Dossier TDAH

Quand la médication est nécessaire

Alors qu'Olivier aimerait bien avaler une petite pilule pour augmenter ses... (Archives, La Presse)

Agrandir

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Sherbrooke) Alors qu'Olivier aimerait bien avaler une petite pilule pour augmenter ses résultats scolaires, Jean-Nicolas voudrait cesser d'en prendre.

Car quand il prend sa médication, le matin avant l'école, pour contrer les effets de son trouble déficitaire de l'attention, il dort mal le soir venu et mange peu l'heure des repas sonnée. Le reste du temps, il est donc plutôt amorphe.

« Jean-Nicolas a pris du Concerta ou du Vyvanse durant presque tout son primaire et quand il est entré au secondaire, il m'a demandé d'arrêter. Il se sentait comme un zombie. Il dormait peu, était cerné jusqu'au menton. Il m'a dit qu'il se sentait comme de la merde tout le temps », raconte sa mère Julie, un nom fictif.

Le parcours scolaire de Jean-Nicolas est difficile dès le départ. Sa mère doit le retirer de la prématernelle après quelques semaines. « Dès le début de l'école, mon gars s'est remis à faire pipi au lit et à faire de gros cauchemars. Il ne voulait pas aller à l'école et il pleurait tellement que la prof devait le sortir dans le corridor. C'était horrible! » se souvient la mère du garçon qui a maintenant 12 ans.

En septembre suivant, Jean-Nicolas fait son entrée à la maternelle. Pas le choix! Mais rien ne s'arrange. « La matière ne rentrait tout simplement pas. Il ne savait même pas le nom des enfants dans sa classe, alors c'était très difficile du côté des notes et il était déprimé quand il revenait de l'école. »

« En 3e année, une neuropsychologue l'a rencontré et a fait une analyse. Elle nous a dit qu'il était intelligent, plus que la moyenne même, mais qu'il souffrait d'un trouble de l'attention et que ça allait toujours être plus long pour lui. Ce problème vient malheureusement souvent avec d'autres problèmes comme l'intimidation par ses pairs et un manque d'estime de soi », poursuit Julie.

Pour éviter qu'il échoue son année scolaire, les parents de Jean-Nicolas décident de se tourner vers la médication. Ses notes augmentent un peu, mais sa mère trouve que son agressivité augmente aussi et son fils a d'importants maux de ventre. « On l'accrochait et il explosait. Il grandissait, mais ne prenait aucun poids, lui qui avant était si gourmand », résume Julie, ajoutant que son bébé « soleil » pesait plus de dix livres à la naissance.

« Je n'étais pas certaine que la médication en valait la peine. Le médecin nous en a proposé une nouvelle, Vyvanse. Avec elle, ses notes ont vraiment augmenté et il n'avait plus mal au ventre. Mais on a dû ajuster les doses à quelques reprises », raconte Julie spécifiant que les troubles d'appétit et de sommeil ont, par contre, continué.

Pour aider Jean-Nicolas, une orthopédagogue le voit une fois semaine et une tutrice le suit trois ou quatre fois hebdomadairement. Il voit aussi une psychologue pour gérer ses crises d'humeur et ses moments de larmes fréquents. « Tous les soirs en se couchant, il pleurait en disant qu'il n'avait pas d'amis. Il n'avait plus d'espoir », relate Julie.

Et c'est avec des notes raisonnables, pas d'amis, beaucoup d'efforts et le moral à plat qu'il termine son primaire.

Quand Jean-Nicolas a supplié ses parents de cesser sa médication à la rentrée 2015, ces derniers l'ont écouté.

« On a essayé avec des produits naturels. Mais finalement, on n'a pas eu le choix de reprendre la médication, une nouvelle, Strattera. Il revenait à la maison avec des notes de 22 %, 24 %, 32 %. »

« Déjà après quelques semaines de cette médication, on voit la différence. Il a eu un 94 % en français et en mathématiques la semaine dernière. Mais on ne sait pas si c'est la médication qui fait toute la différence. Ou si c'est le fait que je travaille beaucoup moins pour être plus présente avec lui. Ou si c'est son suivi chez la psychologue. Ou s'il s'est adapté au secondaire et qu'il organise mieux son travail. »

Avoir un fils atteint d'un TDA amène son lot de doutes. « Il y a peu de certitude. Beaucoup de zones grises à gérer. Des fois, je me dis que les TDA n'existaient pas il y a 30 ans et que ça ne peut pas avoir poussé comme ça, que c'est une maladie inventée. En même temps, je me dis que je devais avoir un TDA, moi aussi, jeune, mais que j'ai développé des mécanismes pour fonctionner », raconte Julie.

« Des fois, mon chum et moi, on se demande pourquoi on a mis un enfant au monde si c'est pour le regarder souffrir. Dans le fond, on veut juste qu'il soit bien », conclut la mère qui regrette que son « bébé soleil » se soit couché si souvent en pleurant.

« Mais la nouvelle médication fonctionne bien jusqu'ici », ajoute-t-elle en se croisant les doigts pour l'avenir.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer