix Sakharov pour les droits humains, en décembre.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Alors que Raïf Badawi s'apprête à vivre le triste anniversaire du jour de son arrestation il y a quatre ans, le premier ministre Justin Trudeau dit qu'il ne faut pas agir « trop vite » dans ce dossier pour éviter de possibles « conséquences néfastes ».

Le commentaire de M. Trudeau au micro de Paul Arcand jeudi matin a fait bondir Amnistie Internationale.

« C'est certain que, nous, on veut pouvoir aider. Et des fois, de pousser trop fort, trop vite, ça a des conséquences néfastes pour les gens qu'on veut essayer d'aider », a répondu le premier ministre à l'animateur du 98,5 FM qui le questionnait sur le sort de M. Badawi.

« Trop vite? C'est quoi la vitesse de croisière du gouvernement Trudeau? Est-ce que c'est attendre que les 10 ans d'emprisonnement soient passés? », s'est indignée Anne Sainte-Marie, porte-parole d'Amnistie Internationale.

« Son » trop vite, trop fort « semble un peu indélicat. (â €¦) C'est un peu indécent de la part de M. Trudeau », a jugé Mme Sainte-Marie.

La cause du blogueur emprisonné en Arabie saoudite et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet continue d'occuper l'organisme qui, cette semaine encore, appelait ses sympathisants à contacter l'ambassade saoudienne au Canada.

Estimant que depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral en a fait « très peu » et n'a offert que des « miettes », Mme Sainte-Marie réclame de voir une stratégie ou, au moins, un calendrier.

« Est-ce qu'il prévoit faire des rencontres tous les mois, tous les six mois, tous les 20 ans avec l'Arabie saoudite, avec Raïf Badawi à l'ordre du jour? », s'est impatientée Mme Sainte-Marie, au cours d'une entrevue téléphonique.

Aussi au bout du fil, dans le cadre d'un appel conférence sur son voyage au Myanmar, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a plaidé la discrétion dans ce dossier.

« Je ne peux pas donner des détails qui pourraient nuire à l'objectif - qui est le mien et celui du premier ministre - que M Badawi soit libéré », a insisté le ministre Dion.

La famille de M. Badawi, installée à Sherbrooke, espérait beaucoup des libéraux à leur arrivée au pouvoir. Alors qu'il était dans l'opposition, le député Dion avait réclamé que le premier ministre de l'époque, Stephen Harper, intervienne personnellement auprès du gouvernement saoudien pour libérer l'homme.

Aujourd'hui ministre, M. Dion voit les choses autrement.

« Il ne faut pas faire d'effets de toge pour la galerie dans ce genre de situation. Il faut essayer d'être le plus efficace possible pour avoir un résultat », selon lui.

Vendredi, à Sherbrooke, il y aura un vigile comme il y en a eu tous les vendredis depuis décembre 2014 pour le blogueur emprisonné.

Et Amnistie Internationale pose une nouvelle cible : le 17 juin, date anniversaire de l'arrestation de M. Badawi.

« Nous, on souhaiterait, comme cadeau de la fête des Pères pour ses enfants, que Raïf puisse être libéré », a espéré Mme Sainte-Marie.

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